Poster un commentaire

Et si les États-Unis faisaient faillite…


Et si les Etats-Unis faisaient faillite...

Et si les États-Unis faisaient faillite…

La date du jeudi 17 octobre est symbolique. Passé ce jour, le Trésor disposera encore de 30 milliards de dollars (22 milliards d’euros), qui lui permettront de régler ses factures jusqu’à la fin du mois. Le risque de défaut ne se poserait donc que le 31 octobre et le 1er novembre, lorsqu’il devra verser 6 milliards d’intérêts à ses créanciers, puis 55 milliards de prestations sociales. Si le blocage se prolonge jusque là, il devra donc choisir quel versement il honorera en priorité: les banques ? Les retraites ? Les salaires des militaires ?

« Personne n’est capable de dire si le Trésor a légalement le droit de procéder à un tel arbitrage », analyse Alexandra Estiot, de BNP Paribas. Même s’il le voulait, les problèmes techniques seraient insurmontables, car tous ces versements (plus de 100 millions par jour !) sont effectués de façon automatique. Il faudrait donc reprogrammer tous les logiciels de paiement dans l’urgence… Pour éviter de se retrouver dans une telle situation, le Trésor pourrait tenter un coup de poker.

Par exemple, en enfreignant la loi sur le plafond de la dette pour continuer à émettre des obligations. « Il pourrait en référer au 14e amendement de la Constitution, qui stipule que la dette du gouvernement ne peut être contestée », précise Willem Verhagen, économiste chez ING. Pas sûr, néanmoins, qu’il ose aller jusque-là. Une chose est sûre: en cas de non-accord, la confiance dans la qualité des obligations américaines, considérées comme le placement le plus solide au monde, se dégraderait.

Et les investisseurs exigeraient une prime de risque plus élevée pour acheter celles circulant déjà sur les marchés. Au point que certains soient tentés de se débarrasser de leurs titres américains ? Peut-être. A commencer par ceux qui détiennent de la dette de court terme (un à trois mois), la plus susceptible de ne pas être remboursée. Certains fonds, comme ceux de JP Morgan, ont d’ailleurs commencé à les liquider. Mais le cas des obligations à moyen et long terme est très différent.

« Les investisseurs savent que le défaut ne durera pas: ils n’auraient aucun intérêt à vendre dans ces conditions, car ce serait à perte », résume Mme Estiot. Même s’ils multiplieraient à coup sûr les pressions politiques, les Japonais et les Chinois, principaux détenteurs de la dette de long terme américaine par le biais de leurs banques centrales, ne se mettraient donc pas à vendre du jour au lendemain leurs bons du Trésor. Les marchés, eux, plongeraient dans un chaos financier comparable à celui qui a suivi la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers, en 2008.

Angoissés,les investisseurs fuiraient les actifs les plus risqués: les actions et les placements dans les pays émergents, qui replongeraient dans une tempête comparable à celle de l’été 2013. La valeur du dollar s’effondrerait, ce qui pousserait celle de l’euro vers des sommets, nuisant aux exportations européennes. Si cela durait, l’économie américaine replongerait en récession, mettant en péril la reprise de l’économie mondiale. Une telle panique justifierait elle, aux yeux des agences de notation, une dégradation de la note des États-Unis ? Après tout, le dernier débat sur le sujet, en 2011, avait conduit Standard & Poor’s à retirer le triple A du pays.

« Mais la situation est très différente car l’économie américaine s’est nettement redressée depuis», insiste Yves Zlotowski, chef économiste de Coface. Le déficit public, qui frôlait les 10% en 2011, est en effet tombé à 4%, la dette des ménage sa fondu, l’investissement des entreprises est reparti… Pas de quoi, en théorie, justifier une dégradation du pays. Du moins,à court terme. Si les incertitudes politiques devaient se prolonger, Washington n’échapperait pas à une dégradation.

Les conséquences en seraient dramatiques, car, dans la foulée, tous les établissements financiers américains seraient dégradés, entraînant une nouvelle crise de liquidité, tandis que les portefeuilles détenant des titres américains enregistreraient sur le champ des pertes colossales. « La débâcle financière serait pire encore que celle de 2008 », analyse Mme Estiot. Avant de rappeler qu’un tel scénario catastrophe reste plus qu’improbable, verdict d’ici trois jours.

Par Marie Charrel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :