3 Commentaires

55 ans apres la Bataille de Bizerte; juillet 1961; Une Base de l OTAN en Tunisie


otan55 ans apres la Bataille de Bizerte; juillet 1961;
Une Base de l OTAN en Tunisie
Lors du dernier sommet de l’Otan le samedi 9 juillet, en conférence de presse, le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg a révélé des plans visant à créer un nouveau centre de renseignement en Tunisie. *
Déjà en juillet 2015, les Etats-Unis avaient accordé à la Tunisie le statut d’« allié majeur non-membre de l’Otan ». Le but, étant de renforcer la coopération militaire et sécuritaire entre Washington et la Tunisie.


Plus clairement un centre de renseignements; créé soit disant pour soutenir les forces spéciales tunisiennes, « dans le cadre de la coopération renforcée » avec la Tunisie, écrit l’Otan sur son site.
Le projet qui émane de la volonté commune affichée par les dirigeants de l’Otan, de « clairement projeter la stabilité hors des frontières de l’Alliance », a suscité la controverse politique et médiatique en Tunisie.
De son côté le ministère de la Défense tunisien refuse de commenter. Il a diffusé un communiqué lundi sur son site expliquant que l’Otan participe à « l’entrainement des cadres de sécurité tunisiens » sur les techniques des armées modernes.
Par ailleurs, une nouvelle opération de sûreté maritime en Méditerranée va être lancée, a-t-il indiqué. Intitulée « Sea Guardian », elle  » vise à assurer la connaissance de la situation, à lutter contre les trafics et contre le terrorisme, à préserver la liberté de navigation, et à contribuer au renforcement des capacités régionales », affirme le Secrétaire Général.
///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
La Bataille de Bizerte: juillet 1961 C’était il y a quarante deux ans: La bataille de Bizerte Du 19 au 23 juillet 1961 Les Tunisiens ayant vécu ou connu la bataille de Bizerte étant en voie d’extinction, il n’est pas étonnant que les jeunes n’en connaissent pratiquement rien. D’autant que l’Etat Tunisien n’a jamais pris soin de célébrer l’anniversaire de cette bataille. Elle rappelle pour les responsables le souvenir pénible de lourds sacrifices, pratiquement inutiles, puisque l’évacuation de la base était programmée, mais surtout celui d’une faute politique impardonnable et d’une mauvaise conduite des opérations militaires. Aussi fête-t-on officiellement le jour anniversaire de son évacuation, le 15 octobre 1963. Quant à ses morts, dont le chiffre exact demeure inconnu, ils sont fêtés avec tous les martyrs Tunisiens le 9 avril. Il y a quarante deux ans et durant les cinq jours allant du 19 au 23 Juillet 1961 au matin, la Tunisie a été confrontée à une véritable guerre qu’elle n’avait pas déclarée et encore moins souhaitée. Et pour cause. L’écrasante supériorité militaire des troupes françaises présentes à Bizerte et les renforts rapidement mobilisables, pouvant être dépêchés en quelques heures de France et de l’Algérie voisine, étaient de nature à dissuader le plus écervelé des responsables tunisiens à lancer les maigres effectifs d’une armée tunisienne, encore embryonnaire, dans un combat inégal et perdu d’avance. Bourguiba qui n’avait rien d’un va-t-en-guerre l’avait pourtant fait, profondément convaincu que c’était là l’ultime bataille pour concrétiser la souveraineté de la Tunisie et que le coût humain, politique et économique importait peu. Il y avait certes aussi un fond de compétition avec l’Algérie voisine, qui était en passe, à l’époque, de remporter une victoire historique sur la colonisation et aussi avec l’Egypte de Nasser qui avait réussi à transformer sa défaite militaire à Suez en 1956 en victoire politique. « La bataille dans Bizerte aura été très coûteuse en vies humaines » écrit Patrick- Charles RENAUD : La Bataille de Bizerte. Ed l’Harmattan page 145. Paris 1996. Pour les journées des 21 et 22 juillet, les pertes françaises s’élèvent à 10 tués et 77 blessés. Côté tunisien, c’est ahurissant : 431 tués. A cela il convient d’ajouter les pertes civiles, difficilement dénombrables. C’est là où justement le bât blesse. Aucun chiffre officiel des morts civils n’a été donné depuis plus de quarante ans. Très peu de chercheurs et d’historiens tunisiens s’en sont préoccupés, à part peut-être un livre de l ho,, politique de Nouri El Boudali dans les années soixante dix. Les sources officielles tunisiennes parlent vaguement d’un peu plus de mille morts. Mais la rumeur et plus tard la mémoire populaire, parle de 5000 morts. Plus de deux fois de victimes en deux ou trois jours qu’en près de trois ans de lutte de libération nationale. A tous les Chouhadas et les rescapés. *
Ahmed Manai

J’étais volontaire à Bizerte
Par Ahmed Mennai Revue FAÏZA – Tunis, Septembre 1961.
Il est venu nous voir avec 5 feuilles de papier quadrillé. Des feuilles de cahier de classe au verso desquelles était écrit un devoir de calcul. Sur l’endroit, il y avait son récit sur les quatre journées meurtrières de Bizerte. Il a 19 ans, compte passer son oral de 1ère partie de baccalauréat en septembre. Il vient de Sousse et a voulu se battre pour sa patrie. Voici son récit : Mardi 18 juillet, poussé par un violent désir de lutter, moi aussi pour ma patrie, je suis allé m’inscrire comme volontaire, à Sousse. Mes parents ne voulaient pas, je les ai convaincus. J’ai dû aussi persuader le délégué politique et lui prouver que j’étais apte à manier les armes. J’ai passé ensuite la nuit avec les autres volontaires, à la maison de la jeunesse, à Sousse. Nous étions deux cents et je peux vous assurer qu’aucun de nous n’a pu fermer l’œil. Mercredi 19 juillet à 6 heures : Nous partons, acclamés par la foule immense qui était venue nous saluer et animés d’un état d’esprit, nouveau pour nous : le sacrifice. J’ai appris ce jour là le sens de « solidarité », « fraternité », « patriotisme ». Nous faisons une entrée triomphale à Tunis, précédés d’une Jepp de l’armée nationale et continuellement acclamés. Petite escale à Bab Souika, puis en route pour Bizerte. 11 heures : Les chants prennent fin. L’atmosphère d’enthousiasme s’altère pour faire place à un silence odieux. Nous sommes à 15 km de Bizerte. L’apparition de cinq avions français nous plonge dans l’angoisse ( l’ordre de tirer sur chaque avion avait déjà été donné). L’officier qui nous escorte nous ordonne de descendre. Et chacun se protège comme il peut sous les arbres. Les avions repartent sans nous voir. A Menzel Djemil, nous passons la soirée au centre d’hébergement ( l’école) qu’on avait préparé pour nous. Les soldats français de la caserne empêchent toute tentative de sortie. La nuit : avec trois compagnons, je parviens à passer dans une région contrôlée par les français, où des amis scouts sont encerclés par la mer d’un côté et l’ennemi de l’autre. 22 heures : Un ordre de l’armée nous confie la garde des côtes. Nous avions pour toute arme, le revolver, le fusil et la mitraillette de la direction des eaux et forêts. Nous mettons sur pied des patrouilles. La mienne se compose de quatre « routiers » et d’un garde de la forêt. 24 heures : nous repérons les signaux de trois barques françaises qui viennent du côté du porte avions ancré au large. Nous tirons trois coups de feu. Les barques se retirent précipitamment croyant affaire à un bataillon tunisien . Nous demandons alors des renforts. Jeudi 6 heures : Notre drapeau flotte sur les tentes. Des avions de reconnaissance nous survolent. Un quart d’heure plus tard, six avions, des B26, commencent à lancer des grenades et des bombes et à mitrailler nos tentes. Nous étions 76 éparpillés sous les arbres. Pendant les bombardements, vingt quatre sont blessés. Les plus graves sont envoyés à l’hôpital. L’un d’eux est mort quelques jours après. Les autres sont soignés sur place. C’est à ce moment que nous prenons conscience d’une rupture profonde entre les français et nous qui les considérions comme les champions de la liberté et de la fraternité. Nous réalisons que tout cela n’est que principe et qu’il y a loin de la théorie à la pratique. Au même moment, la caserne tunisienne qui se trouvait à proximité avait également été attaquée par les avions (un mort). Après leur avoir porté secours, nous rentrons à Menzel Jemil, toujours harcelés par les mitrailleuses installées sur les hauteurs et les avions . Nous prenons un peu de repos au camp d’hébergement. Une heure après, trois avions viennent nous bombarder. Les soldats postés à l’école ripostent et réussissent à en toucher un. Dans l’intervalle, nous avons reçu l’ordre de quitter les lieux. Nous avons perdu deux soldats, trois gradés et trois camions de l’armée. 14 heures : deux chars français pénètrent à Menzel Jemil, dans le camp tunisien et emportent une jeep de notre armée, sans que nous ayons pu réagir : nous n’avons plus de munitions. 16 heures : Trois avions bombardent pendant 15 minutes le poste de la garde nationale : dégâts matériels seulement : deux camions vides et un camion de munitions…Le bruit court qu’on se bat dans les rues à Bizerte. Je demande à y aller et à pénétrer dans les lignes ennemies. Vendredi : 5 heures et demi : on me laisse en tenue de civil. Je pensais que les français ne s’attaqueraient pas à des gens non armés. J’ai été vite détrompé. Les hélicoptères qui contrôlent toute la route nationale, ne cessent de lancer des grenades sur la foule de réfugiés. 8 heures : je parviens à Bizerte, en passant par les collines et les forêts de la montagne. Je pénètre dans la ville européenne avec un agent de presse allemand. Les combats font rage. Nous sommes obligés de nous séparer, je me cache. Voyant tomber un policier, je le traîne jusqu’à mon abri et le signale à une ambulance.. On l’emmène à l’hôpital. Je m’empare alors de sa mitraillette et je commence à participer effectivement à la bataille. Je me joins à un groupe de volontaires, soldats et destouriens, formés pour faire face aux attaques de l’artillerie française. Avec seulement des armes légères, nous réussissons à faire replier des chars pendant un certain temps. Mais ne pouvant résister longtemps, nous prenons la direction de la Médina, laissant sur place les soldats mieux armés que nous. 16 heures : Le bombardement de la caserne Mangalla et des positions tunisiennes commence sous un soleil brûlant. Au bout de 3 heures, les cadavres jonchent le sol. Nous restons à nos postes toute la nuit. Samedi : Très tôt, l’attaque française reprend. Nous n’étions plus que trente, puis nous sommes maintenant dix. Mais nous restons quand même. Les avions lancent maintenant des tracts où il est écrit que l’Amiral Amman « reconnaît en nous des hommes courageux et qu’il nous demande de nous rendre, pour ne pas compromettre les liens d’amitié avec la France… ». Mais nous avions devant les yeux des cadavres de femmes, de vieillards, d’enfants.. Nous répondons par des attaques encore plus acharnées. En vain. Nous devons bientôt nous replier sur la Médina. Nous manquons de munitions, mais le moral est assez haut. Nous aidons à l’organisation de la défense de la cité arabe et sillonnons les rues pour séparer les morts des blessés pour les envoyer aussitôt à l’hôpital. Quatre éléments français tentent de s’infiltrer, ils sont faits prisonniers. Puis l’eau vient à manquer. 24 heures : L’ordre du cessez-le- feu nous est transmis. Nous respirons. Mais nous n’avons pas été vaincus.

3 commentaires sur “55 ans apres la Bataille de Bizerte; juillet 1961; Une Base de l OTAN en Tunisie

  1. 55 ans après ….

    https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2016/07/15/attentat-de-nice-francais-reveillez-vous/#comments

    et l’otan (ainsi que l’union européenne) on n’en veut plus

  2. A reblogué ceci sur Raimanetet a ajouté:
    les envahisseurs sont de retour … et le désordre suivra inévitablement …
    si vous ouvrez vos portes maintenant ne venez pas vous plaindre ensuite.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :