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N.GOUJA: Le Mont Everest aux pieds de la Tunisie


TAHAAAAAAAAAAAAAA

Le Mont Everest aux pieds de la Tunisie

Points.tn — janvier 26, 2015

L’actualité et particulièrement, politique, prend aux tunisiens tout leur temps, encore plus pendant ces périodes de transition, et ne leur laisse pas beaucoup d’énergie, ni d’envie pour regarder ailleurs, regarder vers ceux qui contribuent à véhiculer une belle image de la Tunisie.

Le Mont Everest aux pieds de la Tunisie

Points.tn — janvier 26, 2015

L’actualité et particulièrement, politique, prend aux tunisiens tout leur temps, encore plus pendant ces périodes de transition, et ne leur laisse pas beaucoup d’énergie, ni d’envie pour regarder ailleurs, regarder vers ceux qui contribuent à véhiculer une belle image de la Tunisie.

L’athlète, l’artiste, les talents et les compétences véhiculent de nouvelles valeurs très appréciées. Ils représentent ce petit pays qui fait parler de lui, qui s’impose sur la place internationale, et qui a servi et continue de servir d’exemple à d’autres Nations beaucoup plus grandes et plus chargées d’Histoire. Pas la peine, cependant, d’attendre de leur part des records mondiaux. Aujourd’hui, malgré tout ce qui grouille dans notre cuisine interne, notre Nation continue de fasciner le monde par ses ambitions. Nos potentiels devraient avoir plus d’encouragements de notre part, citoyens, et gouvernement. Les mettre en valeur, les promouvoir afin qu’ils continuent à redorer notre blason. C’est du tout bénef!

Il faut absolument rompre avec le misérabilisme véhiculé par des médias européens qui présentent les musulmans, plus particulièrement de France, comme « victimes » ou « bourreaux », surtout par les temps qui courent.

L’artiste par son art, le philosophe par son esprit, le blogueur par sa plume et le sportif par ses exploits. À chacun son truc, à chacun sa contribution. C’est vrai que nous ne sommes pas très férus de sport, comparés à d’autres pays, à part le football bien entendu, et encore moins les sports extrêmes. Notre topographie ne nous permet pas de pratiquer des activités comme le snowboard, le ski de vitesse, ou l’alpinisme. Depuis peu, nous comptons parmi nos disciplines sportives une équipe de hockey sur glace. Pourtant, nous n’avons pas de glace en Tunisie, et alors? Prouvons au monde que nous sommes une culture d’ouverture, que les seules frontières qu’on a sont celles que les autres nous imposent. On a fait le tour ! S’ouvrir à d’autres choses, se diversifier, pourrait rebooster notre jeunesse, et qui sait, certaines âmes perdues pourraient ainsi, trouver chaussures à leur pied.

Le cas du jeune alpiniste qui a créé tout un projet au nom de sa patrie, la Tunisie est un exemple émouvant! Cet athlète de 26 ans est Tahar Manaï, qui quand il s’exprime sur le sujet, dit «On ». Je veux mon Everest ou l’Ascension d’une Nation, «est l’histoire d’un jeune, qui a la Tunisie au cœur et l’alpinisme dans les veines. C’est l’histoire d’un rêve vers l’Everest. C’est l’histoire d’une ascension, celle de toute une nation ».

Un long Exil involontaire

Tahar est le fils d’Ahmed Manaï, grand opposant à Ben Ali et ancien haut fonctionnaire international du temps de Bourguiba. Il fut même agressé physiquement en France par les agents du régime. Le militant, l’hyper nationaliste, pourchassé et opprimé, toute sa famille s’est trouvée obligée de migrer vers la France en de prendre le statut de réfugié politique. Tahar avait alors 4 ans. Ce n’est qu’en 2009 qu’il retourna pour la première fois en Tunisie. Il exerce aujourd’hui le noble métier de sapeur-pompier et il est passionné de montagne et d’alpinisme et se sent plus que jamais tunisien.

«J’ai grandi avec» On vit en France, on y travaille, on cultive, on fait notre vie ici, mais, ne pas oublier d’où l’on vient et qui l’on est. Je suis revenu pour la première fois en Tunisie en 2009. Les membres de ma famille dans ma ville natale étaient les premiers surpris du fait que je parle très bien l’Arabe. Je pense de mon côté que le cerveau a une capacité à emmagasiner un tas d’informations. En ce qui me concerne, j’ai beaucoup intériorisé et beaucoup écouté pendant toute mon enfance, étant donné que le contexte familial et le monde dans lequel gravitait mes parents faisaient qu’il y avait beaucoup d’échanges, et moi en tant qu’enfant j’avais quand même le droit d’être là, j’avais ma place entière. J’étais présent pendant les moments d’échanges qui se faisaient en Arabe et qui parlaient de la Tunisie. Je n’y participais pas activement mais j’étais là ».

Quand Tunisie Télécom raccroche son téléphone

En octobre 2014, Tahar Manai a rencontré l’ex-ministre des sports et de la jeunesse en France, Saber Bouatay, en fonction à l’époque, qui a trouvé le projet qu’il lui a présenté intéressant. Lors de cette entrevue, le ministre a souhaité mettre en place un soutien de l’État et pour que ça ne soit pas uniquement un projet qui draine des sponsors privés. Cette aide consistait en la reconnaissance du projet, l’aide à la réalisation, à faciliter certaines démarches (visas), «une reconnaissance du projet par l’État» a dit le ministre. Un départ officiel de l’aéroport international de Tunis Carthage avec la présence d’organismes officiels comme le ministre lui-même et le ministre du Tourisme, (à ce moment là il s’agissait d’Amal Karboul). «Je souhaite et je mets tout en œuvre pour que tout soit cohérent du début à la fin. Que le départ se fasse de la Tunisie, que j’utilise mon passeport Tunisien pour tous les voyages, que les sponsors soient des entreprises Tunisiennes. Je ne dois pas composer uniquement avec ce qui me rapporte, un jour je joue la carte Tunisienne et un autre la Frenchy. Non!»

Les frais pour une ascension sur le mont Everest varient. La version la plus « cheap» c’est 40 mille euros. L’an dernier, la moyenne était entre 100 et 120 mille euros pour une personne. Aller démarcher des sponsors c’est une bonne chose, surtout pour des projets comme celui-là, exorbitant et hors de prix pour la classe moyenne. En plus du ministère, Tahar s’est adressé à Tunisie Télécom pour un sponsoring. «Mettez votre logo au plus haut !» Ils se sont engagés (promesses verbales) et ont accepté de jouer le jeu. Mais suite aux nouveaux changements de responsables, la réponse se fait toujours attendre. À deux mois du projet, il n’a toujours pas reçu de soutien. Compréhensif quant à cette situation, il n’hésitera pas à les relancer. Aujourd’hui il utilise ses propres fonds et la générosité de ses proches. C’est un combat de tous les jours. « À mon avis, et non pour prêcher pour ma cause, un sponsor a tout à gagner en participant à un évènement comme celui-ci, car c’est un projet qui ne met en avant aucun parti politique » Nous dira Tahar naïvement. « L’Ascension d’une Nation », est un projet très patriotique et n’a aucune appartenance politique. « Maintenant que les élections sont passées, que la situation politique est plus claire, et même si nous sommes en pleine CAN, j’ose toujours espérer un retour ».

Malheureusement, c’est le genre de projet dont ne parle qu’après coup. Mais pourquoi tout cet acharnement pour la Patrie? À quoi bon cette ascension d’une nation? Ce n’est pas le premier homme à gravir l’Everest, même que nos cousins Marocains et Algériens l’ont déjà fait avant nous? À question sensible, réponse émotive. « C’est intime et c’est aussi une démarche personnelle. La Tunisie je ne l’ai pas connue. Je n’ai pas choisi cela, c’était forcé. J’avais des proches qui connaissaient la Tunisie mieux que moi, des amis européens qui me parlaient de mon pays. J’en avais de vagues souvenirs à travers mes échanges avec mes parents. Tout ça, a suscité en moi un sentiment de frustration, de déchirement. Je suis tunisien, et la Tunisie, j’y suis né et je ne la connaissais pas. Tout le monde me reconnaissait mais pas moi. Qui sont ces gens? Quel est le lien que j’ai avec eux ? C’est dur comme sentiment ».

Son domaine d’activité c’est le sport, il est sapeur-pompier professionnel, il est bon dans ce qu’il fait et il est convaincu que l’on a tous un domaine de compétence que l’on peut exploiter. «Pourquoi l’ascension d’une Nation ? Simplement parce que je voyais la Tunisie de Paris et j’étais impuissant par rapport à tout ce qui s’y passait. On a quand même vu des gens mourir, des manifestations très sanglantes, je n’étais pas présent » rétorque-t-il.

Mais pourquoi n’avoir pas pris un billet d’avion pour Tunis à ce moment-là? «Étant donné que j’ai grandi loin du pays, il était difficile pour moi de comprendre le sentiment qui animait mes compatriotes. Il ne faut pas se voiler la face, en France on vit dans un certain confort, j’ai fait des études, j’ai travaillé. Vu de Paris, c’était difficile de débarquer avec ses grands sabots et dire: Ok, moi aussi je veux participer, je veux être là! ». Un sentiment familier à toute la diaspora que traduit cette réponse franche et sincère.

Côtoyer la mort pour délivrer un message de Paix

«L’ascension d’une nation» est à double sens. Le pays est en train d’évoluer, il y a plein de Tunisiens qui ont un savoir-être et un savoir-faire et qui sont prêts à les mettre au service de leur pays. Tout cela dans un élan global. En alpinisme, «l’ascension» est la première expédition atteignant le sommet d’une montagne, le Mont Everest, le plus haut sommet du monde,( plus de 8840 mètres d’altitude). « Pourquoi nous Tunisiens, devrons nous êtres privés d’atteindre le sommet le plus haut du monde ? C’est vrai que c’est difficile, que ça demande beaucoup d’investissements, du temps, des sacrifices, avant, pendant et après. Ça laisse des séquelles physiques permanentes, et certainement psychologiques. Physiologiquement, l’être humain n’est pas fait pour aller là-bas. C’est dangereux, c’est côtoyer la mort. La limite pour qu’une population puisse vivre en montagne c’est 5500 mètres. Effectivement, nous n’avons pas cette culture de la montagne, Djebel Chaambi ne fait que 1544 mètres. Ce n’est pas parce que l’on ne voit pas ce qui est très haut ou très loin que ce n’est pas possible pour nous ».

Notre alpiniste reçoit aussi beaucoup de messages d’encouragement et beaucoup d’échanges avec ceux qui le suivent via les réseaux sociaux. C’est très important pour lui de discuter et surtout de remercier ces gens qui le soutiennent. «Ça prend le temps que ça prend, mais je me donne le temps de remercier chaque mot d’encouragement. Il y a une force considérable à puiser là-dedans. J’ai eu des échanges avec des gens qui m’ont certifié que les températures que j’ai rencontrées n’étaient pas possibles. Je leur explique que ça l’est, j’explique le comment et le pourquoi, comme pour l’Argentine, il y a eu des températures qui ont frôlé les -50°. C’est énorme, dit comme cela, mais il y a des phénomènes thermiques qui expliquent certaines possibilités, comme l’effet Windshield, qui veut dire «pare-brise» et qui «désigne la sensation de froid produite par le vent sur un organisme qui dégage de la chaleur, alors que la température réelle de l’air ambiant ne baisse pas ». «Les gens s’intéressent à cela et je prend le temps d’en discuter avec eux. C’est bien beau d’avoir 1000, 2000 likes sur une page. Mais si tu ne discutes pas avec eux ça ne vaut rien. Paix, amour et unité. Être soudé, savoir accepter les critiques et savoir apporter un complément d’informations à des gens qui en demandent». Même dans l’épreuve la plus solitaire, notre athlète n’est jamais vraiment seul. «Les gens sont avec moi quand je marche ou quand je grimpe. J’arrive par certains moments à me connecter à internet via satellite, et je fais des captures d’écran des mots et messages d’encouragement pour les garder avec moi».

Comment est-t-il tombé dans la soupe ?

C’est en colonie de vacances pour faire un chemin de grande randonnée, GR, que Tahar a découvert le Mont Blanc. Âgé alors de 13 ans, il tomba amoureux de la montagne et des grands espaces. Ce sentiment d’avoir quelque chose de plus fort que soi. Quand la montagne décide que ça ne passera pas, ça ne passe pas. Elle est plus forte que nous et chaque année, malheureusement, beaucoup d’alpinistes en payent le prix fort et ce, de façon assez dramatique. On ne se rend pas compte à quel point la montagne peut-être dangereuse. Mais, « la peur n’évite pas le danger. Le reconnaître, c’est se dire que là, je vais au-delà de mes limites. Une fois à Paris, cette aventure m’a permis de toucher à d’autres disciplines comme l’escalade et d’autres domaines liés à la montagne ». À 18 ans il passe son brevet fédéral d’initiateur en escalade. En 2009, il participe au GR20 de Corse, avec l’idée de se dépasser et de repousser ses limites, un treak de 10 jours fait en seulement 7 jours. En 2010 l’ascension du Mont Blanc. Il avoisina alors presque 5000 mètres.

Si ce n’est pas la montagne c’est la mer ou les espaces verts, «nos terres sont riches d’enseignements historiques ». Nous dit-il. «… Il faut voir la Tunisie dans l’ensemble de ses paysages, il n’y a pas que le littoral. Les régions montagneuses et leurs populations peuvent parfois être marginalisées dans notre économie très touristique, mais il faut songer aussi aux alternatives «vertes» qui peuvent s’offrir à notre pays. Confiera-t-il à Huffington Post magazine.

Une aventure collective

«Il y a beaucoup de randonneurs qui m’ont contacté. On a toujours à apprendre des autres, ce n’est pas parce que je fais de la haute montagne que je n’ai pas à apprendre de la moyenne montagne. Ce sont deux comportements totalement différents. D’autant plus, qu’il faut arrêter de prendre l’autre comme adversaire! On n’est pas en compétition, au contraire. Il faut user et utiliser la bienveillance des gens. Il y a des personnes qui m’ont contacté en me disant s’ils peuvent faire quelque chose pour m’aider! J’ai trouvé cela juste génial ! Je les ai remerciés, je leur ai dit que j’allais bientôt les solliciter et leur demander de prendre une part active dans le projet. C’est bien beau de dire vous êtes avec moi, vous êtes dans mon cœur, mais comment mettre en valeur ces gens là et les mettre en avant si ce n’est en leur permettant d’y participer. Si je pouvais, je m’effacerais de ce projet et je mettrais en avant tous ces gens qui me soutiennent. Parler au nom de tout le monde peut être à double tranchant. Il n’est pas question d’être représentatif de tout le monde. Ce genre de projet, permet de dépasser toutes les différences sociales ou autres ».

Sapeur pompier de son état

« Je fais partie de ces gamins qui, dès qu’il voyait un camion de pompiers s’exclamait : c’est ça ce que je veux faire! À 13 ans j’ai rejoint les jeunes sapeurs-pompiers, le mercredi après-midi. À 16 ans sapeur-pompier volontaire et à 19 ans je suis devenu pompier professionnel, depuis 2009. Sacrée année! ».

« J’aime ce que je fais, et je le fais avec passion. Les expériences de la vie, les gens que l’on est amené à rencontrer, qu’ils soient bons ou mauvais, tout cela te fait avancer dans la vie. Chuter, mettre un genou à terre, ce n’est pas dramatique, ça arrive à tout le monde. Il faut savoir se relever et s’appuyer sur les bonnes personnes. Dans ma profession, mon cercle d’amis est très important, c’est un milieu qui vit en auto suffisance et malheureusement en a tendance à vivre en vase clos. On a forcément du mal à s’ouvrir aux autres. Quand on nous appelle, ce n’est pas pour une bonne nouvelle. Une confrontation quotidienne aux accidents et à la dureté de la vie. On travaille ensemble, on côtoie les difficultés de la vie que le citoyen n’est pas amené à voir au quotidien et on a une relation et une approche de la mort qui est très particulière. C’est difficile de comprendre tout ce que l’on vit ».

« Le monde de la montagne est un monde qui te rapproche des autres, car tu es toujours amené à rencontrer du monde en altitude. Qu’ils aient besoin de ton aide ou que tu aies besoin de la leur. On n’est jamais vraiment seul en Montagne ». Totalement en harmonie avec Dame Nature, Tahar se soucie et sensibilise à l’Environnement mais aussi à la santé physique, à la mal bouffe et notamment la nôtre qui est très riche en tout. «Le diabète, le cholestérol et la cigarette sont des fléaux en Tunisie. C’est triste de voir des jeunes enfants et des gens touchés par ce manque d’hygiène alimentaire. À travers le sport, on peut faire passer de nombreux messages comme celui de conserver un corps sain ».

Sport extrême à haut risque

Il parle de dépassement de soi, de sensation forte. «Il faut être conscient que dans les sports extrêmes, le risque est présent. Je côtoie beaucoup de sportifs de ce genre dans diverses disciplines, et j’ai l’impression que c’est très européen. Chatouiller cette petite limite où tu peux basculer et ne jamais revenir. C’est très occidental comme comportement ». Mais non, mais non Tahar, l’extrême ça nous connaît! Aurais-tu oublié nos jeunes concitoyens qui jouent avec leurs vies en improvisant des plongeoirs du haut du TGM au niveau du pont de la station Khair-Eddine?

«En Tunisie c’est la sensation extrême à moindre coût. Les sports extrêmes sont très couteux. Exemple pour la plongée sous-marine qui est pratiquée en Tunisie. Pour s’investir un minimum dans cette activité, il faut un équipement, louer un bateau, il faut passer par un club».

Le sport extrême est un milieu où tout le monde se connaît, c’est un réseau difficile à approcher. Il arrive à Tahar de croiser, au sommet d’une montagne, d’autres alpinistes. Ils se connaissent tous et ils trouvent que c’est formidable que la montagne puisse être une source d’inspiration pour les Tunisiens. Et encore une fois, c’est tout bénef pour la Tunisie d’avoir un athlète de haut niveau, qui se soucie et qui s’investit, corps et âme pour son pays. Un militantisme dépourvu de tout caractère politique, chose dont Tahar tient très particulièrement.

«Il faut avoir une confiance aveugle en l’encadreur et en son travail de coaching. Un grand hommage à Vincent Luneau, champion d’Ironman, qui est une course multidisciplinaire consistant à enchaîner natation, cyclisme puis le marathon. Mon coach est un type formidable, doté d’une abnégation et d’une générosité hors du commun. C’est impossible de se coacher soi-même, on n’est pas objectif. Il est là pour moi, psychologiquement comme physiquement».

Une longue et dure préparation que notre athlète s’impose depuis quelques mois. La montagne est dangereuse, on peut facilement y perdre sa vie et surtout si les bons réflexes manquent. C’est difficile d’anticiper certaines choses mais il le faut. C’est pourquoi Tahar s’entraîne énormément en plus de ses passions qui rejoignent les sports et sans oublier son métier. Tout récemment, il était en formation dans un institut de recherche qui s’appelle IFREMMONT, géré par des médecins et qui a pour but de sensibiliser et préparer les alpinistes aux pathologies spécifiques de la montagne comme l’œdème pulmonaire, l’œdème cérébrale, la gelure. Par exemple, le traitement d’un œdème en montagne n’est pas réalisé de la même façon qu’un œdème en mer. Cette formation ne fait pas partie de celle des pompiers. Tahar considère qu’avoir les bons réflexes en haute montagne est un devoir pour pouvoir venir en aide en cas de problèmes, chose qui arrive très fréquemment. La vie en dépend, il ne faut pas laisser les choses au hasard et pouvoir se donner la chance de survivre aux imprévus qui peuvent être fatals.

Un défi sportif fédérateur !

Pourquoi fédérateur ? « Parce qu’à travers le sport il y a aussi ce sentiment d’unité. C’est dans la difficulté que l’on se rend compte en la réalité de la vraie personnalité des gens. Quand tu es à 6000 mètres je peux t’assurer que ton cerveau ne fonctionne plus de la même façon. Tu peux demander à une personne, même si on sait qu’elle nous aime beaucoup, de nous aider à lacer nos chaussures et à 5000 mètres elle peut t’envoyer balader. Physiologiquement le cerveau est en manque d’oxygène, c’est l’hypoxie, et du coup, toutes nos fonctions sont altérées. À peu près à 6900 mètres, il ne reste plus que 40% d’oxygène dans le cerveau. Un effort demandé en haute altitude n’a rien à voir avec un effort à 2000 mètres. On a sur nous du matériel qui est assez lourd. C’est un endroit où on n’a pas à y être, alors le corps réagit étrangement. J’ai perdu 6 kilos en trois semaines quand j’étais en Argentine, pendant l’ascension de l’Aconcagua. En montagne c’est quatre litres d’eau par jour sinon, c’est le mal de tête qui te couche, que l’on appelle le mal aigu des montagnes, des nausées et des conséquences monstrueuses. 2% de déshydratation en plus en montagne c’est 20% de capacités physiques en moins. Manger devient compliqué, allumer du feu c’est aussi compliqué ».

Le mont Everest sera sa troisième ascension après le Mont Blanc (4810 m) en un premier temps, puis l’Aconcagua (6962 m) et enfin, l’Everest, Tibet (8848 m).

Tahar compte bien mettre à profit son savoir pour aide de la Tunisie.

Par N.GOUJA

http://www.points.tn/2015/01/le-mont-everest-aux-pieds-de-la-tunisie/

Pour suivre le parcours et les étapes c’est ici

http://www.jeveuxmoneverest.com

Pour plus d’instantané, suivre l’ascension d’une nation

https://www.facebook.com/ascensiondunenation

2 commentaires sur “N.GOUJA: Le Mont Everest aux pieds de la Tunisie

  1. Je trouve votre billet très instructif, perso le foot est mon sport préféré

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