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Ahmed Manai: J’ai une voix, mais Merzouki ne l’aura pas


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J’ai une voix, mais Merzouki ne l’aura pas

 

 

Je connais Moncef Merzouki depuis 1981. En 1994, j’ai soutenu sa candidature symbolique à l’élection présidentielle, et j’ai continué à le présenter, comme le candidat de l’opposition à l’élection présidentielle, à mes amis et à mes connaissances, aussi bien, dans les cercles privés que dans les espaces publics et ce, jusqu’en 2003.

Déclaration

J’ai une voix, mais Merzouki ne l’aura pas

Je connais Moncef Merzouki depuis 1981. En 1994, j’ai soutenu sa candidature symbolique à l’élection présidentielle, et j’ai continué à le présenter, comme le candidat de l’opposition à l’élection présidentielle, à mes amis et à mes connaissances, aussi bien, dans les cercles privés que dans les espaces publics et ce, jusqu’en 2003.

J’ai lu pratiquement, tout ce qu’il a écrit, articles, livres, interviews, conférences; et j’ai regardé toutes les émissions télévisées auxquelles il a participé depuis une dizaine d’années. J’ai discuté à son propos avec nombre de ses amis, aussi bien, ceux qui lui sont demeurés fidèles que ceux qui l’ont quitté, d’une part, et d’autre part, avec ses détracteurs. Ces informations diverses et issues de sources souvent antagonistes, donc, à charge et à décharge, m’ont permis de me constituer une opinion précise, documentée et objective, sur le caractère, la stature, les positions politiques, les engagements, et la psychologie du personnage, et ce, dans toutes ses composantes, aussi bien, sur ce qu’il a de permanent comme ses constantes, positives ou négatives, que sur ses errements, ses volte-face, ses humeurs changeantes au gré des opportunités politiques ou sociales et ses caprices, que son esprit arrogant, ses entêtements, son obstination et sa nature portée à l’esprit de contradiction.

Tout ce foisonnement de données objectives, m’a conduit à ne pas voter pour son parti lors des élections législatives de 2011 et 2014, et bien entendu, je me suis interdit de voter pour lui au premier tour de l’élection présidentielle du 23 novembre 2014; ses réactions paranoïaques suite aux résultats proclamés, m’ont confirmé dans mes opinions, et j’ai donc décidé de ne point voter pour lui, au deuxième tour du 21 décembre2014.

Ma décision n’a rien à voir avec des considérations personnelles, sentimentales et subjectives. Il est vrai que je ne l’aime pas, mais je ne le déteste toutefois pas non plus, m’étant interdit d’entretenir ce sentiment ou cette animosité, envers quiconque, et à fortiori, envers un candidat participant à un scrutin national qui engage l’avenir de ma patrie, la Tunisie! Toutefois, Merzouki m’inspire tout au plus de la pitié.

Ma position vis-à-vis de Merzouki est une position politique, construite et élaborée sur des données objectives et rationnelles, fondées sur le bilan de ses trois années d’exercice de pouvoir, dans les limites des prérogatives que lui a accordées «la petite constitution» et rien de plus. Tout dans sa gestion et ses gesticulations me portent à dire tout simplement: Quel gâchis!

Pour étayer mes positions, faisons un rapide tour d’horizon sur ses actions, comme «président par intérim» de la Tunisie.

1,- Commençons par son dossier « droits de l’homme ».

Merzouki ne rate aucune occasion pour affirmer son attachement indéfectible aux droits de l’homme, or, le droit à la vie en est, en principe, le premier. Hélas, il a tout piétiné et agi en contradiction avec ses affirmations le jour-même, où il a participé indélicatement, candidement et joyeusement à une manifestation indigne, pour fêter l’assassinat de feu Mouammar Khadafi, à l’instar de tous les criminels qui ont commandité ce crime odieux, comme de ceux qui l’ont exécuté et de ceux qui l’ont cautionné ; en effet, tous ceux qui ont participé de près ou de loin, à ce crime, abominable, sont condamnables selon le droit international.

L’ancien militant, Moncef Merzouki qui a toujours réclamé l’inscription du droit d’asile dans la Constitution tunisienne a échoué sa première épreuve, dans sa matière préférée lorsqu’il participa à l’extradition de Baghdadi Mahmoudi, en méprisant et en ignorant la lettre de doléances que ce dernier lui a adressée ainsi que tous les appels des organisations nationales et internationales pour empêcher que ce crime ne se produise. Ce faisant, il a enfreint une vieille tradition tunisienne d’accueil des réfugiés. Faut-il rappeler que la Tunisie a offert l’asile aux Algériens qui fuyaient la colonisation française, en 1830, et ce, tant qu’elle était demeurée indépendante, tout comme elle a aidé la Révolution algérienne, de 1954 à 1962, et accueilli sur son sol, plus d’un million de réfugiés algériens, entre 1954 et 1962, tout comme elle a accueilli le gouvernement provisoire de l’OLP, ce qui lui a valu dans les deux cas, la réaction militaire et une atteinte à son intégrité territoriale, tant de la part des Français, que des Israéliens ! Dès l’indépendance, la Tunisie a accueilli le premier ministre irakien Mohamed Fadhel Jemmali, à la fin des années 1950, et lui a accordé par la suite, la nationalité tunisienne, ainsi qu’au dirigeant « Frère musulman » égyptien Youssef Nada, au Colonel algérien Tahar Zbiri, dans les années 1960, puis au Colonel Libyen Omar Elmhichi au début des années 1970, et à l’ancien premier ministre italien Bettino Gracci en 1994. Ce dernier a vécu sur le sol tunisien jusqu’en 2000, et il s’y est fait enterrer.

Quand ces principes fondamentaux et intangibles des droits de l’homme, sont violés, aussi cavalièrement, nous sommes légitimement en droit de nous poser la question, pour savoir de quels « droits de l’homme » et de « quelles valeurs » parle Merzouki ?

2,- Venons-en maintenant à son dossier de politique étrangère, volet essentiel de ses prérogatives présidentielles.

Merzouki s’est évertué à se mettre à dos tous nos voisins proches et lointains, portant atteinte à nos relations traditionnelles et fraternelles avec l’Algérie et l’Égypte, d’une part, et d’autre part, en prenant la décision folle, inopportune, insensée et peu diplomatique, de rompre les relations diplomatiques avec la Syrie, qui n’a aucun contentieux avec la Tunisie, tout cela pour faire plaisir à des chouyoukhs qataris, avec lesquels nous n’avons aucune affinité, d’une part, et qui se distinguent par la négation des droits de l’homme, d’autre part. Il s’est acharné sur ce pays meurtri allant jusqu’à voter son exclusion de la Ligue arabe et de l’organisation du Congrès islamique, à tel point que pour satisfaire son égo, et comme si la Tunisie, était devenue subitement son « joujou », il a reçu les pires ennemis du peuple syrien à Tunis. Emporté par ses instincts belliqueux, et son désir de se mettre en avant devant ses « nouveaux amis » du Golfe et ses censeurs impérialistes et néocolonialistes, il a même proposé l’envoi d’un contingent de l’armée tunisienne pour participer à l’agression de la Syrie, un pays frère et ami !…Mais le plus grave a été son laisser-faire sinon, son implication dans l’envoi de milliers de terroristes tunisiens en Syrie, en Irak et ailleurs, oubliant qu’à leur retour au pays, de l’école du terrorisme, ces mercenaires égarés importeront les méthodes qui leur auront été enseignées, pour éliminer par la force aveugle, leurs propres concitoyens, pour imposer leurs idées à la société tunisienne, et façonner brutalement le pays selon leur idéologie importée. Cette nonchalance et cet égarement politique, ainsi que l’impéritie dans la gestion du dossier, qui a permis à des recruteurs étrangers de venir en Tunisie, pour laver les cerveaux des jeunes Tunisiens, et y recruter des « volontaires pour le Jihad », a fait de la Tunisie le premier pays pourvoyeur de terroristes dans le monde ! Le comble pour ce pays que les Maghrébins décrivent comme le plus pacifique d’entre eux!.

Je ne peux dresser une liste exhaustive de mes griefs contre Merzouki tant elle est longue mais je ne peux oublier sa tentative de diviser le pays, le jour où, de retour d’une visite en Allemagne, il a déclaré vouloir instituer le fédéralisme (système fait pour réunir des morceaux disparates) en Tunisie, pays uni par la nature et par sa longue histoire, ni sa forfaiture et celle de ses supporters et ce, en montant les Tunisiens contre d’autres Tunisiens et en alimentant la haine entre les régions. Cette déclaration est on ne peut plus symptomatique de l’immaturité politique et de la soumission à ses humeurs les plus singulières et irréfléchies, de la part de Merzouki, quand on sait combien les mots assassins et porteurs de non-dits quelques fois explosifs, peuvent conduire à la guerre civile et ouvrir la voie à des questionnements sur la cohésion nationale et sur les valeurs nationales,
N’est-ce pas là une quasi adhésion implicite au projet scélérat et impérialiste américain de Bush pour le « Grand Moyen Orient » apparu en 1979 sous la plume de Bernard Lewis, un sioniste militant, pour affaiblir et diviser la nation arabe en petits états, quand au contraire, les pays développés, œuvrent au contraire à unir des nations, comme l’Europe ? Cette attitude démontre on ne peut plus clairement l’aliénation culturelle du militant Merzouki, devenu par la grâce des séminaires organisés par ceux qui l’ont préparé à les servir une fois au pouvoir, en Tunisie, démontre que la sa soif maladive du pouvoir de notre faux ex réfugié en France, est telle qu’elle lui cache les enjeux stratégiques du démembrement des pays arabes, et de la Tunisie, dans notre cas, à supposer qu’il ait énoncé son vœu pour la fédération, en toute naïveté et sans arrière-pensées du fait simplement, de son inculture politique.

Aussi, est-ce, pour ces raisons et d’autres encore, que je ne peux lui donner ma voix

J’ai une voix et je vais la donner à Essebsi
Je suis toujours convaincu de la nécessité que les anciens hommes politiques qui ont fondé l’État national, servi la Tunisie dans l’après-indépendance et largement participé au pouvoir, se retirent de la scène publique pour éviter que l’on ne retombe pas dans la crise des années 1980, et pour empêcher la confiscation du droit, de la génération de nos enfants, de servir le pays. J’ai exprimé cette position au cours de ces derniers mois, quand tous les yeux s’étaient tournés vers des hommes de cette génération lors de la quête d’un chef de gouvernement de consensus. J’avais alerté alors, que ce choix risquait de susciter la réaction négative des jeunes, et que cela les détournerait des affaires publiques, ce qui s’est hélas, réellement passé au niveau de leur participation aux élections.

Cependant, je dois reconnaître que la scène politique actuelle a imposé une nouvelle réalité que je suis en devoir de prendre en considération avec objectivité. Les dernières élections législatives ont hissé le parti Nida Tounes au premier rang des forces politiques avec le plus grand bloc parlementaire, ce qui contribuerait sûrement à la réalisation de la stabilité politique. Le premier tour de l’élection présidentielle a donné à Béji Caïd Essebsi le plus grand nombre de voix, traduisant ainsi, la volonté de la majorité des Tunisiens pour la réhabilitation de l’État national, gravement malmené par la troïka, et pour raffermir la souveraineté nationale.
Je vote pour Béji Caïd Essebsi, comme le Président de la République qui a été élevé au sein de ces valeurs nationales que je partage avec lui, et qui unissent et galvanisent les Tunisiens. Je suis convaincu que sa longue expérience au service de l’État le qualifie pour assumer la haute charge de sa reconstruction; elle lui donne le recul nécessaire pour lui permettre d’assumer la représentation de tous les Tunisiens. Sa fidélité à l’esprit nationaliste et patriotique des premiers fondateurs de notre État, ainsi que son respect de ses concitoyens et des valeurs intrinsèques, aussi bien spirituelles que sociales ou politiques autour desquelles se sont toujours rassemblés les Tunisiens, permettront aux citoyens qui le porteront au pouvoir par leurs voix, de manifester leur attachement à la paix, la quiétude, le développement, la santé aussi bien sociale, culturelle, que matérielle, et à l’éducation. Je vote Béji Caïd Essebsi et je reste vigilant.
Ahmed Manai
Sousse le 18 Décembre 2014

4 commentaires sur “Ahmed Manai: J’ai une voix, mais Merzouki ne l’aura pas

  1. Une déclaration objective, simple, courte, mais qui pose le problème de l’attachement du peuple tunisien à ses valeurs millénaires, à la stabilité, et surtout, à des hommes de paix, d’expérience, formés dans le feu de l’action militante, pour rassembler et non disperser les Tunisiens.
    En ma qualité d’Algérien maghrébin, soucieux de voir la Tunisie, qui s’est dépensée sans compter, lorsque mon pays en avait le plus besoin, pour mener sa guerre de libération nationale, entre 1954 et 1962, allant même jusqu’à être bombardée, à Sakiet Sidi Youcef, en 1958, par les généraux colonialistes français, du fait qu’elle abritait les bases de l’armée de libération nationale, je ne saurai être ingrat, en ne souhaitant pas à ma deuxième patrie du cœur, celle du pôle spirituel Djama’a Zitouna, la réussite dans son expérience démocratique.
    La Tunisie, se doit d’être le phare culturel régional, et elle en a les moyens intellectuels, comme le furent d’antan, Carthage, le pays d’Hannibal, puis Kairouan, ou encore, la participation de sa jeunesse éclairée, à l’éveil nord africain, dès les années 1926, dans les organisations estudiantines nord africaines, comme l’AEMNA, (Association des étudiants musulmans nord africains) formée à Paris entre les étudiants, algériens, marocains et tunisiens, et la fondation des partis politiques ntionalistes, de chacun de ces pays, qui allaient lancer ensemble et concomitamment, l’idée du combat permanent, pour l’indépendance.
    La victoire de la Tunisie, est celle du Maghreb, de la nation arabe et amazighe, mais elle est aussi, celle de l’Islam du progrès, de la tolérance et enfin de la morale.

  2. L’intervention de A.Manaï , faite de pertinences et d’une profonde connaissance du candidat MMM , nous en révèle de multiples facettes méconnues du public .
    Un travail éminemment objectif mais néanmoins tardif .
    En publiant cet écrit si édifiant sur le néfaste personnage , l’auteur qi voulait manifestement faire oeuvre d’utilité publiqe , pense-t-il vraiment avoir atteint ce but ?
    Ne se devait-il pas d’expliqer pourqoi ne l’a-t-il pas fait plus tôt ?
    Enfin , il serait intéressant de savoir si A.Manaï aurait adopté la même attitude objectivement acerbe vis à vis d’un candidat explicite d’Ennahdha .

    @ Si Abdelmajid AïT SAADI ;
    Par vos propos très aimables à l’égard de la Tunisie , vous avez intégré la catégorie des algéro-maghrébins authentiqes méritant d’office l’estime des tunisiens ; en tout cas celle , réellement sincère , de vôtre serviteur , un tunisien qi a longtemps travaillé en Algérie (démocratiqe et populaire) et qi en garde une grosse « nostalgérie »…
    Cordialement.

    • Merci M. Hatem ASH.d’avoir honoré notre blog. Je ne sais si mon témoignage a atteint son but ou pas, franchement ce n’est pas le plus important. Pour moi il fallait que je le fasse, c’est tout. Est-ce qu’il est tardif? peut-être? Quoique j’ai écrit de nombreux articles concernant Merzouki relayés par des journaux tunisiens tel que Attounissia. Je vous fais remarquer que d’une façon générale je suis boycotté par les médias tunisiens et notamment les chaines de télévision. Votre question  » il serait intéressant de savoir si A.Manaï aurait adopté la même attitude objectivement acerbe vis à vis d’un candidat explicite d’Ennahdha » m’étonne beaucoup! J’ai souvent appelé Rached Ghannouchi à se présenter à l’élection présidentielle ou à présenter un candidat de son parti. S’il l’avait fait et si le candidat était de ceux que je connaissais, vous aurez lu sûrement quelque chose à son propos. Merci

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