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Tunisie/ Ennahda: Pour la mémoire Cet entretien avec Jean Debaghy pour le magazine Arabies, il y a 24 ans


arabiesPour la mémoire :
Cet entretien  avec Jean Debaghy pour le magazine Arabies, il y a 24 ans, alors que je commençais à découvrir le mouvement Ennahda. Sans autre commentaire

Jean Debaghy : Entretien avec Ahmed Manai

Tunisie : La dérive autoritaire –

Les intégristes en crise – Arabies : Paris, novembre 1992

Décapité en Tunisie, le mouvement Ennahda doit faire face à une crise sans précédent dans son histoire. Considéré autrefois comme le phare des courants islamiques dans le Maghreb, il se trouve à l’heure actuelle paralysé, incapable d’assumer les conséquences de son échec, à la suite de la répression qui s’est abattue sur ses militants depuis 1990 où il avait été accusé de comploter pour renverser le régime par la force.
Peu d’observateurs parient sur la capacité du mouvement à renaître de ses cendres, depuis que sa direction a choisi l’exil en Europe et dans certains pays arabes, pour échapper à l’emprisonnement.
D’autres ont préféré s’effacer, comme cet ancien chef de liste électorale, Ahmed Manai, soutenu par les islamistes aux législatives de 1989, qui affirme que « le mouvement de Rached Ghannouchi n’a plus le choix: soit il se transforme en groupuscule sans aucune emprise sur la réalité politique du pays, soit il disparaît pour devenir un mythe ».

En effet, Ennahda connaît une hémorragie grave dans ses rangs.
A l’intérieur du pays, outre l’emprisonnement de ses cadres les plus actifs et les plus influents, beaucoup de militants et de cadres intermédiaires ont préféré la rupture, alors qu’à l’extérieur, en particulier en France, les cadres ont soit démissionné soit gelé leurs activités, tandis que d’autres ont, malgré eux, maintenu un semblant de présence pour pouvoir survivre économiquement.
Le malaise est général car une grande partie des militants demande des comptes et un examen approfondi des raisons de l’échec de la stratégie du mouvement. Ils réclament surtout un débat politique et idéologique, ce qui n’a jamais été le fort à Ennahda ».

Selon notre interlocuteur, « les profondes divergences qui secouent actuellement le mouvement s’articulent autour de la nécessité ou non d’une analyse critique de la période précédente Ainsi, les détracteurs de Rached Ghannouchi posent-ils clairement la question de la responsabilité du déclenchement des hostilités à l’égard du pouvoir.
L’accusé principal est la direction clandestine, laquelle avait pris la décision, au lendemain des élections législatives de 1989, de renverser le régime par la force, avec pour unique justification que le pouvoir avait fermé la porte au dialogue ». « La suite a démontré clairement la faiblesse du mouvement », d’après notre interlocuteur.
La facilité avec laquelle le pouvoir avait réussi à démanteler la majeure partie de l’organisation a confirmé son caractère élitiste, alors que la direction clandestine estimait que tous ceux qui avaient voté pour les listes indépendantes étaient des partisans d’Ennahda. Ces clivages sur des problèmes de fond s’accompagnent de divergences sur la forme.
Si certains réclament un retour à la clandestinité avec une refonte des structures du mouvement d’autres proposent la création d’un parti politique. Ghannouchi, pour sa part, garde le silence, préférant rester à l’écart, redoutant l’éclatement.
Cependant, il conserve le pouvoir du seul fait que le mouvement ne peut, dans les circonstances actuelles, disposer des fonds accumulés durant des années: l’accord de Ghannouchi est en effet indispensable en tant que chef de la direction clandestine et unique Emir à l’heure actuelle, depuis qu’Ennahda ne compte plus d’Emir à l’intérieur du pays, contrairement à ce que prévoient les statuts de l’organisation ».

Le tableau sur l’opposition tunisienne à l’extérieur serait incomplet si on ne mentionnait un certain nombre de personnalités comme Mohamed Mzali, Ahmed Ben Salah, Mohamed Masmoudi et Ahmed Bennour, dont on pourra lire ci-contre l’interview exclusive à Arables….
Ahmed Manai, (Arabies- novembre 1992) °
Archives de l’Institut tunisien des relations internationales

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