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CANADA • Un peu de chance et beaucoup de policiers


La Presse Montréal (extraits) – La police a pu déjouer un attentat visant un train, fomenté par deux individus vraisemblablement liés à Al-Qaida. C’est un imam de Toronto qui a alerté les forces de l’ordre.

Les suspects épinglés par la Gendarmerie royale canadienne (GRC) se préparaient à faire dérailler un train sur le Whirlpool Bridge, au-dessus de la rivière Niagara, qui sépare le Canada des États-Unis [sur la ligne Toronto-New York. Les deux hommes, Chiheb Esseghaier et Raed Jaser, seraient liés à Al- Qaida]. Le symbole aurait été spectaculaire. Pour les fêlés flirtant avec le djihad, faire dérailler un train canadien, c’est un peu comme attaquer le marathon de Boston. D’une facilité déconcertante. Dans les deux cas, ce sont des cibles “soft”, en langage sécuritaire. Difficiles à protéger.

CANADA • Un peu de chance et beaucoup de policiers

CANADA • Un peu de chance et beaucoup de policiers

L’immense réseau ferroviaire canadien qui dessert des villages éloignés ressemble en effet aux 42 kilomètres d’un marathon : trop étendu pour être protégé de façon efficace comme un aéroport. La première bonne nouvelle, dans les éléments publics de cette enquête sur l’attaque avortée, c’est justement qu’elle l’ait été. Quand on parle de terrorisme dans nos démocraties, c’est bien souvent pour déplorer le recul des libertés collectives et individuelles face à l’appareil sécuritaire. Ces craintes sont fondées, mais la menace terroriste est également fondée.

Des djihadistes rêvent encore de punir des infidèles occidentaux. Le complot visant un train de VIA [société de chemins de fer canadienne] nous le rappelle, comme avant lui le complot des “18 de Toronto” en 2006 [ces 18 personnes prévoyaient de mener une série d’attentats sur le territoire canadien]. L’autre bonne nouvelle, c’est que l’information de base qui a déclenché l’enquête proviendrait de la communauté musulmane de Toronto. Selon le National Post, c’est un imam local qui se serait ouvert de ses craintes à la police, lançant cette enquête en août 2012.

C’est une bonne nouvelle parce que, dans le contexte très réel et très concret des menaces djihadistes, les communautés musulmanes en Occident souffrent de l’amalgame entre terrorisme et religion. Savoir que la dénonciation – donc le refus de se taire devant l’intolérable – provient peut être de musulmans, voilà un bon antidote aux amalgames. Reste le problème, très concret et très réel encore, de ces jeunes fanatiques prêts à tuer des civils en murmurant ou en criant “Allah akbar”. Comment les dépister ? La réponse, comme le démontrera peut-être la suite de l’affaire du complot de VIA Rail, est un peu de chance… et beaucoup de policiers qui bûchent dans l’ombre. — Patrick Lagacé

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