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La disparition du Grand Hocine Aït Ahmed: Nos condoléances


les cinq leaders algériens

 

 

Mon cher Jughurta,
Je suis profondément touché par la disparition de votre père Si L’Hocine. Je partage votre peine, celle de votre famille et de l’ensemble des Algériens. Le nom de votre père est parmi les noms des Grands Résistants algériens que j’ai chanté tout enfant à partir de 1956 lors de l’arraisonnement de l’avion des dirigeants du GPRA.

J’ai eu la chance de rencontrer Si L’Hocine près d’un demi-siècle plus tard en 1995 puis en 1998 avec Mme Salima Ghozali à Paris. Son combat pour la liberté, la démocratie et la souveraineté nationale ainsi que pour la construction du grand Maghreb est le mien et je reste fidèle à ses idéaux.
J’ai eu la chance de vous connaître vous aussi à Genève et vous m’avez fait l’amitié de m’interviewer. C’était en 1995 lors de la visite du président Ben Ali à Genève.
Je vous présente mes plus sincères condoléances ainsi qu’à votre famille et je prie le Tout Puissant de recevoir Si L’Hocine dans Son Paradis.
En fidèle amitié.
Ahmed Manai
___________________________________
Le Matin de Genève :
07/06/1995

Pas de tapis rouge pour Ben Ali
Jughurta Aït-Ahmed

Il faut dérouler « un tapis de fil de fer barbelé » sous les pieds du « général » Zine El-Abidine Ben Ali, le chef de l’Etat tunisien. Symbolique et piquante, la formule résume assez bien l’état d’esprit qui prévalait, hier à Genève, au sein de l’opposition tunisienne, mobilisée contre la venue à Genève d’un « dictateur ». Demain, le chef de l’Etat tunisien doit, en effet, prononcer un discours devant- et à l’invitation de- l’Organisation internationale du travail(OIT). C’est pour faire entendre leurs voix « étouffées par les « damnés du pouvoir » que ces opposants ont choisi de manifester, au même moment, devant le palais des Nations.
« Le système dictatorial tunisien n’a rien à envier aux totalitarismes des pays de l’Est », a affirmé Ahmed Manaï, auteur du livre « Le supplice tunisien, le jardin secret du général Ben Ali ». Sous couvert de lutte contre « l’intégrisme islamique, dont il prétend être le rempart, le général Ben Ali a multiplié les arrestations arbitraires, les parodies de procès, la torture d’abord contre les islamistes puis la gauche et la société civile »
Il y aurait actuellement, selon Manaï, entre 4000 et 10.000 prisonniers politiques, considérés et traités comme des détenus de droit commun.
Lui-même arrêté et torturé, Manaï estime à 130.000 le nombre de policiers chargés de « surveiller » une population réfractaire- par tradition et par nature- à toute violence politique.
« En 1991, il y a eu un seul attentat attribué aux islamistes. Et il y a eu un mort », affirme Manaï.
Craignant à terme, des risques d’explosion, certains orateurs considèrent que la Tunisie se trouve actuellement dans une situation « pré-algérienne ». « Même les exilés sont persécutés à l’étranger, en Suisse notamment », affirme Ali Saïdi, animateur du Comité pour la défense des libertés.
Les opposants tunisiens qui bénéficiaient notamment de l’appui du Parti socialiste genevois se sont tous félicités du fait que les autorités suisses et cantonales ne se soient pas associées à l’initiative d l’OIT
Jughurta Aït-Ahmed

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