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Lilia Bouguira, membre de l’Instance Vérité et Dignité à l’ARP


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Pourquoi moi, Lilia Bouguira, membre de l’Instance Vérité et Dignité, ai sollicité l’Assemblée des représentants du Peuple?

Lilia Bouguira 22/09/2016 10h42

CEST Mardi, et pour la première fois de ma vie, je suis allée de mon propre chef répondre à une invitation à l’Assemblée des Représentants du Peuple que j’ai moi-même sollicitée auprès des présidents des groupes parlementaires.
C’est vrai, je n’ai pas dormi de la nuit et cela a été un moment très fort pour moi.
Je n’ai jamais pensé pénétrer cette enceinte sacrée par la loi et la bénédiction de mon peuple pour avoir un jour recours pour ma propre personne.
Dans ce pays, je ne me suis jamais sentie en grand danger. Parmi les miens, j’ai toujours vécu parfois avec et parfois contre vents et marées.
Je suis restée malgré ma nouvelle fonction de membre de l’Instance vérité et dignité (IVD) une femme simple qui a continué de marcher modestement dans ses souliers.
Je n’ai jamais aimé les grands tapages, ni les feux de la rampe. Et pourtant aujourd’hui, je me sens comme propulsée au-devant d’une scène que je n’ai pas choisie de monter.
Mon recours d’hier n’est pas en mon sens un acte de « dissidence » comme il a été écrit dans un communiqué de l’instance. Bien au contraire.
A mes humbles yeux, c’est un acte de civilité et d’extrême patriotisme qui me rachète à ma nation.
Il me rappelle à ses ordres comme il ne m’a jamais été donné l’occasion de le faire en tant que femme hautement responsable des affaires de la mission d’État que les élus du peuple ont daigné me confier. Je suis plus que sûre que mon acte est de paille et que mon poids est de plume devant le combat de ceux pour qui j’ai été élue.
Ce que je crois fortement et plus que tout, c’est que mon recours n’est pas un acte de dissidence ou de rébellion qui tente d’emporter l’Instance Vérité et Dignité ou de porter préjudice aux victimes de la dictature en mettant en jeu leur processus.
Pendant près de deux ans, mes hauts et mes bas au sein de cette instance n’ont concerné que ma personne et rien que ma personne. Je n’en ai jamais tenu compte ni en ai fait vent.
Je ne peux me permettre de peser mes déboires dans la même balance que ceux-là même que la torture et les années de braise ont failli emporter. Je me sens si petite et tellement futile en comparaison.
Mais lorsque l’appel de la loi et les décisions du tribunal sont tombés, je me devais de m’aligner et de sortir l’étendard du danger pour cette Instance que je vénère mais que l’indiscipline répétée et l’insoumission de certains devant la loi risquaient d’emporter.
En effet, lorsqu’à une première reprise, la loi est bafouée et que la décision du tribunal administratif d’annuler la radiation de notre collègue monsieur Zouhaier Makhlouf est par deux fois envoyé « à la poubelle » pour défaut de procédures, il faut se poser des questions.
Une autre fois, le tribunal appuie mon recours et celui de mon collègue monsieur Mustapha Baazaoui et nous donne raison pour annuler une décision du conseil de l’IVD qui a voté monsieur Khaled Krichi en tant que vice-président d’une instance qui en avait déjà un par une décision du tribunal.
Notre conseil s’entête et envoie encore à la poubelle la décision sacrée du tribunal administratif.
Devant toute cette insubordination et entêtement à faillir devant la loi et ne pas exécuter ses décisions, je me suis dirigée avec mon ami vers l’enceinte sacrée de l’Assemblée des représentants du peuple pour saisir ses élus de ce manquement à la loi et les prier de la faire respecter au sein d’une Instance certes indépendante mais jamais en droit de faillir à la loi.
En aucun cas, je ne veux faillir à la confiance que certains ont mis en moi ni être comme une nihiliste et déflagrer le toit et les gens sous ce toit.
Non et mille fois non parce que pour le médecin que je suis, c’est comme une chirurgie de dernier recours qui déterge les fonds calleux, racle dans le pourri, fait saigner pour mieux irriguer et ramener la vie.
Je ne peux me taire sur l’abus de la loi parce que je m’estime dans un pays en transition où le droit s’apprend dans nos comportements neufs ou innovés, dans une société qui réclame une deuxième République construite sur le droit.
Un pays de droit ne peut se construire si ses institutions sont les premières à bafouer ses lois.
Je ne sais pas si j’aurai gain de cause et si je gagnerai mais mon but principal dans cette requête n’est vraiment pas de gagner.
Non! Si j’ai osé ce geste, c’est pour me prouver et prouver à tout Tunisien qu’il est toujours possible de saisir nos députés et de faire valoir nos droits.
Après, ce n’est plus mon affaire.

http://www.huffpostmaghreb.com/lilia-bouguira-/instance-verite-et-dignite-pourquoi-jai-sollicite-lassemblee-des-representants-du-peuple_b_12126150.html?ncid=engmodushpmg00000003/

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