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Javier Barreda LA TUNISIE DE BEN ALI


Couverture

LA TUNISIE DE BEN ALI par Javier Barreda

Nacion arabe- N°40, ano XIII-Invierno 2000. pp : 150-151.

À côté de la porte du poste de police où il a été torturé pendant deux semaines, Ahmed Manai se tourne vers le patron de ses tortionnaires et le remercie pour « tout ce qu’il a fait pour lui », en louant  » son grand professionnalisme. Ému, celui-ci l’embrasse et lui demande pardon. Un à un, ses collaborateurs serrent à leur tour la main de leur victime, et un gaillard l’étreint aussi avec effusion.

Gilles Perrault a bien fait de commencer son avant-propos au livre de Manai

avec ce passage, et d’ajouter quelques considérations sur le peu d’occasions où un récit autobiographique éclaire sur la complexe opération des rapports contradictoires qui s’installent entre tortionnaire et torturé, qui sont peut-être, enfin, celles qui expliquent le succès relatif à court et à moyen terme de la plupart des régimes férocement répressifs. Tant tortionnaire que torturé, répresseur que réprimé, perdent leur dignité momentanément, de façon active ou passive, et ne pas le supposer et le reconnaître les bloquent pour la retrouver et pour combattre – ou continuer à combattre- la situation qui les a menés à une telle perte. Les responsables de la répression le savent.

Ahmed Manai, indépendamment du fait de savoir s’il a été amené à perdre sa dignité et son humanité, nous présente une histoire très digne dans laquelle sa souffrance occupe une place centrale, parce qu’ est centrale la place de la répression dans la Tunisie actuelle, mais jamais cette perception de la réalité tunisienne et arabe ne nous ennuie, ainsi que les questions humaines, politiques, intellectuelles, et même littéraires, beaucoup plus complexes.

Les rapports sur la politique répressive et les violations des droits de l’homme du régime de Ben Ali, arrivé au pouvoir en 1987, se multiplient depuis des années. Nombreux sont ceux qui les minimisent en le cachant derrière le paradis fiscal et de main-d’œuvre que représente la Tunisie pour les entreprises européennes, particulièrement la françaises et italiennes, et en faisant des comparaisons avec les pays voisins.

Mais je ne crois pas qu’ils seraient surpris de découvrir, – ce qui m’est arrivé il y a 5 ou 6 ans, dans un de ces rapports empiriques et statistique particulièrement chers aux Anglo- Saxons -, que la Tunisie était parmi les pays arabes celui qui traite le plus durement – et c’est très dur !-ses islamistes.

Cependant, le livre de Manai informe sur beaucoup plus que la torture comme pratique mécanique (bien qu’il offre un petit inventaire, sous forme d’annexe, de variétés qu’il eut la chance de ne pas connaître). En premier lieu, il raconte en effet les pratiques répressives d’un régime né de l’intérieur de celui de Habib Bourguiba, en prétendant qu’il mettrait fin à l’autoritarisme de ce dernier, pour après le surpasser amplement au moyen d’un mélange pittoresque de sophistication et de puérilité – il n’y a rien de plus grossier que le contrôle de la presse tunisienne. Une structure agile dans laquelle les sauts en arrière et en avant dans le temps, entremêle les changements personnels de l’expert international en économie rurale qui décide de s’établir dans son pays pour y participer à la supposément nouvelle époque politique comme candidat à la députation en 1989, et ses réflexions au sujet du passé et du présent de sa société, avec la rapide dérive tentaculaire du nouveau régime. Après l’échec naturel de sa tentative, parce qu’il n’était pas aligné sur Monsieur 100%, il met longtemps avant de payer son audace. Seulement deux ans plus tard, sous l’accusation d’avoir maintenu des contacts – parfaitement sans importance – à l’étranger, il connaît le  » supplice tunisien « , une modalité brevetée de torture. Par la suite, il abandonnera le pays et il verra comme ses enfants adolescents souffrent aussi des procès judiciaires, dans un cas accompagné aussi de tortures.

En deuxième lieu, il montre comment les inquiétudes sociales et politiques de beaucoup de gens, beaucoup d’entre eux des classes moyennes, des professionnels du savoir et non de la politique, ont essayé tant de fois de s’articuler, pas seulement en Tunisie, mais dans tous les pays arabes, aux ouvertures présumées, et ont buté sur la peur du passé, le présent et le futur répressif qui désagrègent la société et la confiance entre toutes ses parties. En particulier, il enseigne à ceux qui ne le savent pas que les  » islamistes modérés  » (l’épithète est notre) sont peut être aussi raisonnables, compétents et pragmatiques que n’importe qui.

Finalement, il donne une leçon de dignité sans que les confessions qu’on lui a arrachées avec la peau l’empêchent de continuer à parler, quand il en a eu l’occasion, avec honnêteté, avec lucidité et avec un courage sans amertume.

Ahmed Manai, Supplice Tunisien. Le jardin secret du général Ben Ali, Paris, 1995,

Éditions La Découverte, coll. Témoins, 252 pages, ISBN: 2-7071-2441-9.

Texte original: www.

Traduit de l’espagnol par Manuel Talens et revisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala (www.tlaxcala.es), le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique.

Cette traduction est en copyleft.

EL TUNEZ DE BEN ALI

Javier Barreda

Junto a la puerta del puesto de policia donde ha sido torturado a lo largo de dos semanas, Ahmed Manai se vuelve hacia el jefe de sus torturadores y le agradece « todo lo que ha hecho por él », encomiando acto seguido « su gran profesionalidad ». Conmvido, éste lo aprieta entre sus brazos y le pide perdôn. Uno a uno, sus colaboradores estrechan la mano de su victima. y un gigantôn lo abraza también efusîamente.

Acierta Gilles Perrault al comenzar su prefatio a la obra de Manai con este pasaje, y con algunas considéraciones sobre las pocas ocasiones en que una narracion autobiogrâfica ilumina un poco el complejo funcionamiento de las contradictorias relaciones que establecen torturadores y torturados. quetal vez sean, a la postre, las que explican el relative éxito a corto y medio plazo de los regimenes màs ferozmente represivos.

Tanto torturadores como torturados, represores y reprimidos. Pierden su dignidad  momentàneamente, ya si activa o pasivamente, y el no asumirlo y reconocerlo les bloquea para recuperarlay combatir -o seguir combatiendo- la situaciôn que les ha llevado a tal

PÉRDI

  1. Los responsables finales del represiôn lo saben

.Ahmed Manai, independientemente de que viera mermada su dignidad y su humanidad ûnicamente en sus carnes, nos présenta un relato enormemente digno en el que su sufrimiento ocupa un lugar central, porque asi lo hace la represiôn en elactual Tûnez, pero no estorba en ningûn momento una percepcion de la realidad tunecina y arabe, yunas inquiétudes humanas, politicas, intelectuales, e incluso literarias, mucho mas amplias.

Los informes sobre la politica represiva y las violaciones de los derechos humanos del régimen de Ben Ali, llegado al poder en 1987, llueven desde hace anos. Numerosos son quienes les quitan hierro, ocultando el paraiso laboral y fiscal que représenta Tûnez para las empresas europeas, en particular

Francia e Italia, y manejando argumentos comparatistas respecto al entorno; pero no creo que a ellos les sorprendiera descubrir, como me sucediô a mi hace 5à 6 anos, en uno de esos informes tanempiristas y estadisticos particularmente caros a los anglosajones, que Tûnez era de los paises arabes el que mas duramente -que ya es decir!- trataba a sus islamistas.

Sin embargo, el libro de Manai informa de mucho mas que de la tortura como prâctica mecânica (aunque ofrece un pequeno inventario en forma de anexo de variedades que tuvo la suerte de noconocer). En primer lugar, da cuenta, efectivamente, de las dimensiones y el alcance de las prâcticas represivas de un régimen que se alzo desde el interior del de Habib Bourguiba pretendiendo que iba aacabar con el autoritarismo de éste para luego superarlo con creces mediante una pintoresca mezcla de sofisticaciôn y puerilidad -nada màs tosco que el control de la prensa tunecina. Una àgil estructura, en la que abundan los saltos atrâs y adelante en el tiempo, va entremezclando los avatares personales del experto internacional en economia rural que decide establecerse en su pais para participar en la supuesta nueva era politica como candidato a diputado en 1989, y sus reflexiones acerca del pasado y el presente de su sociedad, con la râpida dériva tentacular del nuevo régimen. Tras el fracaso natural de su

tentativa, pues no formaba parte del partido del senor 100%, tarda en pagar su osadia. Solo dos anos después, bajo la acusaciôn de haber mantenido contactos -perfectamente intrascendentes-con figuras de la oposiciôn en el extranjero, conoce el « suplicio tunecino », una modalidad de tortura patentada.

Como complemento, deberâ abandonar el pais, y verâ como sus hijos adolescentes sufren asimismo procesos judiciales, en un caso acompanado también de torturas.

En segundo lugar, muestra cômo las inquiétudes sociales y politicas de un amplio arco de personas, muchas de ellas de clase média, profesionales, ampliamente formadas y no profesionales de la politica de cambalaches, han intentado en tantas ocasiones arti-cularse, no solo en Tûnez, sino en todos los paises arabes, al calor de presuntas aperturas; topândose con el miedo del pasado, el présente y el futuro represivos que disgregan la sociedad y la confianza entre sus partes. En particular, ensena aquienes no tengan noticia de ello, que los « islamistas moderados » (el calificativo es nuestro) entre losque se cuenta, pueden ser tan razonables, compétentes y pragmâticos como cualquiera.

Finalmente, da una lecciôn de dignidad, no dejando que las confesiones que le arrancaron junto a la piel le impidieran seguir hablando, cuando la ocasiôn se lo permitiô, con honestidad, con luci-dez y con valor ajenos al rencor.

Supplice Tunisien. Le jardin secret du général

Ben AH, Ahmed Manai, Paris, 1995, Éditions La

Découverte, col. Témoins, 252 paginas, ISBN: 2-7071-2441-9.

 

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