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Syrie: Bachar Al-Assad reprend la main


Analyse: Sur les fronts militaire comme diplomatique, le président syrien Bachar Al-Assad a tout lieu de se réjouir. Après plusieurs semaines d’offensive, son armée, appuyée par plusieurs milliers de combattants chiites du Hezbollah libanais, était en passe de reprendre, dimanche 19 mai, la localité frontalière de Qoussair, aux mains de la rébellion armée depuis plusieurs mois. Pendant ce temps, Moscou, parrain de la Syrie sur la scène diplomatique internationale et son principal fournisseur d’armes, s’active en vue de la conférence internationale annoncée conjointement avec Washington.

Vladimir Poutine

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La date et le format de ce sommet ne sont pas encore arrêtés mais, en plaçant le régime et l’opposition sur un plan d’égalité, il annonce une forme de renoncement des Occidentaux à obtenir le départ de Bachar Al-Assad, du moins à relativement court terme. sous-titre : Des succès militaires pour Damas Le travail de restructuration de l’armée syrienne mené par l’Iran porte ses fruits. Encadrée et conseillée par des instructeurs iraniens, approvisionnée en armes à flux tendu par la Russie, elle s’est lancée depuis deux mois dans une grande offensive dont la logique apparaît de plus en plus clairement: dégager et sécuriser une épine dorsale du « pays utile » allant de Damas à Lattaquié, sur la côte méditerranéenne.

Damas se renforce face à une opposition affaiblie. La pression internationale sur le clan Assad diminue, sur fond de dégradation de l’image des rebelles

Cet axe relie la capitale au pays Alaouite, principal fief d’un régime qui a joué à fond la carte du confessionnalisme depuis le début des troubles. Dans cette perspective, le contrôle de Qoussair et d’Homs, qui tiennent la place de charnières, est vital. Soucieux de préserver la bande côtière et la chaîne montagneuse de toute intrusion rebelle, le régime a commis, les 2 et 3 mai, deux massacres d’une violence inouïe sur des villageois sunnites à Baniyas, Bayda et Ras Al-Naba (100 à 400 morts, selon les estimations). La faible réaction internationale, comparée au massacre de Houla –pourtant de moindre ampleur – en mai 2012, a été interprétée par le régime comme une forme d’acquiescement.

A Damas, le régime a desserré l’étau en reprenant Otaïba, une localité qui commande l’accès à la plaine agricole de la Ghouta,un axe de pénétration privilégié des combattants rebelles dans la capitale. Plus au sud, il a repris le noeud de Khirbet Ghazaleh, qui commande l’accès à la frontière jordanienne, où les rebelles peinent à établir une zone libérée pérenne. Pour le moment et probablement pour longtemps, le régime a fait une croix sur le nord et l’est du pays.

Malgré leur situation désespérée, les derniers carrés de loyalistes combattent farouchement. On l’a vu dans la province de Rakka, où il a fallu plusieurs semaines aux rebelles pour prendre les dernières bases militaires, ou encore à Deir ez-Zor, où le pont suspendu sur l’Euphrate a été volontairement détruit. On le voit toujours à Alep, où les positions gouvernementales tombent au compte-gouttes – la prison centrale est la cible du moment –, prolongeant le conflit et détruisant encore un peu plus la ville.

Par Christophe Ayad, (Journal Le Monde du 21 mai 2013)

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