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Selmen Horchani: Au 40ème jour de la disparition de son père Si Ameur Horchani


Un an déjà……

Toujours dans le cœur. Tu nous a bien éduqué pour affronter avec force les périples de la vie. Certes aujourd’hui que nous sommes tristes, mais nous sommes forts. Merci mon papa.

Le petit mot que j’avais rédigé au nom de la petite famille Horchani au 40ième de la disparition de mon père l’an dernier. Ce petit mot a été prononcé à La Tribune de l’INAT par Sidna Ali Horchani:

 » Chers présents, amis, famille,

Mes premiers mots, je les consacre à vous l’auditoire pour vous remercier du fond du cœur pour tout ce que vous avez fait pour nous.

C’est avec le cœur triste que j’écris ces mots mais aussi avec un cœur plein de souvenirs, des souvenirs allant de ces symphonies, la 5ième et la 9ième de Beethoven, aux contes et légendes de Babylone et de Perse à l’histoire romaine en passant par les résumés d’Ibnou Arabi, Diogène, Cicéron et Sénèque. Bref, une panoplie d’épisodes d’histoires humaines allant d’est en ouest et du nord au sud.

Les mots sont impuissants pour exprimer l’émotion qui m’étreint et qui nous étreint à la seule pensée que mon papa ne sera plus parmi nous et puisse le déferlement d’affection et d’amour subvenir à nous réconforter, la famille restreinte Maman Souad, Imen et Haroun, ainsi que la grande famille, les amis proches et les connaissances. Tout son entourage qu’il aimait tant.

C’est avec ton cœur ardent et grand que tu m’as insufflé ce que c’était la vie réellement, celle d’agir et apprendre à aider autrui. Je ne peux te rendre hommage sans d’abord je crois être à l’écoute de ton enracinement affectif presque charnel envers le Jerid et la Patrie, la Tunisie. Tes études, tes savoirs, tes engagements, tes propos, tes exigences vis-à-vis de toi-même et vis-à-vis des autres, sont comme des substances généreuses qui gonflent sans tarir ta vie qui a épousé les plus grandes valeurs universelles pour servir autrui. De tes succès nous avons appris. Tu nous as appris qu’il faut prendre sa place à travers l’action et que l’humanité ne doit pas se faire en oubliant les plus vulnérables, comme tu le faisais au sein de la famille élargie et envers la femme rurale. Tu nous as appris que l’ambition et la gloire personnelle ne devaient jamais être une source de motivation. Tu nous as appris à être de puissants exemples d’éthique, oui mais tu nous as surtout appris à ne pas passer à perdre sa vie dans les faux problèmes et de rester attaché au plus important et que nous devrions voir grand pour soi et pour les autres.

Mon papa tu ignores le nombre de vies que tu as pu toucher au cours de ton existence (je m’en suis rendu compte à travers les hommages reçus d’ici et d’ailleurs) tu es loin, très loin d’imaginer l’impact que tu as eu sur nous.

Je ne peux pas passer sans décrire nos escapades en famille les fins de semaines pour aller visiter ces barrages pas très loin de la capitale.

Mon souvenir m’emmène en ce moment à ce petit barrage en construction, à l’époque, sur la frontière, pas très loin de la ville frontalière de Hezoua que j’avais visité avec toi et mon petit frère Haroun et ces moments où mon petit frère et toi décidèrent d’escalader ce petit barrage et d’aller de l’autre bord, moi qui est resté d’un des deux bords j’ai eu un petit moment de panique puisque vous avez mis du temps pour revenir du côté de mon bord. Tout ça pour partager avec vous que mon père n’aimait pas seulement construire les barrages mais il aimait les escalader aussi.

Je ne peux passer sans décrire tes taquineries envers ma chère maman et ma sœur, ces purs moments de plaisir où on rigolait du fond du cœur.

Jeune adolescent j’avais très vite compris que passer du temps avec mes pairs était presque une perte de temps quand j’ai commencé à comprendre ta profondeur d’esprit, une profondeur qui était hors du commun, une intelligence d’analyse, j’ai compris que le temps que je passais avec toi était vraiment précieux et que j’avais un trésor à la maison, un trésor qui m’apprenais chaque jour quelque chose de nouveau.

Tu avais de si belles analyses de ce qui t’entourait, des analyses faites avec éloquence et discernement. Rien que quelques jours avant ton départ, sur le lit de l’hôpital, commentant ce qui venait d’arriver ce 25 juillet dernier en Tunisie tu m’avais dit ‘’ Sais-tu ce que Cicéron avait dit ? il avait dit – La nécessité ne connaît point de loi, la nécessité fait la loi’’. C’était le 30 Juillet dernier, 5 jours avant ton départ.

Dans l’histoire, les destinées les plus admirables étaient celles d’hommes et de femmes qui entretenaient les passions qui les animaient. Ils se sont accomplis car ils se sont beaucoup aimés c’est parce qu’ils n’ont pas hésité à mettre leurs destinés au service de celles qu’ils aimaient. Que leurs vies sont devenues des destinées réussies. Comme toi Papa, tu as consacré ta vie à la construction de la Tunisie moderne et des fois dans une atmosphère impitoyable de la politique active. Et tu en as fait une différence car tu étais ce patriote visionnaire qui ravivait dans nos vies les notions de bonnes valeurs, de droiture, tu nous laisses un héritage indestructible celui de suivre les bonnes et grandes valeurs universelles.

Donc, à côté de ce papa aimant il y a aussi ce Ameur Horchani le grand patriote, celui qui a consacré sa vie, ses énergies, ses talents à promouvoir la Tunisie à travers les mandats qu’il a eu, sur toutes les tribunes de façon si volontaire et convaincante. Tu étais au service de tes compatriotes pour qu’ils se réveillent et pour qu’ils s’accomplissent. Il n’y a pas de gestes plus nobles que ce qu’on fait pour sa patrie. Tu appliquais ceci tous les jours de ta vie, tu n’as jamais abandonné, tu n’as jamais douté, tu n’as jamais dévié, fidèle et loyal.

Quelques jours avant ton départ, tu nous as encore donné des leçons, celle de rester résilient. Tu étais si serein que nous les membres de la famille nous étions étonnés de cette force qui t’as toujours animée. Dans tes derniers moments, tu as essayé de dédramatiser la mort en nous sifflant ‘’ N’ayez pas peur de la mort, la mort c’est rien du tout’’.

Merci pour tout, on ne t’oubliera jamais, ta voix résonne en chacun de nous, ta femme, tes enfants. Hier à mon retour à Montréal tu m’as beaucoup manqué cher Papa. Aujourd’hui le plus grand de tes droits est de savoir que nous t’aimons. La Tunisie t’aime, merci et à bientôt mon cher papa.

Maintenant, il est de notre devoir de prendre le flambeau. On va garder cette flamme éternelle qui brûlait en toi. Vos héritiers vont continuer ce voyage. Tu es notre modèle, notre trajectoire. Repose en paix cher papa. Allah Yarhamek.  »

Et aujourd’hui le 5 Août 2022 j’ajoute ceci:

‎ »التراب يدفن كل شئ….. الا تاريخ الرجال »

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