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Dehbi Abdelkader: Yennayer, entre la sage tradition populaire et l’imposture des pontifex incultes


abdelYennayer, entre la sage tradition populaire et l’imposture des pontifex incultes
Dimanche, 5 Janvier 2014
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Tribune Libre – Dehbi Abdelkader

Afin d’éviter toute confusion et parler de la même chose, il faut préciser d’entrée de jeu que le terme de Yennayer dont il est question ici, c’est le Jour du 1er Janvier dans l’ancien Calendrier Julien et qui correspondra cette année au mardi 14 Janvier 2014 Grégorien.

Yennayer, entre la sage tradition populaire et l’imposture des pontifex incultes

Dimanche, 5 Janvier 2014
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Tribune Libre – Dehbi Abdelkader

Afin d’éviter toute confusion et parler de la même chose, il faut préciser d’entrée de jeu que le terme de Yennayer dont il est question ici, c’est le Jour du 1er Janvier dans l’ancien Calendrier Julien et qui correspondra cette année au mardi 14 Janvier 2014 Grégorien. Yennayer est une fête populaire, familiale, à connotation agraire, traditionnellement concélébrée à travers le Grand Maghreb, généralement la veille du 1er Janvier Julien, à savoir, pour cette année 2014, le lundi 13 Janvier au soir.
Rappelons que le terme « Yennayer » est dérivé du nom latin originel du mois de Janvier, qui s’écrit : Iānŭārĭus et dont la transcription arabe « يناير » ou anglaise « January » est assurément plus respectueuse, phonétiquement et graphiquement, du terme latin, que ne le fait la langue française ; une langue française connue pour sa propension à déformer et à altérer les langues – surtout l’arabe – souvent par déni de l’autre ou par intention péjorative, comme pour le nom sacré de Mohammad, le prophète de l’Islam – Le Salut soit sur Lui – que cette langue française persiste depuis des siècles, malgré les protestations des musulmans, à désigner sous le terme déformé de « Mahomet ». Il en est de même pour quelques noms illustres du patrimoine intellectuel et scientifique du monde arabo musulman, comme « Avicenne » pour Ibn Sina, ou Averroès pour Ibn Rochd. Comme pour leur dénier le droit d’être des arabes, des musulmans. Mais c’est là un autre débat…
Et revenons-en à Yennayer :
Le terme Yennayer a toujours été utilisé à la fois par la langue arabe et par la langue amazighe, pour désigner le mois de Janvier par lequel débutait l’année solaire-agraire, après la réforme introduite avec le Calendrier Julien. Yennayer n’est donc en réalité, qu’une simple survivance de l’ancien Calendrier solaire de 365 jours, en usage depuis la nuit des temps, chez tous les peuples du Proche et Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord – Babyloniens, Mésopotamiens, phéniciens, Philistins, Egyptiens… etc., et Maghrébins. Et bien entendu chez les Grecs et les Romains. Un calendrier solaire-agraire qui s’est calé tout naturellement sur la correction apportée par le Calendrier Julien et entrée en vigueur en l’An 45 av. J-C, ajoutant 1 jour tous les 4 ans, par l’introduction de l’année dite bissextile qui compte 366 jours au lieu de 365. Yennayer était donc célébré le 31 Décembre de l’année julienne au soir, à la veille de la nouvelle année solaire, débutant le 1er Janvier (ou 1er Yennayer).
Or, depuis l’avènement des années 2000, par suite d’une erreur grossière due à leur ignorance du comput calendaire, certains charlatans doublés d’aventuriers politiques, se réclamant de telle ou telle association berbériste, n’ont pas hésité à endosser l’habit de « pontifex » des temps modernes, en avançant arbitrairement d’un jour, la date du 1er Yennayer ou 1er Janvier de l’année Julienne, pour la fixer au… 12 Janvier pour toutes les années du présent siècle (2001 – 2100) ; commettant ainsi une double erreur:
– Celle d’avoir considéré à tort, l’année séculaire 2000 comme étant non bissextile – comme les années séculaires 1700, 1800, et 1900… et donc susceptible de correction grégorienne ;
– Celle d’avoir réduit d’un jour, au lieu d’en ajouter un, au comput du Calendrier grégorien…
Il faut rappeler ici en effet, que le Calendrier Julien – du nom de l’empereur romain Jules César, qui l’a institué à compter de l’An 45 avant Jésus-Christ – a été adopté par les Chrétiens qui datent le commencement de l’Ere chrétienne à compter du Samedi 1er Janvier de l’An I. Ce calendrier fixait la durée de l’année solaire à 365, 25 jours en prévoyant d’intercaler une année bissextile tous les quatre ans, en ajoutant un jour – celui marquant le 29 février – à la date des millésimes divisibles par 4, comme l’an 0004, l’an 0168, l’an 1580, etc.
La tradition berbère indique que le Calendrier amazigh a été institué 950 ans avant l’ère Chrétienne, soit 905 années avant l’adoption du Calendrier Julien. Nul doute que ce Calendrier amazighe, comme les calendriers solaires de l’époque, était en fait essentiellement un calendrier agraire, et fixait la valeur de l’année solaire à 365 jours, en se fondant comme les autres peuples, sur l’observation des deux Equinoxes (Printemps et Automne) et les deux Solstices (Eté et Hiver). Cette valeur de l’année solaire était répandue à l’époque, y compris chez les civilisations dites précolombiennes, Aztèques, Mayas et Incas ; particulièrement chez les grands astronomes que furent les Incas.
En 1582, il y eut une correction fondamentale du Calendrier Julien en raison des retards observés des saisons – déterminées comme on sait, par l’observation des Equinoxes – par rapport aux dates calendaires.
Ainsi a été institué sous l’égide du Pape Grégoire XIII, le Calendrier grégorien qui porte son nom et qui entré en application à Rome, à compter du 15 octobre 1582, avant d’être progressivement adopté par tous les autres pays. Le Calendrier Grégorien apporte deux modifications fondamentales au calendrier Julien :
1°) La première modification a consisté à rattraper le calendrier Julien en lui ajoutant les 10 jours de retard sur le soleil, qui se sont accumulés. Ainsi, au lendemain du Jeudi 04 Octobre 1582, a succédé le Vendredi 15 Octobre 1582.
2°) La seconde modification a eu pour but de corriger les écarts croissants constatés entre la durée réelle de l’année solaire – ou année tropique – qui est de 365,24219878 jours et l’année julienne de 365,25 jours, trop longue d’un peu plus de 3 jours tous les 400 ans : (365,25 x 400) – (365,24219878 x 400) = 3,120488 jours. Cette correction a consisté à se rapprocher davantage de l’année solaire réelle en fixant la durée du Calendrier Grégorien à 365,2425 jours au lieu des 365,25 jours du calendrier Julien. Soit une amputation de : (365,25 x 400) – (365,2425 x 400) = 3 jours tous les 400 ans. Ces 3 jours, il a été décidé de les supprimer des années séculaires non divisibles par 400 – comme 1700, 1800, 1900, 2100, 2200, 2300… etc. – en leur enlevant donc leur caractère d’années bissextiles. En revanche, les années séculaires divisibles par 400 – comme 1600, 2000, 2400, etc., – demeurent bissextiles et donc, non susceptibles de correction.
De tout cela, il résulte logiquement donc, que le 1er Yennayer de l’an 2014 – année Julienne –correspondra au mardi 14 Janvier 2014 et donc fêté en sa veille, le lundi soir 13 janvier 2014, comme chaque année, depuis les années 1900. Et non le 12 janvier 2014 !
Démonstration : La correction grégorienne a eu pour conséquence d’augmenter de 3 jours tous les 400 ans, l’écart entre la correction originelle – qui était de 10 jours – et la date grégorienne considérée. Ces 3 jours proviennent du fait de l’ »omission » du jour bissextil pour les années séculaires non divisible pas 400 – comme 1700, 1800, 1900, 2100, 2200, 2300, etc.
C’est ainsi que les dates du 1er Yennayer (ou 1er janvier du Calendrier Julien) pour les siècles passés, depuis l’entrée en vigueur du Calendrier grégorien jusqu’à nos jours, ont eu lieu ou auront lieu respectivement :
– Tous les 11 Janvier pour le XVIIème siècle (1601 – 1700) ;
– Tous les 12 Janvier pour le XVIIIème siècle (1701 – 1800) ;
– Tous les 13 Janvier pour le XIXème siècle (1801 – 1900) ;
– Tous les 14 Janvier pour le XXème siècle (1901 – 2000) ;
– Tous les 14 Janvier pour le XXIème siècle (2001 – 2100), siècle séculaire divisible par 400 et donc, ne comportant pas de correction parce que l’année 2000 est bissextile.
On aura donc noté que pour l’année 2000 qui est divisible par 400, le jour bissextil a été normalement ajouté avec le 29 février 2000; ce qui signifie que : AUCUN CHANGEMENT ne doit être apporté pour la date de Yennayer jusqu’en l’An 2101, année où cette fête sera décalée d’un jour plus tard; Ce qui nous donne la progression suivante pour les siècles futurs :
– Tous les 15 Janvier pour le XXIIème siècle (de Janvier 2101 – Janvier 2200 inclus) ;
– Tous les 16 Janvier pour le XXIIIème siècle (de Janvier 2201 – Janvier 2300 inclus) ;
– Tous les 17 Janvier pour le XXIVème siècle (de Janvier 2301 – Janvier 2400 inclus) ;
– Tous les 17 Janvier pour le XXVème siècle (Janvier 2401 – Janvier 2500 inclus), siècle séculaire divisible par 400 et donc ne comportant pas de correction, parce que l’année 2400 est bissextile.
– Etc. etc. etc.
Dieu merci, notre pauvre monde a déjà depuis longtemps la tête profondément enfoncée dans son propre crépuscule et il n’y a aucune chance, pour que les générations futures iraient jusqu’à fêter le « Yennayer » un 15 Août, comme ce sera le cas – en théorie du moins – pour l’An 30401 !…
Quant aux mystificateurs déculturés, voire incultes, et autres apprentis sorciers des associations berbéristes activistes et sectaires (cf : http://www.tamazgha.fr/Yennayer-avec-Tamazgha.html) qui font feu de tout bois pour alimenter leurs desseins inavouables – et ceux de leurs maîtres – en semant davantage de discorde et de division, au sein d’un peuple algérien qui n’en peut déjà mais, et depuis si longtemps, ils feraient mieux de consacrer un peu de leur temps au Temps, c’est-à-dire à l’Histoire vraie, à leur Histoire. Non pas celle que leur enseigne à Paris, l’ancien colonisateur, mais celle des géants comme les Ibn Khaldoun, les Tewfik El Madani, les Pierre Rossi, les Abderrahmane Djilali ou, plus près de nous, le regretté Dr. Abou Kacem Sadallah qui vient de nous quitter il y a moins d’un mois; et pour ne citer que ceux-là.
Ils y découvriront ce que furent les civilisations de leurs lointains ancêtres venus du Proche et Moyen-Orient, Philistins, Phéniciens, Araméens, Cananéens… etc.
Ils y découvriront aussi – au grand dam des aventuriers politiques irréductibles et autres mercenaires au service de l’incessante Croisade contre l’Islam, d’un Occident définitivement asservi au sionisme et au Capital – que le grand peuple berbère du Maghreb, plonge ses racines, ses traditions et sa culture, dans les mêmes veines ethniques, géographiques, historiques et spirituelles que ceux qu’ils appellent « les arabes » avec cette pointe d’arrogante suffisance, si caractéristique de la stupidité et de l’ignorance.
Abdelkader Dehbi
5 janvier 2014
http://hoggar.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3793:yennayer-entre-la-sage-tradition-populaire-et-limposture-des-pontifex-incultes&catid=19:dehbi-abdelkader&Itemid=36

3 commentaires sur “Dehbi Abdelkader: Yennayer, entre la sage tradition populaire et l’imposture des pontifex incultes

  1. La célébration de fête que se soit l origine ethnique est une obligation sociale toute en prenant en considération les coutumes de chaque civilisation,mais la coïncidence de date avec un temps précis c est un indicateur sur la généralité de l occasion,selon la relation exporter de la mondialisation les gens commence a fêter les occasion de la même façon que une occasion dans la vie quotidien

  2. Quel est le lien entre la vocation de votre institut et le contenu de ce papier ?

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