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Les agences de notation: l’enquête qui tue !


Les agences de notation: l'enquête qui tue !

DÉCRYPTAGE – Un rapport de l’Autorité européenne des marchés financiers épingle les travers des trois grands notateurs.

Voilà un rapport qui va mettre du baume au coeur à tous les pays s’étant retrouvés un beau jour privés de leur triple A. Au terme de huit mois d’enquête sur Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s, l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) vient de publier sa propre évaluation du travail de ces trois grandes agences de notation. Et la note décernée aux notateurs est plus que médiocre. Le gendarme européen des marchés relève en effet un ensemble de « défauts susceptibles de compromettre la qualité, l’indépendance et l’intégrité » de leurs évaluations. Manque de transparence, manque d’éthique, manque d’expertise, manque d’effectifs, les agences ont du pain sur la planche.

POURQUOI CETTE ENQUÊTE ?

On se souvient des dégâts commis par ces agences aux premiers temps de la crise de la dette dans la zone euro: elles avaient attisé la panique et fait flamber les taux d’intérêts de la dette publique de certains pays à des niveaux tellement élevés que ceux-ci ne pouvaient plus se financer sur les marchés. En 2009 et 2010, l’Union européenne a donc décidé de réglementer ces agences, afin que leurs notations « soient indépendantes, objectives et de bonne qualité ».

Toutes sont censées se soumettre désormais à « des principes d’intégrité, de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance », dont l’AEMF vient donc de contrôler le respect. Et le résultat n’est guère brillant. « C’est bien la preuve que l’Europe a eu raison de s’emparer du problème de crédibilité posé par ces agences, et de vouloir les réglementer », se réjouit l’euro député socialiste italien Leonardo Domenici, spécialiste du dossier au Parlement européen.

POURQUOI LEUR INDÉPENDANCE ESTELLE SUJETTE À CAUTION ?

Le premier doute émis par l’AEMF concerne l’indépendance du processus d’évaluation des risques souverains. Les trois agences passées au crible entre février et octobre sont les trois sociétés ayant le quasi-monopole mondial de la notation des pays, à savoir les américaines Standard & Poor’s (détenue par l’éditeur Mc Graw-Hill) et Moody’s (cotée à Wall Street), ainsi que l’agence à capitaux français Fitch (propriété de Marc Ladreit de Lacharrière). Ce que leur reproche l’AEMF est un mélange des genres, potentiellement générateur de « conflits d’intérêts ou de relations d’affaires ». Le problème vient du fait que siègent souvent, au comité de notation, des membres de la direction, voire du service de la communication, dont le boulot n’est pas le rating (la notation), mais le profit de l’entreprise et ses bonnes relations avec les clients.

Dans au moins une des agences étudiées, souligne le rapport, « les analystes en chef ont reçu des consignes explicites de leur direction sur les pays étudiés et les notations à soumettre ». Certes, comme l’explique Norbert Gaillard, auteur d’une thèse sur les agences, « les interférences du haut management sur les analystes sont très difficiles à prouver », mais l’intérêt est évident: dégrader un pays entraîne, « par un effet de cascade », la baisse des notes des collectivités locales, banques, assurances et entreprises de tout le pays. Bref, un paquet d’émetteurs de dette qui versent des honoraires aux agences pour être évalués et qui peuvent changer de crémerie si cette note leur paraît trop basse. « Vu la concurrence de plus en plus rude entre les agences de notation, toutes sont soucieuses de maintenir le maximum de business », indique Norbert Gaillard.

QUELS AUTRES REPROCHES PEUTON FAIRE AUX AGENCES ?

Autre fait inquiétant, l’enquête de l’AEMF note que les équipes chargées du rating des Etats sont loin d’avoir toujours « les connaissances et l’expérience requises »: il arrive parfois que « des analystes juniors ou des recrues récentes se voient confier les responsabilités d’un analyste en chef ». En outre, la qualité du travail des analystes est compromise par le fait qu’on leur demande d’être au four et au moulin : à côté du rating souverain, ils produisent aussi des recherches économiques ou études sectorielles pour le compte de tel ou tel investisseur. Des dossiers payants qui constituent une bonne part des ressources des agences.

L’AEMF s’inquiète donc du « risque potentiel » que « ce travail chronophage ne distraie les analystes » de leur tâche numéro 1. Dernière critique du régulateur européen: une confidentialité pas toujours à toute épreuve, et des notes fuitant parfois avant leur publication officielle. Il arrive ainsi aux agences de garder leur verdict plusieurs jours sous le coude, ce qui favorise les indiscrétions ou, au contraire, de le dégainer trop vite, sans respecter le délai de vingt quatre heures imparti aux Etats notés pour qu’ils puissent éventuellement réagir.

A Bercy, on n’est pas près d’oublier non plus le pataquès de la dégradation prématurée de la France. En novembre 2011, Standard & Poor’s avait diffusé par erreur à certains de ses abonnés un message annonçant que la note de la France avait été abaissée. Si le rêve du commissaire européen Michel Barnier de doter l’UE d’une agence de notation a été tué dans l’oeuf fin 2011, Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s sont clairement appelées à mieux se tenir. « C’est la moindre des choses de mettre la pression », observe Norbert Gaillard, qui juge « rassurante » l’intransigeance de la jeune Autorité européenne des marchés financiers. Et d’ajouter que le « flicage de l’AEMF est d’autant plus efficace qu’elle a recruté pas mal d’anciens salariés des agences de notation ».

Lu sur Libération le 04 décembre 2013

2 commentaires sur “Les agences de notation: l’enquête qui tue !

  1. les contrôleurs de services financier lorsque les données de ces rapport mondiale au par horizon des investissement n ont plus évident ça avoué de contrecollé les notation avec un intervalle de temps ou elles était pratique dans tous les mondes vu l obscurité de traitement financier au futur des entreprises qui gère leur affaire avec AEMF non plus comme solution de changer les sources de matière primaire de n import quelle produit et que se soit la domaine mis hors jeux les dépenses ajouté ou sa qualité quantitative donc regrouper l interpole isostatique dans un seul domaine de exploitation car la concurrence entre les para- factures peux mieux facturier les résultats des dégâts sauf que l investissement sera géopolitique selon la pré-instalation des grands investiseurs

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