3 Commentaires

Rachid Chammakhi: Dans « Supplice Tunisien », mars 1995


rachid_chammakhi

 

« Hépatite ‘ »

« Rachid Chammakhi, vingt-huit ans, sympathisant d’Ennahdha, a été condamné par défaut le 28 février 1991 à trois mois d’emprisonnement pour avoir distribué des tracts. Il est passé à la clandestinité et a engagé, le 15 juillet 1991, une procédure en appel.

 

« Hépatite ‘ »

« Rachid Chammakhi, vingt-huit ans, sympathisant d’Ennahdha, a été condamné par défaut le 28 février 1991 à trois mois d’emprisonnement pour avoir distribué des tracts. Il est passé à la clandestinité et a engagé, le 15 juillet 1991, une procédure en appel.

Le procès, qui devait se dérouler le 19 août 1991, a été renvoyé au 25 octobre. L’épouse de Rachid Chammakhi aurait été arrêtée et maltraitée le 23 octobre ; sa maison et celles de ses sœurs auraient été perquisitionnées. Il a été arrêté le lendemain à six heures et demi du matin au domicile de sa sœur, à Momag.

« Les policiers sont retournés au domicile de cet homme le 25 octobre pour relever des numéros de téléphone et le 26 pour chercher un caméscope. Rachid Chammakhi aurait été vu par de nombreux témoins le lendemain de son arrestation dans une rue de Slimane, entouré de policiers, alors qu’il se trouvait dans un « état lamentable ». Il avait les mains attachées dans le dos par des menottes, une chaîne autour du cou et le dos en sang. Le 28 octobre, son père a été convoqué au poste de police, où on lui a annoncé que son fils était mort d’une hépatite. La famille de cet homme a tenté pendant toute la journée d’obtenir la restitution du corps avant l’enterrement. Le 29 octobre, le corps de Rachid Chammakhi a été ramené au domicile familial dans un véhicule de police escorté de cinq autres voitures. Ce n’est que sur l’insistance de ses proches que le corps a pu être transporté pour quelques minutes dans la maison, sous une stricte surveillance policière. Il portait les traces d’une autopsie et, bien que ses proches n’aient pu l’examiner, ils ont vu une cicatrice sur la partie gauche du torse et des contusions à la tête. Le corps a été ensuite emmené au lieu de l’inhumation où se trouvaient de nombreux policiers.
«Des témoins oculaires ont indiqué par la suite à Amnesty International qu’ils avaient vu Rachid Chammakhi dans la nuit du 27 octobre au poste de police de Nabeul. Selon leurs dires, il était en sous-vêtements et son corps portait des traces visibles de torture et de contusions. Il était menotte et avait dû rester debout pendant plus de trois heures dans le couloir avant d’être emmené dans une pièce pour être interrogé. Les témoins ont entendu le bruit des coups et les cris de la victime pendant plusieurs heures. Rachid Chammakhi s’était ensuite évanoui dans la salle de bains et avait été emmené à l’hôpital.
« Un autre témoin, qui affirme avoir vu cet homme à l’hôpital, a indiqué que son corps était couvert de blessures et de contusions, qu’il parlait avec difficulté et se plaignait d’avoir mal. Il est mort à l’aube du 28 octobre ».

p.233-234

Supplice Tunisien

Le jardin secret du général Ben Ali

Préface de Gilles Perrault

Editions La Découverte Mars 1995

 

3 commentaires sur “Rachid Chammakhi: Dans « Supplice Tunisien », mars 1995

  1. je crois que Gilles PERRAULT a eu des ennuis pour son livre sur le roi du Maroc ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :