1 commentaire

Tunisie /Nouveau gouvernement : Compromis ou compromission ?


000272-visage-de-puzzle

Nouveau gouvernement : Compromis ou compromission ?

Par Moncef Gouja

Février 2, 2015

 

Nouveau gouvernement : Compromis ou compromission ?

Par Moncef Gouja

Février 2, 2015

Certains parmi les dirigeants de l’aile gauche de Nidaa Tounes invoquent Togliatti, l’ex secrétaire du parti communiste italien qui a lancé l’idée du «compromis historique » avec le parti de la Démocratie Chrétienne, pour justifier la nouvelle alliance qui est tissée minutieusement, lentement mais sûrement entre la parti « séculier » Nidaa Tounes et le parti islamiste, membre de l’organisation mondiale des frères musulmans Ennahdha.

Cette invocation n’est pas à sa place, car le parti communiste italien, connu pour son anticléricalisme pur et dur n’a jamais constitué un gouvernement avec son adversaire idéologique et politique et l’Etat italien a été et restera toujours laïc. Le compromis était juste limité à la reconnaissance du capitalisme comme système économique avant que le modèle communiste ne s’effondre. Il ne faut pas se leurrer, il ne s’agit pas d’un compromis éphémère et conjoncturel entre Nidaa et Ennahdha, il s’agit d’une alliance stratégique dont les signes avant-coureurs ont commencé avec la création de Nidaa. Au début il y avait le Logos américain Le destin de la Tunisie a été scellé le 14 janvier 2011, le soir.

L’Islam politique au pouvoir n’était plus une vue de l’esprit seulement, mais une réalité politique palpable, que les années et les mois qui ont suivi le fameux « printemps arabe » ont confirmé jour après jour, heure après heure. Ainsi parla l’Oncle Sam ! Il n’y avait que les gauchistes, les pseudo-laïcs, les « retourneurs » de veste et les grands hypocrites qui ne pouvaient voire l’évidence. Même après le fiasco historique de la Troïka où l’Islam politique a prouvé qu’il est incapable de gérer un Etat et une société modernes, gestion qui a fait régresser le pays une vingtaine d’année en arrière, la position américaine n’a pas changé d’un iota.

C’est la doctrine élaborée au début des années quatre vingt dix qui continue à prévaloir et donc il fallait tout faire pour asseoir dans le pays « une démocratie de l’éprouvette » quelque soit le prix à payer par ce petit peuple qui n’a ni pétrole, ni armes de destruction massive ni position stratégique contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Tout juste une Histoire ! Mais que peut-on réellement faire avec une Histoire ?

A partir de là, organiser des premières élections et aussi des secondes élections démocratiques dont l’objectif primordial est d’associer l’Islam politique au pouvoir n’est qu’un jeu d’enfants pour les stratèges du « printemps arabe » ! Ils ont pleinement réussi ! L’histoire et les archives après cinquante ans nous diront comment et par l’intermédiaire de qui (On le sait déjà). Lorsque ce scénario a failli tomber à l’eau, après les assassinats des leaders de la gauche, ce qu’un confrère a appelé « le proconsul » s’est chargé de rappeler tout le monde à l’ordre.

La Tunisie n’est-telle pas partie intégrante de « la sécurité nationale US » comme l’avait affirmé une déclaration de la présidente de la commission du Congrès américain en Décembre 2013 ? Le problème est qu’un pan entier de la société et de l’élite s’est montré réellement laïc plus que prévu et avait refusé d’être dirigé par des apprentis religieux alliés à des pseudo-laïcs. Alors on a lancé un parti qui rassemble tous ces laïcs qui contestent la prépondérance de l’Islam politique pour les utiliser à légitimer le retour de l’Islam politique aux affaires, au non du réalisme politique.

On s’est même arrangé à créer un régime « semi-parlementaire » pour que cela devienne incontournable et pour s’assurer du résultat, on a confectionné une loi électorale qui ne pouvait que faire émerger ces deux « partis ». Là encore, il faut attendre cinquante ans pour connaître la vérité, loi de l’omerta oblige ! Tous ceux qui se sont tortillés, au début pour appeler au vote utile et ensuite au « compromis » utile ne font qu’embobiner leurs électeurs.

S’il est vrai qu’Ennahdha, n’a eu que des miettes au gouvernement, il n’en est pas moins vrai aussi que ce parti reçoit un quitus de « virginité » morale et financière. S’il est vrai aussi que sans le rôle d’Ennahdha qui a soutenu un « looser » contre B.C.E, la carte politique aurait été autre et peut être plus favorable à l’Islam politique, il n’en reste pas moins vrai que le véritable chef d’orchestre n’a cure des intérêts de la Nation tunisienne reléguée au rang de vassal, et que pour longtemps la souveraineté nationale sera un objectif de plus en plus loin à atteindre ! Ce qui dérange vraiment ce n’est pas qu’un parti politique islamiste tunisien soit imposé au gouvernement mais que cette injonction nous vienne d’ailleurs.

Le problème n’est plus si Ennahdha a rompu avec la vision salafiste de la religion et de l’Etat, mais quels sont les desseins de ceux qui l’ont imposé ? C’est pour cela qu’on ne peut parler que de compromission ! Rappelez vous du rôle de Jeffrey D Feltman dans la rédaction de la constitution et qui a poussé le vice jusqu’à venir se pavaner devant les caméras dans le cénacle même de la « révolution ». La Constitution même n’a été que le fruit non pas d’un compromis mais d’une ingérence, même si certains démocrates l’avaient applaudi des deux mains.

La rencontre de Paris entre les deux « shaykhs » n’a été que l’ultime aboutissement d’un processus encadré et dirigé par une main étrangère. Certains applaudiront des deux mains une telle « ingérence démocratique» qui n’est qu’une nouvelle formule de « l’ingérence humanitaire».

Pourquoi nos pères et nos grands pères ont-ils versé leurs sangs croyez-vous ? Pour être une Nation libre, éternellement libre ! Les calculs politiciens et d’épiciers ne doivent pas mettre en danger notre souveraineté nationale ! Ce nouveau gouvernement où nous comptons des amis, patriotes et sincères ne fera pas long feu, car il ne s’agit pas d’un compromis mais d’une compromission. Au détriment de notre indépendance politique et du caractère séculier de l’Etat.

Par Moncef GOUJA / février 2, 2015

http://www.points.tn/2015/02/nouveau-gouvernement-compromis-ou-compromission/

Un commentaire sur “Tunisie /Nouveau gouvernement : Compromis ou compromission ?

  1. A reblogué ceci sur raimanetet a ajouté:
    collusion !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :