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Nouveau cauchemar de la CIA ou de l’arroseur arrosé


Batiment-de-la-CIA-en-Virginie

Impensable mais plus vrai que vrai. Le numéro 2 de la CIA, Michael Morell, craint vivement la chute du régime Assad voyant en cette éventualité une catastrophe d’échelle apocalyptique pour les USA. Pourquoi, se demande-t-on ? La réponse nous ramène à cette métaphore si bien choisie du pompier pyromane appréhendant son œuvre suprême. Après l’Irak et la Libye, la Syrie incarne la sinistre culmination de l’œuvre américaine réalisée par ses états vassaux, notre France, hélas, y compris.

S’il savère que les arsenaux chimiques syriens ainsi que les armes sophistiquées de l’armée gouvernementale tombent entre les mains de la nébuleuse al-Qaidienne, le bilan sera des plus lamentables. L’islamisme donnera des racines autrement plus robustes que naguère jusqu’à bouleverser le bien-être sans cela très relatif d’Israël. Il se fera en outre que le statut d’hyper-puissance des USA connaîtra une défaite fracassante et définitive, déjà à moitié notable si l’on répertorie le nombre d’ambassades US fermées au Moyen et au Proche-Orient (Israël, Afghanistan, Bangladesh y compris), sans compter, selon la BBC, certains pays de la péninsule arabique tel que le Yémen. Si en plus on y ajoute la diatribe virulente de Paul Craig Roberts, ancien Secrétaire d’Etat américain adjoint au Trésor de Ronald Reagan, le tableau devient encore plus explicite. Je vous encourage à lire son article, l’Amérique discréditée, republiée sur le site de François Asselineau (UPR).

Ces arguments interviennent au moment même où Hassan Hamade, penseur et polémiste libanais particulièrement prisé au Liban, écrit une lettre imbue de verve à son Excellence l’Ambassadrice de l’UE où il fait notamment état de ceci : « [Le] ministre français des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, a clairement dit l’année dernière à Marrakech lors d’une Conférence des prétendus amis de la Syrie que les terroristes de Jabhat al-Nosra faisaient du bon boulot avant que les USA ne les placardent sur la liste des terroristes ; et le prolixe ministre britannique des Affaires étrangères, encore plus brutal et sadique, a carrément déclaré que les membres d’Al-Qaïda et dérivées ne devraient pas rentrer de Syrie car ils étaient une menace pour [les] pays civilisés ».

Ce constat aussi sec qu’irréfutable confirme une énième fois l’implacable hypocrisie des USA et des pays qui lui sont dévoués croyant bénéficier d’une protection certaine de la part du Big Brother. Peine perdue, à l’instar des djihadistes qu’elle soutient avec tant d’assiduité, la Pieuvre ne joue que pour elle-même. La thèse de Hobbes selon laquelle l’homme est un loup pour son prochain est notamment applicable au credo mégalomaniaque des USA ou des islamistes qui ont leur Califat à construire. Remarquons cependant que ces deux catégories ont maintenant un point commun supplémentaire : ils perdent sur tous les fronts.

En tout cas, même si l’entropie en Syrie semble augmenter, il n’en demeure pas moins qu’Homes a été repris, que le blocus d’Alep a été percé aux alentours du 20 juillet, que le drapeau d’une ASL à ce jour inexistante ne flotte plus sur la Syrie. La guerre informationnelle perd elle aussi de son sens dans la mesure où les ignominies commises par le Front Al Nosra et les groupes qui lui sont idéologiquement affiliés crèvent la rétine. Le témoignage du Dr. Nabil Antaki, avocat et professeur de droit québécois ayant refusé de quitter la Syrie alors qu’il en avait largement les moyens, a été publié le 17 juillet sous le titre « Lettre d’Alep », un Alep alors encore assiégé, ensanglanté, affamé. Son document a fait le tour des réseaux dissidents français, mettant en relief les horreurs perpétrées par les rebelles. Comment taire, à présent, le massacre de 400 Kurdes (120 enfants auxquels il faut ajouter 300 femmes et vieillards) dans le village kurde syrien de Tal Abyaz ? Cet aspect génocidaire du djihad syrien représente ce qu’on appelle dans le droit international un crime contre l’humanité dont l’Occident se fait le sinistre complice.

Partant de ces considérations, il devient encore plus évident que la défaite des rebelles signifie la défaite cuisante des USA et de la diplomatie française en particulier. Une défaite sans précédent expliquant également la réaction-surprise de M. Morell. Je joins, en guise de supplément représentatif, cet extrait d’analyse réalisée par notre confrère, journaliste indépendant et spécialiste de l’Asie, Allain Jules. « Les rebelles œuvrant en Syrie commencent à perdre pas mal de positions sur le terrain, la victoire du pouvoir légitime est sur le point d’être acquise. Partagez-vous cette impression ?

Alain Jules. Ce qui est sûr, c’est que la prise de Homs est très significative. En revanche, on ne peut pas dire que tout est fait. Les terroristes n’ont plus accès à l’autoroute venant du nord qui dessert Damas. Du coup, ils ne peuvent plus avoir ni armes, ni renforts. La [semaine dernière], Assad s’est rendu à Dariya, banlieue de Damas, pour saluer les troupes. Or, Dariya est une zone où les terroristes étaient traditionnellement assez nombreux, ce qui veut dire, par conséquent, que Damas a été nettement purifié de sa composante rebelle et reste une forteresse. De là à dire que tout st d’emble gagné … serait un peu hâtif. Il faut bien se dire que les ennemis de la Syrie, notamment les USA, la France et la Grande-Bretagne, sont des pays qui ne lâchent jamais prise. Ils ont conscience d’être les alliés d’Al-Qaïda sans vouloir le reconnaître. Ce déni en fait des puissances capables d’accorder un soutien jusqu’au-boutiste aux islamistes quitte à installer un chaos inextricable. Cela, parce que leur mot d’ordre d’entre c’était la chute de Bachar Al Assad. Tant qu’ils ne l’obtiendront pas, ils ne trouveront jamais la paix. Et comme ils ne savent pas faire amende honorable, ils ne rendront jamais raison au Président syrien qui pourtant plus d’une fois avait certifié qu’il ne combattait pas des chiites, encore moins des révolutionnaires, mais plutôt une bande de terroristes regroupant 49 nationalités ! (…). C’est très facile d’aller attaquer un pays sous prétexte que les chiites sont en danger. On nous a déjà fait le coup en Libye. Il s’agissait d’une escroquerie monstrueuse. Leur but est maintenant tout bonnement de détruire la Syrie. D’autant plus qu’au jour d’aujourd’hui ils vont essayer de nous ressortir le coup de Benghazi, Bachar Al Assad étant en train de gagner la guerre » !

L’étau se ressert, les USA ne savent plus où donner de la tête. Même les opposants au régime n’ont pas eu la récompense qu’ils espéraient avoir en définitive, le cas du père Paolo Dall’Oglio en étant un exemple frappant. Ce jésuite qui s’était installé il y a une vingtaine d’années en Syrie se posait en défenseur inconditionnel des rebelles et donc, en critique farouche de Bachar. Il aurait été normal qu’Al Nosra lui fasse honneur. Or, nous venons d’apprendre que ce missionnaire assez énigmatique qui prétendait travailler à la stabilisation du « dialogue islamo-chrétien » a littéralement disparu des radars le 29 juillet. En réalité, ce religieux jadis acclamé par les djihadistes est devenu leur otage et encore qu’otage c’est beaucoup dire, sachant qu’aucune revendication n’a été formulée. On ignore si le Père Paolo est toujours de ce monde ou s’il a eu la tête « démocratiquement » tranchée, cette dernière pratique tendant à se banaliser. Or, à grande échelle, on constate que les USA, les Britanniques et les Français sont eux aussi otages du brasier qu’ils ont déclenché et attisé. Ils sont, en un certain sens, dans la peau de ce malheureux prêtre, face à l’horrible évidence de leur faux calcul et l’irréversibilité de leur défaite.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur

http://french.ruvr.ru/2013_08_08/233252115/

5 commentaires sur “Nouveau cauchemar de la CIA ou de l’arroseur arrosé

  1. Il est évident que la défaite du régime despotique de Bachar El Assad sera le début d’un conflit horrible entre les démocrates ( Musulmans ou non) contre une horde de barbares assoiffés de sang et sans aucun respect pour la vie humaine.nous souffrirons nous, nos enfants et nos petits enfants d’une guerre où les alliances se feront et se briseront au grès du bon vouloir de petits chefs de guerre nourris au commerce de contrebande (cigarettes, stupéfiants, alcool et…………… chaire humaine). Un grand village planétaire somalisé!!!! Continuez à soutenir ces barbares et vous verrez: la fiction dépassera la réalité.

  2. Sous le régime despotique de Bachar El-Assad, les règles avaient au moins l’avantage d’être claires : tant qu’on ne critiquait pas sa personne ou sa politique, on pouvait vivre en paix ; et il faisait bon vivre en Syrie.
    Mais, entre Bachar El-Assad et ces sauvages lâchés dans la nature qui assassinent au cri d’Allahou Akbar, il vaut encore mieux opter pour Bachar qui, en l’occurrence, est un moindre mal, c’est du moins l’avis d’une Tunisienne qui n’a peut-être pas la visibilité nécessaire.
    Quant aux USA et alliés, ils savent très bien que dans leurs calculs, ils doivent tenir compte du paramètre Poutine.

    • Vous avez tout à fait raison et je crois que c’est actuellement la position de la majorité des syriens. Mais il y a plus, ce n’est pas uniquement le modèle sociétal syrien qui est en jeu, c’est toute la Syrie, société et Etat qui est visée par cette guerre. Les Usa et leurs alliés n’ont pas tenu compte du nouvel équilibre mondial, Russie et Chine, en tête et continuent à l’ignorer parce que le reconnaître c’est admettre que leur leadership est terminé et c le début de la fin!!!!!!!!!!

  3. EL QAIDA EST AMERICAINE, BEN LADEN AUSSI : ILS JUSTIFIENT TOUTES LES INTERVENSIONS US.

  4. Mais le plus important est de définir El Qaïda. De quoi se compose cette nébuleuse? Qui la dirige vraiment quel est le degré d’implication de l’Amérique (et surtout des multinationales) dans sa manipulation? Apparemment dans le passé il y avait une part importante de contrôle de l’occident sur cet hydre à sept têtes mais il serait en train d’y échapper avec cette question de fuite d’armements dangereux. L’Amérique aurait voulu trouver une solution radicale en bombardant la Syrie comme elle l’avait fait pour l’Irak mais elle se heurte pour recourir à cette option à deux obstacles majeurs: elle s’est emmêlé les pinceaux avec cette histoire de printemps arabe (nouvelle formule douce pour réaliser le grand moyen orient et par conséquent le grand Israël) en second lieu elle se heurte à la Russie et à la Chine qui refusent pour des raisons stratégiques le renouvellement du même scénario qu’avec l’Irak et qui font tout pour faire avorter de manière indirecte le projet américain…La manipulation des réseaux religieux n’est pas facile et les Américains ne l’ont jamais compris. Il existe au delà des tentatives de de division des différents courants de l’Islam notamment par l’argent un grand ciment idéologique qui résiste à ces manoeuvres de corruption de l’occident perçu avant tout comme chrétien. La solution pour mettre tout le monde d’accord n’est ni plus ni moins que la 3ème guerre mondiale et ce qui reste des Etats Unis profitera des richesses économiques mondiales et du pétrole qui brûle de gosier des Américains. Mais cela en vaut-il la peine et ne vaut-il pas mieux négocier un monde multipolaire au lieu d’un monde unipolaire dont l’emblème inscrit sur le drapeau est le Dollar?

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