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C’était il y a dix ans: Abdelfettah Mourou, le dernier des Moriscos


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Directeur: Ahmed Manaï

Article
20 décembre 2005

HOMMAGE A CHEIKH ABDEL FETTAH
Le dernier des Moriscos !

Qui se souvient avoir lu ou entendu parler d’une visite de Cheikh Abdel Fettah Mourou aux grévistes de la faim ? Les « correspondants de guerre » accrochés à leur portables tout au long des semaines qu’avait duré cette grève et même longtemps après, qui ont déversé en temps réel des flots d’informations sur les faits et gestes des grévistes, l’état de santé de chacun d’eux, les noms de leurs illustres et moins illustres visiteurs, n’en avaient soufflé mot. Le comité national de suivi et les comités régionaux de soutien aux grévistes et à la société civile qui ont tenu les internautes en haleine, durant plus d’un mois, sur les développements de cette action, n’en avaient pas parlé non plus.
Pour accéder au local des grévistes et en sortir, Abdel Fettah Mourou a dû traverser la rue et entrer par la porte, rencontrer des gens et serrer au moins les mains des grévistes. Il n’est pas fantomas, ne portait pas de masque et ne peut en aucun cas passer inaperçu. Au contraire il en impose par sa prestance et même par sa magnificence. La preuve en est que les policiers l’ont vu dans les parages, en chair et en os, s’en sont souvenus quelques semaines plus tard et l’ont interpellé dès la fin du SMSI.
Sans cette interpellation et surtout la note envoyée par le Docteur Sahbi El Amri, dix jours après les faits, personne n’aurait su que Cheikh Mourou avait rendu une visite de courtoisie à ses confrères grévistes. Personne, non ! Il y a les grévistes eux-mêmes, chefs de partis et responsables d’associations, tous les témoins présents sur les lieux et tous ceux qui gravitaient et s’agitaient autour. Cela fait beaucoup de monde et même du « beau monde », puisque relié en permanence aux organisations et médias internationaux. Mais personne n’en a rendu compte et cela ne peut relever du simple oubli. Ce n’est sûrement pas une conspiration du silence mais ce n’est pas non plus très innocent. Sûr que sa visite a été considérée par certains comme une intrusion dans une fête de famille et pourquoi pas un retour en politique. Déjà, il y a quelques mois, quand Mourou avait signé une pétition appelant le chef de l’Etat « à libérer les prisonniers politiques pour des raisons humanitaires », certains des derniers Staliniens de la planète, mais fort heureusement sans les divisions blindées et les orgues de Staline, ont vu dans sa démarche, les prémices d’un retour politique et ont dénoncé ce flagrant délit « d’ingérence dans leurs affaires ». Parce que la politique c’est leur affaire et l’opposition c’est leur domaine privé !

Le sens d’une visite :

Certains de ceux qui croient connaître l’honorable Cheikh n’ont pas manqué de s’étonner d’une visite de sympathie à des gens où il ne compte pas que des amis. Tout le monde se souvient de la cabale de la cassette. Mais c’est mal connaître Mourou. Incapable de cette haine qui ronge les hommes au point de les ramener à leur état premier d’hominidés, il trouve toujours des circonstances atténuantes à ses pires ennemis et cultive au plus haut degré l’indulgence et même la magnanimité. C’est ainsi et non pas autrement qu’il faut comprendre le sens de sa visite.

Et celui d’une interpellation :

L’interpellation en elle-même ne surprend guère et tous ceux qui l’ont connue à un certain moment de leur vie, peuvent facilement imaginer « avec quelle courtoisie » avait été mené l’interrogatoire de Mourou.
Ce qui surprend par contre c’est le silence qui a accompagné et suivi cette interpellation. Aucune information, aucun communiqué de soutien à la victime ou de protestation contre l’arbitraire policier, des nombreuses associations et partis politiques de la place, pourtant très actifs quand les victimes sont « politiquement corrects », c’est-à-dire des leurs. Un silence qui rappelle un peu le début des années 1990, quand la LTDH, seule organisation des D.H. à l’époque, ne parvenait pas à publier ses communiqués, malgré toute la bonne volonté de son président C’était aussi l’époque où le président de la FIDH, dont deux des vices étaient tunisiens, publiait à Tunis en date du 21 septembre 1992 un communiqué gratifiant le régime tunisien de « progrès importants accomplis par la Tunisie depuis 1988 dans le domaine des libertés et des droits de l’homme ». C’était aussi l’époque où les morts sous la torture se comptaient par dizaines et les prisonniers politiques par milliers.

Le dernier des Moriscos :

Mais pour Abdel Fettah Mourou, dont la mémoire puise dans les profondeurs de l’histoire, cela rappelle bien plus que les débuts de la répression en Tunisie. Mourou, en arabe c’est tout simplement une déformation de Moriscos en Espagnol et les Moriscos sont « ces musulmans contraints à renier leur foi et à se convertir au Christianisme », à la suite de la prise de Grenade en 1492 et ce malgré les accords, les conventions et les promesses du vainqueur. Mais ils furent toujours suspectés de pratiquer leur foi dans le secret. C’est ainsi que le 22 septembre 1609, le roi Philippe III signe un décret établissant que l’élimination des morisques est une « nécessité urgente » et consacrant la naissance du premier Etat raciste de l’histoire. Aucun membre de la  » nation morisque  » ne pourra résider sur les territoires soumis à l’autorité espagnole, sous peine de mort et c’est ainsi que -500 000 personnes – hommes, femmes et enfants, seront déportées avec, au moins, 75 % de pertes et leurs biens confisqués.
Notre Abdel Fettah Mourou est un lointain descendant de ce peuple qui a porté très haut les valeurs de la civilisation musulmane en Andalousie et qui a tant enrichi la Tunisie depuis quatre siècles. Ses aïeux ont survécu à l’inquisition des rois très Catholiques Espagnols, il peut très bien survivre à l’oppression « d’un voyou de sous-préfecture ». Alors courage mon ami, tu ne seras pas le dernier des Moriscos !
Ahmed Manaï

La lettre du Docteur Sahbi Amri

Victime de Pratiques Policières Courantes
Insultes- Menaces- Humiliations pour avoir été Solidaire avec ses Confrères Grévistes de la Faim à la Rue Mokhtar Attia à Tunis.

Depuis une semaine, c’est-à-dire juste après la clôture du SMSI 2005 à Tunis, Maitre Abdelfettah Mourou a été interpellé au secteur de police de Carthage.
Une hospitalité policière particulière lui a été réservée. Ses interlocuteurs lui reprochaient, à leurs façons, vulgaires et humiliantes, d’avoir franchi le pas du bureau de son confrère Maitre Ayachi Hammami au cours de la grève de faim des huit personnalités médiatiques de la société civile Tunisienne
Sa seule et unique visite de courtoisie, de solidarité et de soutien aux grévistes de la faim n’est pas sortie du cadre dont l’ensemble des visiteurs locaux et étrangers ont exprimé au 23 Rue Mokhtar Attia à Tunis
L’exception policière a été faite à l’avocat Maitre Abdelfettah Mourou : C’est un personnage dangereux qui véhicule un diabète et une hypertension artérielle mal équilibrés.
Co- fondateur du Mouvement de la Tendance Islamique en Tunisie reconvertie en Nahdha , il a eu sa part de torture, de misère , de prison et d’exil avant de regagner son bureau sous les projecteurs policiers à la Rue de l’ancienne poste à Tunis .
En repli et démissionnaire de tout activisme politique sous contrainte de la barbarie sauvage de la dictature policière, Maitre Abdelfettah Mourou s’est retiré en douceur des bruits et des lumières inutiles après un montage policier d’images scandaleuses dont le choc a failli lui coûter la vie en 1992.
S’agit-il d’une provocation policière incontrôlée et isolée ? Ou d’un acte de banditisme policier d’intimidation ciblée ? La réponse est certainement chez la voyoucratie du foyer de la gangrène nationale.

SANS COMMENTAIRE !
Pour en savoir plus, contacter directement :
Maitre Abdelfettah Mourou .
Tel Bureau : 00.216.71.254753 .////. 00.216.71.336.226
Fax : 00.216.71.331.393
Mobile : 00.216.98.312.149
Dr.SAHBI AMRI
Médecin Privé de sa Médecine.
Cité El-Wouroud. Sidi Bouzid 9100
Tel.00.216.98.22.27.51

2 commentaires sur “C’était il y a dix ans: Abdelfettah Mourou, le dernier des Moriscos

  1. il leur a peut être pardonné parce qu’il est grand, mais nous n’oublions pas parce que nous ne sommes pas dupes.

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