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Présidence tunisienne: Aida Klibi, Attachée à la Présidence de la République


Aida Klibi

Aida Klibi, Attachée à la Présidence de la République

 

Le site Leaders, a publié une information relative à la nomination de Madame Aida Klibi au poste d’attachée à la Présidence de la République chargée de la coordination avec les médias, avec une très brève présentation de l’intéressée(57 ans. Ancienne chargée des relations presse au Premier ministère. Titulaire d’une maîtrise en journalisme et d’un DEA en sciences politiques) qui occulte l’essentiel de sa carrière, une carrière bien remplie pourtant et qui mérite d’être rappelée aux lecteurs.

« Leaders » n’a pas jugé utile de publier mon commentaire, craignant sans doute qu’il entache la bonne réputation de Madame Klibi, comme si le fait qu’elle ait fait l’essentiel de sa longue carrière sous l’ancien régime, comme des centaines de milliers de fonctionnaires tunisiens, et précisément au sein de la fameuse machine de propagande ATCE (Agence Tunisienne de Communication Extérieure) soit « répréhensible » en soi au moment où justement l’ancien personnel politique de Ben Ali se retrouve aux postes de commande du pays. Sans rancune Madame Klibi, juste pour l’histoire !

Tout a commencé par un article du correspondant du journal le Monde à Tunis:

Ahmed Manai

Le Monde: Mardi 9 mars 1993

Protestation contre la création à Paris d’un comité pour la « démission du président Ben Ali »

Le gouvernement de Tunis vient de faire savoir aux autorités françaises qu’il s’alarmait du dépôt, en janvier, à la Préfecture de police de Paris, des statuts d’un « comité » tunisien qui avoue avoir pour but d’œuvrer pour la « démission » du président M.Zine Abdine Ben Ali. Pour le moment les autorités tunisiennes s’abstiennent de tout commentaire public, mais elles ont exprimé par la voie diplomatique leur indignation au sujet de cette affaire, qualifiée en privé « d’intolérable » et « d’inacceptable ». Dans les milieux politiques tunisiens on juge inadmissible que Paris puisse tolérer que s’organise ouvertement, et en quelque sorte officiellement, à partir du territoire français, un groupe appelant ni plus ni moins au renversement du régime. » Va-t-on continuer longtemps, s’interroge-t-on dans ces milieux, à nous faire payer les cris de « Mitterrand assassin » scandés pendant la crise du Golfe par quelques manifestants vite dispersés ? »
Les deux promoteurs de ce « comité » seraient des Tunisiens vivant en France depuis de longues années et ne faisant l’objet d’aucune poursuite judiciaire en Tunisie, où ils sont d’ailleurs quasi inconnus de l’opinion publique.. Selon des sources dignes de foi, ils seraient à l’origine d’un tract, diffusé voici quelques semaines, qui mentionnait l’appui de plusieurs personnalités- dont M. Jacques Chirac- et journalistes français à leur action. Mais les signatures produites se sont toutes révélées fausses.
MICHEL DEURE

TUNISIE : un numéro du « Monde » interdit à la vente /Le Monde – Dimanche 14- Lundi 15 mars 1993
Les autorités tunisiennes ont interdit la mise en vente du Monde du 9 Mars. Dans ce numéro, notre correspondant à Tunis, Michel Deuré, faisait état de la protestation du gouvernement après la création, à Paris, d’un comité tunisien qui veut agir pour la « démission »du président Ben Ali

Et voici la réaction de Madame Aida Klibi

Agence Tunisienne de Communication
Bureau de Paris
Paris le 18 mars 1993
Monsieur, madame.
M. Mondher Sfar n’a pas cessé ces derniers temps de harceler les rédactions des différents médias en se présentant en qualité de Président d’un comité d’appel à la démission du Président BEN ALI.
Nous avons jugé utile de vous présenter à ce propos les éléments d’informations suivantes :
« Le comité tunisien d’appel à la démission du Président BEN ALI » est en fait un duo formé de Mondher SFAR et d’Ahmed MANAÏ connus pour leur appartenance à la mouvance intégriste tunisienne et leur lien avec l’extrême droite française.
M.SFAR qui se présente en véhément défenseur de la démocratie fustigeant le gouvernement tunisien en se réclamant des Droits de l’Homme et des principes universels de liberté, est connu pour sa présence auprès de l’extrême droite et même de la droite révisionniste. Pour s’en convaincre il suffit de prendre connaissance de son ouvrage sur « Marx et l’Indo- germanisme », sa contribution suivie à la revue d’histoire révisionniste (dont joint les copies)et sa collaboration avec la maison d’édition « la vieille Taupe ».
Quant à M.Ahmed MANAI, il est édifiant de rappeler qu’il s’est signalé par certains articles dans l’organe du Front National « Présent ». Cette personne qui se présente elle aussi comme fervent défenseur des Droits de l’Homme a conduit en avril 1989 dans le Sahel Tunisien la campagne électorale du mouvement intégriste « ENNAHDA » et s’est présentée comme tête de liste aux législatives organisées cette année là.

AGENCE TUNISIENNE
DE COMMUNICATION
EXTERIEURE – 8 PARIS
Signé
KLIBI AÏDA
57, avenue de Villiers-7517 Paris. Tél 438O6718…..

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La réplique de Ahmed Manai
Communiqué
Ahmed Manaï
Paris le 19 mars 1993
Dans une lettre largement diffusée auprès des médias français, en date du 18 mars 1993, le bureau Parisien de l’Agence Tunisienne de communication extérieure, a jugé bon, dans une tentative mesquine de discréditer le Comité tunisien d’appel à la démission du président Ben Ali et ma propre personne, de rappeler ma candidature aux élections législatives truquées de 1989 et de m’attribuer faussement certains articles dans le journal « Présent ».
Concernant le premier point, je tiens à rappeler ma participation à ces élections sur une liste indépendante dans la circonscription de Monastir, fief historique du parti au pouvoir, au cours desquelles 20552 voix s’étaient portées officiellement sur mon nom.
J’avais en effet choisi de me présenter sous cette étiquette, en déclinant l’offre qui m’a été faite par le premier ministre de l’époque de diriger la liste du Destour ( auquel j’ai adhéré en 1954 en pleine lutte de libération nationale) et quand mes tentatives de constituer une liste unique de l’opposition avaient échoué.
Que l’ATCE m’accrédite aujourd’hui d’un leadership au Sahel, deuxième région démographique et politique du pays avec ses trois circonscriptions électorales et ses 19 sièges de députés, alors que le correspondant du Monde à Tunis, considérait il y a quelques jours que je suis quasi inconnu, me comble d’honneur et m’incite à engager sérieusement ma candidature aux prochaines élections présidentielles.
Concernant mes rapports avec le mouvement islamiste Ennahda, je tiens à rappeler que j’ai toujours soutenu sa revendication légitime à la reconnaissance légale, plaidé cette cause auprès des gouvernements successifs en Tunisie depuis 1978 et servi enfin d’intermédiaire entre MM. Ben Ali et Ghannouchi jusqu’au 28 décembre 1989, convaincu que l’esprit et la lettre d’une démocratie ainsi que l’équilibre politique du pays, ne peuvent tolérer l’exclusion d’une aussi importante sensibilité politique de la vie publique.
Que l’ATCE me présente aujourd’hui comme un des leaders de ce mouvement, alors que quatorze jours de torture au ministère de l’intérieur et dix huit mois de persécutions de ma femme et de mes enfants, otages personnels du chef de l’Etat, n’ont pas réussi à prouver une simple appartenance, est de nature à me créditer d’un courage et d’une résistance dont franchement je m’avoue en être incapable.
Il y a un point par contre, sur lequel ces spécialistes de la désinformation ne mentent pas. C’est mon entière solidarité aujourd’hui avec ce mouvement et ses militants, victimes de la répression sanglante d’une dictature anachronique et demain quand ils se seront prononcés clairement et définitivement pour le respect des valeurs de la démocratie, de la liberté de croyance et d’opinion, fondements essentiels des sociétés modernes.
Concernant le second point, à savoir les articles de Présent, dont l’ATCE m’attribue la paternité, je dois avouer humblement mon ignorance et mon manque de curiosité puisque je n’ai jamais lu ce journal et encore moins écrit sur ses colonnes. Mais l’ATCE saura je l’espère pour elle, étayer ses allégations devant la justice.
Paris le 19 mars 1993
Ahmed Manaï
Réfugié politique
Candidat indépendant aux législatives de 1989.

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Et voilà que Le Nouvel Afrique Asie s’en mêle
Le Nouvel Afrique Asie
N°44- Mai 1993
Page 34.
HUMEUR: UN PARRAIN DOUTEUX
Collaborateur régulier de la Revue d’histoire révisionniste, que dirigeait M.Henri ROQUES et à laquelle contribuait notamment Robert Faurisson, M.Mondher Sfar a récemment pris l’initiative de créer à Paris, sous sa présidence, un comité d’appel à la démission du président (Tunisien) Ben Ali(1) se prévalant de son appartenance à la Coordination tunisienne en soutien au Comité national de défense des prisonniers d’opinion.
Notre journal a toujours soutenu ceux qui luttent pour les droits de l’homme, partout où ils sont violés ou niés. Mais lorsque le collaborateur d’une revue, aux thèses essentiellement racistes, proches de l’extrême droite européenne, qui ne cesse de soutenir, voire de financer les mouvements intégristes du monde arabe et de l’Afrique, s’arroge le droit de constituer un comité pour faire appel à la démission d’un chef d’Etat, il est normal de s’interroger sur les motivations des inspirateurs de cet appel et leurs objectifs.
Les animateurs connus de ce comité sont : M.Sfar, dont les écrits dans cette revue témoignent de convictions sociologiques et philosophiques douteuses pour ne pas dire plus, et M.Ahmed Manaï, qui s’est signalé par des articles dans l’organe du Front national français Présent et dont on connaît les liens étroits avec les intégristes.
On ne peut faire de procès d’intention à notre journal dont l’indépendance à l’égard de la Tunisie est notoire. .MM. Sfar et Manaï récusent tout révisionnisme ou antisémitisme et proclament qu’ils « défendent des idéaux démocratiques, la liberté, la justice, la vérité et la fraternité entre les hommes, quelle que soit leur appartenance ethnique ». Qu’on nous permette d’en douter : les proclamations de foi ne suffisent pas. Seuls les actes comptent. Or leurs écrits sont témoins de leur engagement politique en faveur de l’extrême droite, celle-là même qui promet exclusion et racisme. On ne peut appeler à la démocratie en Tunisie et s’allier par ailleurs avec tous les ennemis de celle-ci et de tous les peuples du sud. Qu’on relise les articles de M. Sfar intitulés « La chambre à gaz de Hoffner :entre le délire et la politique » ou son analyse de l’article, paru en 1934, de William Zukerman : « la menace du fascisme juif », ou enfin l’ensemble de ses écrits publiés par les Editions Vieille Taupe.
F.A.
1) A la préfecture de police de Paris, on nous confirme que ce comité a déposé son dossier en tant qu’association d’intérêt public.

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Réplique de Ahmed Mana(Jamais publiée par le N.A.A)

Paris le 12 Mai 1993.
A l’Attention de M.Simon Malley
Nouvel Afrique Asie.
Paris.
Monsieur,
Avant de vous écrire, j’ai pris soin de relire tout ce que votre journal a publié sur la Tunisie ces deux dernières années. Il est intéressant de constater que depuis un an, le ton de votre publication a totalement changé et comme par enchantement, il n’y a plus trace dans ses articles sur la Tunisie, de « dérive dictatoriale », « des frasques des clans mafieux », « de la torture systématique » et autres thèmes du même genre. Nous ne serons guères étonnés, qu’à l’instar de votre confrère Jeune Afrique et pour les mêmes motifs, vous allez nous apporter très prochainement, la preuve que ce régime est un modèle de démocratie avancée et que son chef est un De Gaulle qui s’ignore.
Comme par hasard et je crois qu’il en est ainsi, ce revirement coïncide avec votre visite en Tunisie sur invitation de son gouvernement et puis l’ouverture du promoteur et juteux marché tunisien à votre journal.
Vos lecteurs et votre conscience sont seuls juges de ce revirement et des raisons qui l’ont motivé. Personnellement, je suis à même de comprendre qu’un journal en mal de vente, soit contraint d’arrondir les angles et de sacrifier quelques uns de ses principes…tout en continuant à alléguer de « son indépendance vis à vis de la Tunisie ».
Ce qui est inadmissible par contre, c’est que vous transgressiez les règles le plus élémentaires de votre déontologie et que vous repreniez à votre compte, sans le moindre souci de vérité ni vérification aucune, les mensonges d’une ATCE dont vous avez dénoncé auparavant les méthodes et que vous versiez dans la calomnie et la diffamation.
1) Vous dites que je me suis signalé par des articles dans l’organe du FN « Présent » et je vous demande simplement si vous avez pris la peine de le vérifier ? Aussi je vous mets au défi d’apporter à vos lecteurs, la preuve matérielle que je suis bien l’auteur de ces articles, sortis tout droit de votre imagination( que vous m’attribuez à la suite des allégations de l’ATCE) dans un journal que je n’ai jamais eu la curiosité de lire.
2) Le comble de l’amalgame est que vous m’accusiez de révisionnisme et m’associez aux écrits de mon ami et camarade de combat, le Dr Mondher Sfar, que j’estime intellectuellement et moralement suffisamment courageux pour en assumer seul l’entière responsabilité s’il y a lieu.
3) Quant à mes liens étroits avec ceux que vous qualifiez d’intégristes, selon l’humeur du temps et avec tout le mépris qui sied aux êtres des races inférieures, alors je vous dis simplement que je n’en ai aucun, ne connaissant personne répondant à ce qualificatif.
Je connais par contre des islamistes tunisiens, du mouvement Ennahda et d’autres, qui cherchent depuis des années à se faire reconnaître dans leurs droits de citoyens à part entière et qui ont payé pour cela un lourd tribut. Ceux-ci sont mes amis et mes alliés. Je les ai défendus et soutenus, et au risque de vous déplaire, je continuerai à le faire, parce qu’ils constituent une composante essentielle de la société tunisienne, incontournable dans tout processus démocratique, dans toute œuvre de reconstruction nationale et de préservation de la paix civile et qu’ils sont aujourd’hui les damnés de la terre.
Ma conception de la démocratie ne souffre aucune exception, aucune exclusion et pour rien au monde je ne ferai mien le procès d’intention qu’on leur fait et je n’abandonnerai jamais de combattre une dictature réelle, vécue au quotidien par les tunisiens, dans leur âme et leur chair, pour combattre une dictature virtuelle.
Je nourris néanmoins contre eux un grief grave, celui d’avoir failli à leurs promesses de continuer le combat jusqu’au bout, l’anéantissement définitif de la dictature et l’instauration d’une démocratie authentique en Tunisie.
C’est ce combat, que mènent aujourd’hui en France de nombreux tunisiens, à travers le Comité pour la démission de .M. Ben Ali, dans le respect des lois de ce pays et que d’autres, plus nombreux encore, mènent et mèneront en Tunisie, pacifiquement et dans le respect de sa constitution.
Veuillez croire monsieur à mes salutations distinguées.
Ahmed Manaï

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Lettre de Ahmed Manaï et Mondher Sfar au Directeur de du Nouvel Afrique Asie

Paris le 24 Mai 1993
Monsieur Simon MALLEY
Directeur politique du Nouvel Afrique Asie
3, rue de Metz- 75O1O Paris
Cher Monsieur,
Suite à la publication de l’article de votre collaborateur monsieur Fathi Abdallah, paru dans votre dernière livraison dans la rubrique « Humeur », sous le titre « Un parrain douteux » et nous mettant personnellement en cause, nous nous permettons de vous adresser en guise de droit de réponse, le texte suivant :
Nous, fondateurs du Comité Tunisien d’appel à la démission du Président Ben Ali, regrettons l’accusation injuste formulée à notre égard par votre collaborateur, M.Fathi Abdallah, nous attribuant un « engagement politique en faveur de l’extrême droite » et nous accusant de nous « être alliés avec tous les ennemis » de la démocratie.
Cependant, nous nous attendions à ces attaques depuis que l’ATCE, agence d’information du ministère de l’intérieur tunisien, a largement diffusé auprès des médias français des articles de M. Sfar parus dans la revue d’histoire révisionniste. Signalons au passage que cette revue a ouvert ses colonnes à des intellectuels de gauche et qu’elle fait elle- même suite aux Annales d’Histoire Révisionniste, éditées par la librairie d’extrême gauche La Vieille Taupe. Quant aux articles de M.Manaï publiés dans Présent, ils sont introuvables. La raison en est toute simple : ils n’ont jamais existé et leur auteur n’a jamais eu de liens de près ou de loin avec cette publication d’extrême droite.
Dans sa lettre- circulaire, datée du 18 mars 1993, l’Agence tunisienne n’hésite pas à parler du « lien » et de la « présence » de MM. Manaï et Sfar « auprès de l’extrême droite ». Pour convaincre ses lecteurs, elle avance trois preuves.
Tout d’abord la thèse de M.Sfar sur Karl Marx, soutenue il y a exactement dix ans à la Sorbonne. En fait, cette étude démontre l’adhésion du fondateur du matérialisme dialectique à l’idéologie romantique allemande, avec tout ce que cela comporte comme vision raciale de la culture allemande et préjugés antisémites. On est loin d’une thèse d’ »extrême droite ».
Deuxième preuve, les liens de M.Manaï avec les islamistes. Personne ne saurait reprocher le soutien de M.Manaï aux victimes d’une répression sauvage, dont il a fait lui-même les frais, ni mettre en doute la sincérité de son attachement au respect des valeurs de la démocratie et de la liberté d’opinion et de croyance qu’il pose comme condition de tout soutien politique à cette mouvance.
Troisième preuve : l’appartenance de M.Sfar à la « droite révisionniste ». Celui qui lit ses articles, peur s’apercevoir sans peine que ce qui les inspire, c’est le principe de l’universalisme, opposé au principe nationaliste sioniste qui veut transformer le judaïsme en une entité raciale. La vérité sur la chambre à gaz réside dans la vérité sur le judaïsme.
Et comment les démocrates arabes puissent-ils lutter efficacement contre ceux qui cherchent à imposer la charia coranique, s’ils ne dénoncent pas eux-mêmes les imitateurs de l’intégrisme sioniste qui a imposé la charia biblique sur la Palestine, faisant fi de toute considération humaine, historique ou politique ?
Avec nos salutations les plus distinguées.
Ahmed Manaï et Mondher Sfar

Au mois de janvier 1993, une petite crise avait éclaté entre Tunis et Paris, à la suite de la création officielle à Paris, du Comité Tunisien d’Appel à la Démission du Président Ben Ali.
Ces quelques articles et correspondances, permettront aux lecteurs de se faire une petite idée sur le contexte de l’époque. Pour la petite histoire, rappelons que les autorités françaises, désireuses d’interdire le comité mais ne pouvant le faire qu’en conseil des ministres, avaient convoqué les deux fondateurs du Comité pour trouver avec eux une solution à l’amiable: créer un autre Comité d’où serait absent le nom du président Ben Ali.
C’est ainsi qu’on s’est retrouvé avec un autre comité aussi légal que le premier, mais dénommé: Comité Tunisien d’Appel à la Démission de l’Artisan du 7 Novembre.
Archives de l’ITRI

Journal Officiel, 10 février 1993, p. 467
1578 – Déclaration à la préfecture de police. COMITE TUNISIEN D’APPEL POUR LA DEMISSION DU PRESIDENT BEN ALI ET POUR LA FORMATION D’UN GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE RECONCILIATION NATIONALE ET DE SAUVEGARDE DES INSTITUTIONS REPUBLICAINES.
Objet: intéresser et sensibiliser la communauté tunisienne en France aux problèmes auxquels fait face la Tunisie : réseaux de trafiquants en tous genres, corruption, atteintes aux droits de l’homme et du citoyen, atteintes aux institutions publiques et républicaines, etc.
Siège social: comité d’appel, l, rue Cassini, 75014 Paris.
Date de la déclaration : 19 janvier 1993.
Le Monde Mardi 9 mars 1993
TUNISIE
Protestation contre la création à Paris (Tun comité pour la «démission» du président Bon Ali
TUNIS de notre correspondant

Le gouvernement de Tunis vient de faire savoir aux autorités françaises qu’il s’alarmait du dépôt, en janvier, à la Préfecture de police de Paris, des statuts d’un «comité» tunisien qui avoue avoir pour but d’œuvrer pour la «démission» du président M. Zine Abbidine Ben Ali. Pour le moment, les autorités tunisiennes s’abstiennent de tout commentaire public, mais elles ont exprimé par la voie diplomatique leur indignation au sujet de cette affaire, qualifiée en privé «d’intolérable» et «d’inacceptable». Dans les milieux politiques tunisiens on juge inadmissible que Paris puisse tolérer que s’organise ouvertement, et en quelque sorte officiellement, à partir du territoire français, un groupe appelant ni plus ni moins au renversement du régime. « Va-t-on continuer longtemps, s’interroge-t-on dans ces milieux, à nous faire payer les cris de «Mitterrand assassin» scandés pendant la crise du Golfe par quelques manifestants vite dispersés ?»
Les deux promoteurs de ce «comité» seraient des Tunisiens vivant en France depuis de longues années et ne faisant l’objet d’aucune poursuite judiciaire en Tunisie, où ils sont d’ailleurs quasi inconnus de l’opinion publique. Selon des sources dignes de foi, ils seraient à l’origine d’un tract, diffusé voici quelques semaines, qui mentionnait l’appui de plusieurs personnalités dont M. Jacques Chirac et journalistes français à leur action. Mais les signatures produites se sont toutes révélées fausses.

MICHEL DEURÉ
COMITE TUNISIEN D’APPEL

POUR LA DEMISSION DU PRESIDENT BEN ALI
& POUR LA FORMATION D’UN GOUVERNEMENT PROVISOIRE
DE RECONCILIATION NATIONALE
& DE SAUVEGARDE DES INSTITUTIONS REPUBLICAINES
Comité d’Appel, 1, rue Cassini, 75014 Paris. Tél. : 43 29 68 98.
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COMMUNIQUE

Paris, le 9 mars 1993

Suite à l’article publié par le journal Le Monde du mardi 9 mars i993 intitulé “Protestation contre la création à Paris d’un comité pour la “démission” du président Ben Ali”, signé par son correspondant à Tunis, nous protestons énergiquement contre les accusations colportées par ce journal selon lesquelles notre comité aurait fabriqué de fausses signatures dont celle de M. Jacques Chirac. Nous nous étonnons qu’un tel organe de presse, connu pour son sérieux, non seulement n’ait pas pris soin de vérifier ses informations auprès de notre Comité, mais il a été jusqu’à qualifier ses sources de “dignes de foi”.
M. Michel Deuré est d’autant plus inexcusable que le faux tract attribué à notre comité avait déjà connu une large diffusion dans les organes de la presse tunisienne du 6 janvier 1993, qui l’avait attribué à cette époque à deux anciens ministres du temps de Bourguiba, exilés en France, accusés d’avoir été les promoteurs du procès du frère du président Ben Ali, condamné à Paris à dix ans de prison et une forte amende pour trafic de drogue et blanchiment de l’argent sale.
Le Président
Dr. Mondher SFAR
***************************************************
COMITE TUNISIEN D’APPEL
POUR LA DEMISSION DU PRESIDENT BEN ALI
& POUR LA FORMATION D’UN GOUVERNEMENT PROVISOIRE
DE RECONCILIATION NATIONALE
& DE SAUVEGARDE DES INSTITUTIONS REPUBLICAINES
Comité d’Appel, 1, rue Cassini, 75014 Paris. Tél. : 43 29 68 98.

Paris, le 16 avril 1993

FAX

A l’attention de Monsieur Francis Cornu
Service Etranger, Afrique.
F: 47 34 56 25
Paris, le 16 avril 1993

Cher Monsieur,
Suite à notre conversation téléphonique de ce matin, nous tenons à vous remercier de votre compréhension pour notre insistance à rectifier aux yeux des lecteurs du Monde une image que l’article de M. Deuré en date du 9 mars 1993 tend à imprimer à notre Comité et qui ne correspond nullement à la réalité.
Comme convenu, nous vous soumettons le projet ci-dessous de mise au point à publier sur vos colonnes :

Suite à l ‘article publié par le journal Le Monde du mardi 9 mars 1993 intitulé “Protestation contre la création à Paris d’un comité pour la “démission” du président Ben Ali”, signé par son correspondant à Tunis, nous démentons catégoriquement les allégations selon lesquelles notre comité aurait fabriqué de fausses signatures dont celles de MM. Jacques Chirac, Philippe Séguin et Charles Pasqua.
Nous signalons que ce faux tract, imputé à notre Comité, avait déjà été utilisé une première fois par les organes de la presse gouvernementale tunisienne du 6 janvier 1993, l’attribuant à un ancien Premier ministre et à un Ministre du temps de Bourguiba, vivant actuellement tous les deux en exil en France.

Le Président du Comité Tunisien d’Appel à
la Démission du Président Ben Ali
****************************************
COMITE TUNISIEN D’APPELPOUR LA DEMISSION DU PRESIDENT BEN ALI
& POUR LA FORMATION D’UN GOUVERNEMENT PROVISOIRE
POUR LA RECONCILIATION NATIONALE ET
LA SAUVEGARDE DES INSTITUTIONS REPUBLICAINES
Comité d’Appel, 1, rue Cassini, 75014 Paris. Tél. : 43 29 68 98; Fax: 43 29 64 66.

Monsieur Jean Daniel
Le Nouvel Observateur,
14, rue Dussoubs
75081 Paris Cedex 02

Paris, le 12 janvier 1993

Cher Monsieur,

La lettre intitulée “Justice pour un pays ami” que vous publier dans le n° 1469 de votre magazine tente de critiquer les nombreux journalistes français courageux qui ont dénoncé les atteintes aux droits de l’homme et la dérive militaro-maffieuse du régime de Ben Ali, en les accusant d’être hostiles au peuple tunisien. S’il est tout à fait légitime que M. Serge Adda, initiateur de cette lettre, fasse des affaires en Tunisie avec le soutien de son ami personnel le dictateur Ben Ali, notamment en le faisant bénéficier de l’espace télévisuel tunisien, il devient honteux que cet ancien ligueur vende son âme au diable en venant au secours d’un régime dénoncé par des instances humanitaires internationales pour de graves atteintes aux droits de l’homme, et qui plus est, est un régime qui s’est récemment révélé coupable de complicité avec des trafiquants internationaux de drogue et de réseaux de blanchiment de l’argent sale. Ce traître à la Tunisie a de surcroît réussi à surprendre la bonne foi de personnalités amies de la Tunisie qui ne tarderont sans doute pas à se détromper et à reprendre leur place dans le coeur des Tunisiens. Etant donné la gravité de cette manoeuvre scandaleuse nous vous prions, Cher Monsieur, de nous permettre d’user, en tant que défenseurs des droits de l’homme en Tunisie, de notre droit de réponse et de publier le texte suivant :

L’appel pour une « Justice pour un pays ami » lancé par les signataires d’une lettre ouverte qui vous est adressée (publiée dans le Nouvel Observateur du 31/12 au 6/1/ 1993) a suscité parmi nous un sentiment de déception d’autant plus amer qu’il s’agit de personnalités amies de la Tunisie, et de longue date. Nous pensons qu’il s’agit là d’un regrettable malentendu dû à une appréciation quelque peu hâtive de la situation politique réelle du pays et notamment de l’état des droits de l’homme qui y prévaut.

Rappelons simplement que sur le plan politique, la Tunisie connaît pour la première fois de son histoire un régime militaro-policier qui, par la bouche même d’un des proches du pouvoir, est en passe d’égaler la dictature de Ceaucescu. Depuis l’accession du Président Ben Ali au pouvoir, les budgets des Ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Présidence ont connu un accroissement spectaculaire. Cela se traduit qualitativement par une militarisation Inquiétante des hautes fonctions de l’Etat, surtout dans le secteur diplomatique, policier et des entreprises publiques.

Dopé par un culte de la personnalité digne des régimes qui viennent tout juste d’être balayés par l’histoire, le Président tunisien a réussi à soumettre à son profit les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

La corruption est devenue une pratique systématique, faisant de l’Etat de droit une lointaine chimère. Nos institutions ont vite fait de tomber entre les mains de clans détenant la réalité du pouvoir. Le dernier procès à Paris des trafiquants de drogue tunisiens n’a fait que démasquer une des tâtes effectives de ces clans, en la personne du frère du Président tunisien. Qu’à cette occasion l’Etat tunisien se soit mobilisé pour innocenter celui-ci, en cela il n’y a rien pour nous étonner. Cette manœuvre a toutefois offert au monde entier une illustration grandeur nature du degré de la déliquescence de nos institutions publiques au profit de certains pouvoirs mafieux couverts et soutenus par le sommet de l’Etat.

Sur le plan des droits de l’homme, un tel régime militaro-policier ne pourrait qu’ouvrir la voie à l’arbitraire et aux abus dans le domaine des libertés publiques, comme dans celui du respect de la personne humaine et de son droit à ta vie. Les rapports alarmants d’Amnesty International, ainsi que les procès politiques préfabriqués, sont là pour nous mettre en garde contre les véritables dangers que représente :la dérive totalitaire du régime tunisien.

Ces faits graves ont suscité une protestation énergique de la part des – amis de la Tunisie. Ce faisant, ceux-ci ont témoigné d’une véritable amitié agissante avec le peuple tunisien. Comment pourrait-on alors qualifier, Cher Monsieur, selon vous, . d’injure” cette solidarité avec la Tunisie dans un des moments les plus noirs de son histoire politique 7 Et selon quelle logique un régime non démocratique peut-il être identifié au peuple et au pays qu’il gouverne ? L’infamie provoquée par ce procès ne peut retomber que sur le régime, non sur le peuple qui le supporte et en souffre depuis plus de cinq ans.

Que la Tunisie ait connu en 1992 une bonne conjoncture économique, on en conclut aussitôt à l’existence d’un “consensus” avec Ce pouvoir ( Que. conclure alors de zéro de croissance économique reconnu officiellement pour 1991 ? Et en quoi le nombre des touristes est-il un signe d’une quelconque “ouverture sur le monde”, quand les relations avec le touriste étranger sont étroitement surveillées, et que même le livre étranger est soumis à une censure tatillonne ?

Les signataires parient aussi de (“ouverture sans complexes de l’espace télévisuel tunisien” dénotant “une volonté démocratique (sic!) clairement assumée”, et ce au moment même où le gouvernement tunisien a décidé de censurer les journaux télévisés de France 2. L’on sait en outre, qu’en matière de liberté télévisuelle, l’installation d’antennes paraboliques est soumise au contrôle de la police. La presse étrangère, quant à elle, est systématiquement censurée, quand on ne l’interdit pas, comme c’est aujourd’hui le cas du journal parisien Libération.

Mais ne frôle-t-on pas l’indécence quand nos amis signataires font l’éloge des libertés des partis, d’associations et des syndicats en Tunisie, alors qu’elles n’ont jamais été autant bafouées que de nos jours ? Il suffit de rappeler le triste port réservé à la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, dissoute à la suite de la promulgation d’une loi liberticide sur les associations…

Rappelons tout simplement à nos amis signataires que la meilleure façon « d’éviter que ne se développent des malentendus et des blessures entre la Tunisie et la France » serait bien plutôt de contribuer à mettre fin le plus rapidement possible à la dérive totalitaire que connaît la Tunisie de l’« ère nouvelle ». Et ces malentendus et blessures disparaîtront d’autant plus sûrement qu’on aura cessé de s’accomoder, pour les anciennes colonies, d’une démocratie au rabais.

L’intérêt bien compris de la France est bien de contribuer à faire sortir la Tunisie de son moyen-âge autocratique afin qu’elle vive enfin sa véritable modernité démocratique et respectueuse de la personne humaine. Ce serait là la plus belle manifestation de solidarité, d’amitié et de justice entre nos deux pays.

Pardonnez, Cher Monsieur, le ton franc de cette lettre, et croyez à l’expressions de nos sentiments les plus amicaux,

P/ Le Comité : Dr. Mondher Sfar

Maghreb Confidentiel
18 mars 1993
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TUNISIE
Qui se cache derrière le “Comité d’appel pour la démission de Ben Ali” ?

Contrairement aux informations qui filtrent de sources officielles, ce ne sont pas des militants proches de l’extrême droite française qui sont derrière la création de cette association loi 1901 à Paris (MC N°132), mais plutôt des personnalités de gauche: Mondher Sfar, président du comité est un ancien ‘Perspectiviste”, et Ahmed Manaï, un ancien expert auprès des Nations-Unies, qui avait été torturé en 1991 pour ses liens supposés avec les islamistes. Le comité a été enregistré le 10 février à la Préfecture de Paris sous le nom de “Comité tunisien d’appel pour la démission du président Ben Ali et pour la formation d’un gouvernement provisoire de réconciliation nationale et de sauvegarde des institutions républicaines”. Tout un programme !

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Un commentaire sur “Présidence tunisienne: Aida Klibi, Attachée à la Présidence de la République

  1. Pour l’histoire :
    Le Comité d’Appel à la démission du Président Ben Ali et pour la Formation d’un Gouvernement Provisoire de Réconciliation nationale et de Sauvegarde des Institutions Républicaines… de l’Etat.
    C’est à la suite des rapports d’Amnesty Internationale sur les graves violations des droits de l’homme en Tunisie, mais surtout à la forfaiture du président Ben Ali ainsi que de l’appareil de l‘Etat dans la grande opération de soutien à Moncef Ben Ali, trafiquant de drogue connu de tous, que plusieurs tunisiens (1) ont pris l’initiative d’appeler leurs compatriotes à demander la démission du Président Ben Ali et à l’instauration d’un gouvernement de transition en vue de mettre le pays ssur la voie démocratique.
    Les statuts du comité d’Appel à la démission du Président Ben Ali et pour la Formation d’un Gouvernement Provisoire de Réconciliation nationale et de Sauvegarde des Institutions Républicaines ont été déposés à la Préfecture de Paris, le 19 janvier 1993. La déclaration de l’association a été publiée dans le journal officiel du 10 février 1993, p. 467.
    Cette association, régie par la loi du 1er juillet 1901, a déclaré avoir pour objet : « intéresser et sensibiliser la communauté tunisienne en France aux problèmes auxquels : réseaux de trafiquants en tous genres, corruption, atteintes aux droits de l’homme et du citoyen, atteintes aux institutions publiques et républicaines, etc..
    Fidèle à sa politique monopoliste de l’expression politique, le gouvernement tunisien n’a eu de cesse de harceler la France pour l’amener à dissoudre le Comité d’Appel. Ces efforts ont abouti à la publication par le Monde du 9 mars 1993 d’une correspondance de Tunis, signée par Michel Deuré, faisant état de « l’indignation » des autorités tunisiennes « s’alarmant » de notre exercice du droit à l’association. Dans cet article, le correspondant du Monde, décoré par Ben Ali, n’a pas hésité à coller aux membres fondateurs du Comité la diffusion d’un tract portant de fausses signatures de plusieurs personnalités politiques françaises, dont M. Jacques Chirac.
    Hélas !, les autorités tunisiennes ont joué ici de malchance, puisque ce même tract a déjà connu une large diffusion dans la presse gouvernementale ancien ministre Bennour.
    Etourderie ? ou manque d’imagination de la part des services secrets tunisiens ? Toujours est-il que le Monde a été abusé par « ses sources dignes de foi ». Affaire à suivre.
    Déclaration de principes du Comité d’Appel
    Après trente années de pouvoir sans partage, Bourguiba a quitté la scène politique en laissant la Tunisie exsangue : un Etat en déliquescence à l’image de son chef, une corruption galopante atteignant toutes les sphères de la vie publique, la violation larvée et continue des droits de l’homme, une situation politique bloquée. Le divorce est consommé entre le pays qui aspirait profondément au « changement » de cette situation devenue insupportable et un Etat gravement discrédité.
    Le coup d’Etat du 7 novembre 1987, préparé depuis le retour de Ben Ali aux affaires en 1984, a pu faire quelque temps illusion sur sa nature. Mais le nouveau régime n’a pas tardé à à jeter le masque lors des élections présidentielles et législatives de 1989 renouant avec les anciennes habitudes. Plus grave encore, les Tunisiens découvrent avec stupeur l’instauration d’un système totalitaire militaro-policier calqué sans doute sur celui des pays de l’Est où Ben Ali a séjourné durant quelques années en mission diplomatique.
    Mais ce système a révélé très vite une autre particularité, celle de marginaliser les pouvoirs publics au profit de coteries constituées par des personnalités occultes détenant les véritables pouvoirs politiques et économiques et agissant sous la couverture et le soutien du chef de l’Etat. Le récent procès de réseaux de trafiquants de drogue tunisiens jugés à Paris a mis au grand jour
    La collusion de l’Etat avec ces pouvoirs mafieux ainsi que la compromission personnelle de Ben Ali avec ces trafiquants depuis qu’il était à la tête de la sûreté tunienne.
    Ce système militaro-mafieux a fait de la corruption une pratique quasi-officielle mettant en danger nos institutions publiques. Les atteintes aux droits de l’homme et aux libertés publiques n’ont jamais été aussi importantes et systématiques. La torture est devenue une pratique courante entraînant la mort de dizaines de citoyens.
    Ben Ali a sciemment dressé des citoyens Tunisiens contre d’autres au nom de la lutte contre la mouvance islamique, diabolisée à outrance au lieu de réconcilier les tunisiens entre eux grâce notamment à un débat sincère et démocratique sur ce que devrait être la place de la religion dans notre société.
    Ainsi, face à la trahison de Ben Ali des aspirations populaires pour la démocratie, le pluralisme politique et au parjure de son propre engagement solennel dans ce sens :
    Face à l’instauration d’un régime totalitaire militaro-mafieux ;
    Face aux graves violations des droits de l’homme et du citoyen ;
    Face aux crimes de sang perpétrés sous l’instigation personnelle de Ben Ali,
    Face à la corruption intolérable et dangereuse que vit la Tunisie dans ses institutions publiques ;
    Face à la forfaiture dont Ben Ali s’est rendu coupable en aidant des trafiquants internationaux de drogue et en les soustrayant à la justice (loi) nationale et internationale
    Nous patriotes tunisiens, attachés à la démocratie et aux valeurs humaines universelles, considérons que que la présence de Ben Ali à la tête de l’Etat constitue désormais une hypothèque qui pèse dangereusement sur le pays, son unité, ses institutions et une tare pour l’honneur de la Tunisie.
    En conséquence, nous appelons tous les citoyens tunisiens qui restent fidèles aux nobles espoirs du changement trahis par un régime autocratique, qui refusent de voir se perpétrer en Tunisie la dictature, la corruption et l’humiliation, qui sont révoltés par l’infamie qui atteint notre pays du fait du soutien par le sommet de l’Etat de pouvoirs mafieux nationaux et de réseaux de banditisme international , enfreignant ainsi les conventions et lois internationales à demander la démission immédiate de Ben Ali de ses fonctions de Chef d’Etat et à préparer la formation d’un Gouvernement Provisoire de Réconciliation nationale et de Sauvegarde des Institutions Républicaines…
    Ce Gouvernement Provisoire aura pour tâches de :
    1 Libérer les prisonniers politiques et proclamer une amnistie générale sans exclusive ;
    2 Réparer les préjudices subis par les citoyens du fait des abus du régime du 7 novembre ;
    3 Mettre fin au système militaro-policier érigé par Ben Ali ;
    4 Démanteler les réseaux des trafiquants qui ont réussi à soumettre l’Etat à leur pouvoir personnel, et ramener la confiance du citoyen dans institutions publiques par des mesures énergétiques contre la corruption, les trafics d’influence et le racket qui les gangrènent ;
    5 garantir les libertés d’opinion et d’association pleines et entières et garantir le respect de la dignité des citoyens et leur égalité devant la loi ;
    6 engager la Tunisie dans un débat national et démocratique sur les grands choix du pays : sa constitution, son identité, la modernité, le rapport de l’Etat à la religion, l’abolition de la peine capitale, etc…
    7 organiser dans un délai convenu entre les forces politiques du pays et sans exclusive , des consultations et des élections libres sous le contrôle d’instances internationales.

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