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La diplomatie française en Tunisie aux mains des bisounours!


nicolas beau

 

La diplomatie française en Tunisie aux mains des bisounours!
decryptages – Par Nicolas Beau – Publié le 26 Aoû, 2014
D’après des sources internes au Quai d’Orsay à Paris, 3000 tunisiens seraient aujourd’hui engagés dans les groupes extrémistes en Irak et en Syrie. Et qui plus est, beaucoup d’entre eux occuperaient des postes

La diplomatie française en Tunisie aux mains des bisounours!
decryptages – Par Nicolas Beau – Publié le 26 Aoû, 2014
D’après des sources internes au Quai d’Orsay à Paris, 3000 tunisiens seraient aujourd’hui engagés dans les groupes extrémistes en Irak et en Syrie. Et qui plus est, beaucoup d’entre eux occuperaient des postes

hiérarchiques élevés dans la mouvance jihadiste. Pourtant, les diplomates français continuent à se dire sereins face aux échéances électorales tunisiennes, qui devraient voir les islamistes d’Ennhada, toujours selon eux, réunir de 20% à 25% des suffrages et rester la première force politique du pays. Comme si ces derniers n’avaient pas apporté une protection constante au courant salafiste, fut-il violent, pendant les deux années où ils ont dirigé le pays du pays entre 2012 et 2014.
Les estimations du Quai d’Orsay sur la présence de 3000 tunisiens au sein de la mouvance jihadiste en Syrie et en Irak ne constituent pas une révélation. A en croire les déclarations en juin 2014 du ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, près de 2 400 Tunisiens combattent en Syrie dans les rangs des jihadistes. La plupart de ces combattants islamistes tunisiens sont membres de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EILL).
Et encore, avait précisé Ben Jeddou, 8000 jeunes avaient été tentés par l’aventure, mais empêchés de quitter rle territoire en raison de l’action des forces de sécurité tunisiennes. Cette estimation est sujette pourtant à caution dans la mesure où l’actuel ministre de l’intérieur, Ben Jeddou, a été adoubé par les islamistes d’Ennahda et cherche à défendre la politique de ses mentors quand ces deniers étaient au pouvoir. Rien d’étonnant à ce que les combattants présents en Irak et venus de Tunisie soient plus proches de 3000, et même d’avantage, comme l’avance le Quai d’Orsay.
Reflux vers la Libye.
Plus grave, beaucoup des jihadistes tunisiens ont essaimé en Libye et sont en train d’infiltrer les frontières de la Tunisie avec la Libye et l’Algérie. Cette situation inquiète beaucoup les patrons de l’armée et de l’appareil policier en Tunisie. Ainsi Abou Iyadh, le chef historique des salafistes tunisiens violents, recherché par Tunis et longtemps protégé par Ennahda, est aujourd’hui, d’après tous les experts, réfugié en Libye et bien décidé à déstabiliser le processus démocratique en cours dans son pays. Du coté de la frontière algéro-tunisienne, la situation n’est pas plus brillante. Là des embryons de maquis proches d’Al-Qaida se sont créés près des monts Chaambi, qui portent des coups sérieux à l’armée tunisienne.
Ce à quoi les diplomates français, décidément bien optimistes, rétorquent que le rapprochement récent entre les deux gouvernements tunisien et algérien est une garantie de stabilité dans la région. « Le rapprochement sécuritaire qui est aujourd’hui à l’oeuvre entre les deux capitales permet de rester sereins », expliquait récemment en privé un haut cadre des Affaires Etrangères française. Les déplacements récents à Alger du Premier ministre Mehdi Jomaa et du chef du mouvement islamiste Rachid Ghannouchi témoigneraient de la coopération qui s’est désomais instaurée entre les deux pays . Disons, que d’après une source proche de l’appareil sécuritaire tunisien, beaucoup à Tunis doutent de la réalité de cette coopération sécuritaire. En effet, la guerre de succession qui se poursuit en Algérie, les luttes féroces au sein même de l’institution militaire, la peur de l’embrasement en Libye et du désordre au Mali ont freiné la force de frappe des services et de l’armée algérienne. Ce qui xplique le décalage entre les intentions affichées d’une aide accrue d’Alger et les réalités du terrain.
Pour le reste, on estime au Quai d’Orsay que le mouvement Ennahda devrait obtenir entre 20% et 25% des voix et rester la première force politique du pays. Ce que aujourd’hui tout le monde pense à Tunis, en raison notamment de la prolifération des partis non islamistes et de leur divisions. Mais la diplomatie française veut croire que des passerelles resteront nombreuses entre les Frères Musulmans et leurs adversaires de la coalition anti islamsite Nida Tounes, dirigée par l’ancien Premier Ministre bourguibiste Beji Caïd Essebsi. La recherche d’un consensus et le refus d’affrontements trop vifs ont caractérié la vie politique tunisienne et empèché de nombreux dérapages durant les trois dernières années de la transition tunisienne. Mais la situation économique et sécuritaire qui s’aggrave considérablement pourrait modifier ce fragile équilibre, à l’approche des élections législatives et présidentielle de cet automne.
TAGS : ghannouchi nida tounes beji béji caïd essebi

Publié par Nicolas Beau
Ancien du “Monde”, de “Libération” et du “Canard Enchainé”, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l’Institut Maghreb (paris 8) et l’auteur de plusieurs livres= « Papa Hollande au Mali », « Le vilain petit Qatar », “la régente de Carthage” (La découverte, Catherine Graciet) et “Notre ami Ben Ali” (La Découverte avec Jean Pierre Tuquoi)
http://www.mondafrique.com/lire/decryptages/2014/08/26/la-diplomatie-francaise-en-tunisie-aux-mains-des-bisounours/

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