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Mohamed Bouanane: Le salut de la Tunisie est dans le développement du savoir et de l’intelligence.


boua
Le salut de la Tunisie est dans le développement du savoir et de l’intelligence.

Par Mohamed Bouanane*

Paris le 15 -02- 2014
Il y a quelques semaines, avant l’adoption du Doustour et lors du vote de l’article 38, je me posais la question sur la place que la Tunisie souhaite donner à l’enseignement des technologies et des sciences, ainsi que l’investissement dans l’innovation et la recherche scientifique.

Le salut de la Tunisie est dans le développement du savoir et de l’intelligence.

Par Mohamed Bouanane*

Paris le 15 -02- 2014
Il y a quelques semaines, avant l’adoption du Doustour et lors du vote de l’article 38, je me posais la question sur la place que la Tunisie souhaite donner à l’enseignement des technologies et des sciences, ainsi que l’investissement dans l’innovation et la recherche scientifique.
En effet, la Tunisie – malgré beaucoup d’atouts (jeunesse, bonne instruction, dynamisme, position géostratégique…) – n’est classée que 43e parmi 116 pays dans l’index mondial de l’économie du savoir IKE[1] 2010 (La Tunisie a été déclassée en 2013 par plusieurs organismes internationaux d’où l’absence de données sur plusieurs indicateurs). Une position assez moyenne même si la Tunisie était en 2010 mieux classée que tous les pays arabes sauf Oman, Bahreïn, Qatar et Émirats arabes unis. Elle était talonnée par la Jordanie 44e et l’Arabie Saoudite 47e. Cette modeste et fragile performance s’explique par les énormes faiblesses dans les domaines suivants (classement mondial en 2010) :
1. En termes fondamentaux : coût des services de télécoms (65e), nombre de procédures / temps pour appliquer un contrat (80e / 69e), liberté économique (95e).

2. En termes d’efficacité : ICT readiness (85e), pour laquelle le score était très faible à cause de l’absence d’emplois dans les secteurs basés essentiellement sur le savoir et l’intelligence.

3. En termes d’efficience : efficience du marché du travail (98e), utilisation des TIC (40e), équité entre Homme et Femme (109e).

4. En termes d’innovation : sophistication du marché financier (87e), environnement des affaires (54e), recherche et développement (40e avec un très faible score), innovation (39e avec un faible score).
L’objectif premier, à travers ce rapide macro-diagnostic, est de sensibiliser les décideurs sur le retard accumulé par la Tunisie, sur des plans vitaux et sensibles, et qui pèse lourdement sur son développement durable, sa prospérité, sa sécurité et son stabilité, et donc sa souveraineté dans un monde de plus en plus globalisé.
Les tendances actuelles constatées ici et là, tout en étant importantes à observer, ne constituent pas un destin universel pour tous les pays. Par conséquent, il n’est pas question de ressembler à un autre pays, quelque soit ce pays, ni de copier une politique existante, même une bonne politique, car il n’y a pas de destinée unique pour tous les pays.
Il s’agit plutôt d’inciter à construire une stratégie unifiée et convergente qui prend en compte les forces et les faiblesses du pays et cherche à exploiter les effets synergiques combinatoires d’un grand nombre de secteurs qui coopèrent ensemble en harmonie pour créer les conditions de décollage d’une croissance durable, la formation d’une prospérité équitable et à forte valeur ajoutée, et réaliser ainsi le bien-être pour tous ses citoyens. Bien que loin d’être une destination universelle; la Corée du Sud représente l’apogée de l’approche holistique et globale, elle serait pour la Tunisie, l’objectif ultime à imiter – mais à ne pas copier – et pourquoi pas à dépasser.
Malheureusement, depuis 2010, la position de la Tunisie a stagné voire empiré dans certains secteurs et domaines. J’estime que le pays est capable de remédier assez rapidement à ces insuffisances et relever le défi de la globalisation de l’économie numérique en particulier et de l’économie du savoir en général, si et seulement si une stratégie globale et une planification convergente sont mise en œuvre – le plus tôt possible – pour réformer l’ensemble des politiques dans (au moins) les domaines indiqués ci-dessus et améliorer les performances dans les autres secteurs (éducation, santé, enseignement supérieur, formation professionnelle, infrastructures, culture…).
Une première étape sur le bon chemin serait de formaliser les fondations d’un modèle de développement à la fois réaliste et ambitieux pour les 20 prochaines années, et de dessiner une stratégie unifiée et un plan d’actions convergent[2]. Une piste opérationnelle pour réfléchir et concevoir ce fameux modèle tunisien est de fonder l’Institut National de l’Économie du Savoir INES. Il ne faut pas que ce soit un énième organe sans mission ni vision, il doit donc intégrer – fusionner avec – toutes les agences existantes et sensées travailler sur ces sujets. Il faut aussi dissoudre l’ITES, un organe de propagande et de création d’emplois fictifs sous la présidence de la république, dont le rôle est de dilapider les deniers publics pour servir des intérêts partisans.
Le salut de la Tunisie passe certainement par le développement du savoir et de l’intelligence. Pour réussir, il faut impérativement de la volonté, une vision ambitieuse et des objectifs réalistes et atteignables, la participation et la persévérance de la majorité des citoyens.
Sans plus attendre, en avant toute !
[1] Un indice et un modèle pour mesurer le degré de maturité des pays dans l’économie du savoir. L’approche adoptée agrège un grand nombre d’indicateurs connus et reflétant divers facteurs clés de la société et de l’économie et régulièrement publiés par différents organismes internationaux. I’IKE comprend 21 indicateurs groupant 168 variables qualitatives et quantitatives. L’architecture de l’indice IKE et les résultats de classement mondial peuvent être consultés sur le lien : http://www.slideshare.net/medbouanane3/ike-index-of-knowledge-economy-and-maturity-model
[2] Bien qu’il n’y a aucune corrélation scientifique entre la taille d’un pays et le degré de maturité de son économie du savoir, l’indice IKE montre qu’en 2013, 8 pays parmi le Top-10 et 13 pays parmi le Top-20 ont une population de moins de 10 millions. Cela démontre, tout de même, l’intérêt des stratégies unifiées et convergentes et la facilité de leur mise en oeuvre – grâce aux décideurs ambitieux – dans les petits pays.

*Directeur Conseil en management.
Leader et spécialiste dans la conception des stratégies unifiées !

Ayant plus de 20 ans d’expérience en Europe et au Moyen-Orient, avec une expertise dans le domaine du conseil en management des affaires stratégiques ainsi qu’une solide connaissance et un savoir faire dans le secteur de la société de l’information et de l’économie numérique (services et ingénierie, opérateur télécoms, autorité de régulation, politiques publiques sectorielles). Il a récemment dirigé des projets stratégiques pour le lancement d’opérations télécoms (nouvelle création, transformation), la reforme du cadre réglementaire pour le secteur TIC, la structuration et la privatisation de business unit, la définition d’une stratégie de transformation envers la société et l’économie du savoir… au Moyen-Orient.

MBouanane
12.00

Lire du même auteur sur tunisitri :

https://tunisitri.wordpress.com/2011/07/25/mohamed-bouanane-une-constitution-pour-la-tunisie/

Un commentaire sur “Mohamed Bouanane: Le salut de la Tunisie est dans le développement du savoir et de l’intelligence.

  1. C’est encore une fois une joie de vous lire, j’attends les suivants avec impatience !

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