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Moncef GOUJA: Nidaa : Le naufrage de l’Arche de Noé


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Nidaa : Le naufrage de l’Arche de Noé
Moncef GOUJA — octobre 16, 2015

Djerba, l’île mythique qui a accueilli les naufragés d’Ulysse accueillera dans quelques jours cet Arche de Noé, qui est Nidaa Tounes, qui sombre dans les eaux profondes et tumultueuses de l’anarchie et de la division, en dépit des tentatives

Nidaa : Le naufrage de l’Arche de Noé
Moncef GOUJA — octobre 16, 2015

Djerba, l’île mythique qui a accueilli les naufragés d’Ulysse accueillera dans quelques jours cet Arche de Noé, qui est Nidaa Tounes, qui sombre dans les eaux profondes et tumultueuses de l’anarchie et de la division, en dépit des tentatives répétées de son capitaine et fondateur B.C.E. de le sauver. Et qu’on arrête de prendre les tunisiens pour des imbéciles, car le seul et unique grand timonier de cet Arche est bel et bien B.C.E. Qu’il ait formellement présenté sa démission de Nidaa, c’est bien vrai, mais cela nous rappelle une autre démission aussi fictive, celle de François Mitterrand, du PS français, lorsqu’il avait accédé à la magistrature suprême et qui avait mis à sa place un homme à lui à l’époque Lionel Jospin, ce qui lui avait permis de continuer à piloter à distance son parti, et de se représenter pour un deuxième mandat de 7 ans en écartant Michel Rocard le candidat « non naturel », comme il était nommé à l’époque, mais cela est une autre affaire. La preuve que BCE continue à être le vrai patron de Nidaa, est que le propre directeur du cabinet de B.C.E à la Présidence est devenu actuellement le vrai patron direct de Nidaa, chargé de mettre hors d’état de nuire les récalcitrants, en premier lieu le Secrétaire Général de Nidaa, Mohsen Marzouk et son « bureau politique ». Or Ridha Belhaj n’est qu’un fonctionnaire qui a toujours loué ses talents aux plus forts et c’est son droit. Le hic c’est que ce même fonctionnaire a participé à envoyer en prison des hauts fonctionnaires beaucoup plus compétents que lui, sous l’accusation d’avoir obéi aux ordres, sous prétexte de « Révolution ». En fait le parti Nidaa ne peut plus continuer à tolérer les « écarts » de certains de ses dirigeants qui ne semblent pas avoir compris que jamais Nidaa , créature de BCE ne pourra être dirigé que par un des Essebsis ou un de leurs fondés du pouvoir. Ce n’est pas propre à la Tunisie, des grandes démocraties, notamment l’Inde et le Pakistan sans parler des USA, la démocratie est devenue synonyme du pouvoir des féodalités ou des clans, qui grâce à l’argent et au pouvoir politique sont systématiquement élus et réélus démocratiquement à la tête des Etats. Personnellement je n’ai rien contre, si les progénitures sont au moins aussi compétentes et aussi charismatiques que les Papas. C’est donc au fils de BCE, actuel Vice Président de Nidaa et futur Présidentiable de le prouver, non pas en se prêtant au jeu médiocre de la guerre des « chefs » mais en affrontant l’opinion publique avec des arguments et des thèses qui forceront le respect. Oui le fils B.C.E a le droit de faire de la politique, mais qu’il apparaisse en public et qu’il se prête comme les autres aux jeu de massacres à la tronçonneuse que subissent actuellement ses adversaires, dans les médias, l’arène politique tunisienne ressemblant plus que jamais à celle des gladiateurs dans le cirque romain. A la place des fauves, des journalistes qui sont prêts à tout pour assurer leur survie « pécuniaire », et B.C.E et son nouveau alter égo Rached Ghannouchi sont les Césars qui peuvent d’un coup de pouce ordonner la mort du vaincu. Parmi ces vaincus, Lazhar Akremi et Mohsen Marzouk, dont les gesticulations ne font qu’accélérer leur mort politique.
Pourquoi l’Arche de Noé ?
B.C.E est apparu après le catastrophique règne de la Troïka, comme le sauveur, le Messie (chrétien et non musulman), voire même comme le prophète Noé que Yahvé (Dieu) avait choisi pour sauver les bons du courroux des méchants. Pour ce, B.C.E a construit l’Arche Nidaa où il a rassemblé dans un esprit total de parité (hommes-femmes) toutes les espèces politiques, à l’époque menacées de disparition (destouriens, rcédistes, gauchistes en rupture de ban, syndicalistes, laïcs, anticléricaux, antireligieux, minorités ethniques, sexuelles, raciales, etc…) par le « toufan », Tsunami islamiste qui a ravagé le pays et l’Etat. Ils ont tous alors prêté allégeance au sauveur et grand timonier qui les a guidés à travers une mer houleuse vers des rivages plus calmes et plus tranquilles. Plus que ça, tout ces beaux mondes sont devenus du jour au lendemain les maîtres du pays, de quoi faire tourner la tête à plus d’un. Et certains ont cru qu’il est temps que le vieux patriarche laisse sa place aux jeunes loups ou du moins qu’il n’interfère pas dans leur irrésistible ascension, même au détriment des ses héritiers légaux. C’est qu’ils n’ont jamais lu l’Histoire ou qu’ils l’avaient mal interprétée. Tant que le patriarche est de ce monde, il ne laissera jamais, ses ex-protégés lui ravir ce qu’il considère comme son droit religieux ou séculier ! C’est toute l’Histoire politique des monarchies et pouvoirs dans le monde arabo-musulman et particulièrement l’Histoire récente des Assad, Ben Ali, Khaddhafi, Saddam, Moubarak sans parler des monarchies comme l’Arabie Saoudite où une guerre fratricide fait rage entre héritiers. D’autant plus que le suffrage universel n’exclut pas l’hérédité démocratique. Les opposants à Essebsi Junior, arguant qu’ils sont contre le droit à « l’héritage » (tawrith) avaient opté pour une mauvaise stratégie, puisque non seulement ils se sont mis le clan des Essebsi sur leurs dos mais tous les cadres politiques de Nidaa ou en dehors de qui ont compris à tort ou à raison que derrière Essebsi Junior, il y a Essebsi Sénior et tous les courtisans. C’est l’Histoire qui se répète et non pas comme l’a dit Ibn Khaldoun sous une forme comique, mais plutôt dramatique, du moins pour Nidaa.
Nidaa, d’un parti au pouvoir à un parti du pouvoir
Comme son ancêtre le R.C.D, Nidaa, qui n’a jamais été un parti politique au sens moderne, est sur le coup de faire sa transmutation d’un parti au pouvoir à un parti du pouvoir, un parti Godillot, qui n’existera et qui n’agira que par la volonté du prince (au sens métaphorique). Des purges auront lieu certainement pour exfiltrer ceux qui s’entêtent à vouloir changer le cours des choses. Elles ne seront pas massives mais individuelles pour ne pas créer des scissions inutiles. D’ailleurs il est impossible de scissionner d’un parti politique qui n’existe pas encore puisqu’il n’a pas fait de congrès constitutif comme le stipule la loi. Ils « se mettront eux-mêmes en dehors du parti » diront leurs détracteurs, comme toujours et mêmes ceux qui les poussent en sous main se retourneront contre eux ! Ainsi va la politique surtout dans les sociétés structurellement encore anti-démocratiques ! A moins que les récalcitrants ne rentrent encore une fois dans les rangs pour sauver leurs avenirs politiques ou ce qui en restent au prix certainement d’une mea culpa humiliante. Le Donquichottisme n’est payant que dans l’art ou la culture. En politique il mène directement à l’échafaud politique et dans certains pays à l’échafaud tout court.
http://www.points.tn/2015/10/nidaa-le-naufrage-de-larche-de-noe/

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