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ÉGYPTE: Revers pour le Qatar


ÉGYPTE: Revers pour le Qatar

ÉGYPTE: Revers pour le Qatar

Doha, qui avait misé sur les Frères musulmans et dépensé des milliards de dollars, fait à présent figure de grand perdant sur les rives du Nil. Quand le cheikh Tamim ben Hamad Al- Thani, 33 ans, a pris les rênes du pouvoir au Qatar, le 25 juin, les observateurs pensaient que son manque d’expérience serait bientôt mis à l’épreuve en raison de l’atmosphère fébrile qui règne dans la région. Rares étaient ceux qui prédisaient que le défi se présenterait aussi rapidement. La chute du président égyptien, Mohamed Morsi, et du gouvernement des Frères musulmans porte en effet un grand coup à la politique extérieure militante du Qatar.

En effet, Doha a soutenu des groupes islamistes depuis que le soulèvement [du “printemps arabe”] a balayé l’Afrique du Nord. Le Qatar a injecté 8 milliards de dollars [6 milliards d’euros] en Égypte, la plus grosse contribution réalisée par un État du Golfe, et avait commencé à appuyer M. Morsi avant même qu’il n’entre en fonction. Le père du nouvel émir et le cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani, l’ex-Premier ministre, avaient fait passer le statut du Qatar de médiateur régional à acteur de premier plan. Ils avaient parié que l’islam politique remplirait le vide laissé par la chute des autocraties arabes et espéraient constituer une alliance avec les islamistes, qui assurerait la position prépondérante de leur État.

En Syrie, l’appui apporté par Doha aux islamistes a fait de l’opposition syrienne une force disparate que les pays amis occidentaux considèrent aujourd’hui avec suspicion. Le cheikh Tamim, le nouvel émir, a beau donner des signes de modération en matière de politique étrangère, le changement sera graduel, selon les analystes, car la position de Doha est bien installée. Les liens entre le Qatar et M. Morsi s’inscrivent dans le cadre des liens plus larges existant entre cet État du Golfe et le mouvement islamiste en général. Al-Jazeera, la chaîne publique qatarie, est devenue une plateforme pour les opinions des Frères musulmans.

[Aujourd’hui, elle soutient toujours le président déchu, Morsi.] Ce parti pris apporte de l’eau au moulin des progressistes arabes, qui mettent en garde contre l’influence rampante du Qatar dans leurs démocraties naissantes. Doha finance selon eux un cheval de Troie pour instaurer la théocratie. Les États du Golfe craignent les ambitions du Qatar, ce qui l’isole encore plus. Et les Émirats arabes unis se livrent à une guerre des mots avec les responsables des Frères musulmans.

Alors que cette guerre froide par procuration entre États du Golfe s’échauffe en Égypte, les Émirats et l’Arabie Saoudite sont prêts à aider financièrement le gouvernement transitoire égyptien. “Le Qatar s’est trompé en Libye, puis en Syrie, et des milliards de dollars risquent aujourd’hui de passer à la trappe en Égypte, déclare un économiste. Ces fonds étaient censés lui acheter un avantage politique, mais il a misé sur le mauvais cheval.”

Simeon Kerr Publié le 3 juillet au Financial Times Londres

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