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Anniversaire de la mort du Président Bourguiba!


bourguiba

Monsieur,
M. Jean Daniel a pris connaissance de la lettre que vous avez bien voulu lui adresser. Mais il n’a pu aller au- delà des premiers paragraphes, qui révèlent une injurieuse ignorance des liens qui ont existé, et qui existent, entre le président Bourguiba et lui. Si vous l’aviez lu, et surtout si vous aviez lu son dernier livre, vous n’écririez pas que M. Jean Daniel a été indifférent au sort « du plus illustre tunisien contemporain ».
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Le secrétariat de Jean Daniel: Paris le 1er févier 1993

A méditer!

Jusqu’à la veille du 14 juillet 2011, il y avait plus de deux millions de Benalistes tunisiens en Tunisie et à l’étranger. Le 14 Janvier 2011, il en restait très peu et aucun d’entre eux ne s’est risqué à  manifester le moindre soutien à son ancienne idole. Quelques semaines plus tard, Tijani Ben Ali, le frère aîné de l’ancien président, décède. Cinq personnes, je dis bien cinq, ont suivi son cortège funéraire et l’ont accompagné à sa dernière demeure. Pourtant, il a été enterré à Hammam- Sousse, sa ville natale.

Le 7 novembre 1987, le coup d’Etat médical qui a destitué le premier président de la République Tunisienne n’avait provoqué aucune réaction populaire. La Tunisie comptait pourtant  des millions de Bourguibistes, tous attachés à la personne de leur idole : Birrouh, Biddam Nefdik Ya Bourguiba ! Peu d’entre eux, et même parmi ses plus proches et anciens collaborateurs ne lui avaient manifesté la moindre compassion durant ses treize années de résidence surveillée, «  l’estrapade », et encore moins appelé à sa délivrance. Il est vrai que Georges Adda a osé écrire une lettre dans ce sens à son geôlier….en 1996 !

A l’étranger, un certain nombre de personnes s’étaient souciées du sort de Bourguiba et avaient entrepris quelques actions que je rappelle ici, très brièvement, en ce jour anniversaire de la mort du leader, où des millions de tunisiens se sont réveillés Bourguibistes !

Le Comité de Libération du Président Bourguiba s’est constituét des l’arrivée de Ben Ali au pouvoir. La
parution du 1°er numéro de la revue « Faire face » le 7 décembre 1987, 1°er tract distribué contre le putsch c’est le 7 novembre à minuit intitulé: Inquiétude.
Ben Ali, un militaro -policier spécialisé dans la répression et la torture a pris le pouvoir par un coup d’Etat en Tunisie.Mais officiellement le comité de libération du Président Bourguiba a été créee le 20 Mars 1989 sous l’égide de Michel Jobert Ancien Ministre des affaires étrangères lors de son déplacement à Toulouse.
Président: Michel Jobert
Vice- Président: Mansour SAYAH
Membres déclarés: Alain Ducellier, professeur d’histoire, professeur des Universités.
Chérif Falah: Docteur en droit, Université de Toulouse I.
Jamil SAYAH: Professeur de droit, Université Pierre Mendes France- Grenoble.
Henda DHAOUDI: Docteur  en lettres écrivain, Université de Saint Etienne.
Ce comité a été dissous après le décès du président Bourguiba.

Communiqué du Comité du 15 mai 1993

A la suite d’une campagne appelant à la libération de Bourguiba le Président Ben Ali vient de nous donner  une nouvelle administration de la « méthode Ben Ali » consistant à résoudre toute difficulté par un coup d’éclat à renforts de télévision et de presse, pour surgir en l’homme sauveur d’une difficulté dont il est le premier « artisan » sans rien résoudre.

Tout le monde a vu naguère comment Ben Ali a surgi sur la scène de la Télévision pour apporter la solution miracle à la dissolution de la LTDH , dissolution qu’il a lui-même programmé en faisant voter sa loi liberticide sur les associations. Non seulement ce coup d’éclat médiatique n’a rien apporté à la ligue, puisqu’à aucun moment il n’a remis la loi sur les associations en question, mais il a trouvé le moyen de s’ériger en champion du mouvement associatif en décrétant lors d’une opération médiatique une journée nationale des associations.
Fidèle à cette politique de l’hypocrisie érigée en méthode de gouvernement, Ben Ali s’érige aujourd’hui en libérateur de Bourguiba, lui qui a embastillé son prédécesseur pendant plus de cinq ans dans une résidence étroitement et minutieusement surveillée, sans aucune liberté de déplacement à l’intérieur du pays comme à l’étranger, sans visite des membres de sa famille qui ne soit autorisée par le ministère de l’intérieur et, au cas rare où elle l’est, elle se fait obligatoirement en présence du gouverneur de la région et pour plus de sureté avec des micros discrètement disséminés dans toute la villa. De plus Bourguiba a vu ses soins médicaux limités, l’information filtrée…etc
Notre comité dénonce cette nouvelle et odieuse comédie orchestrée par l’appareil de l’Etat pour tromper encore une fois l’opinion tunisienne et étrangère sur le véritable sort réservé à un vieillard important, tenu pendant des années dans la réclusion et incapable de se défendre et de déjouer la comédie dont il vient d’être encore une fois la victime, après celle des élections présidentielles où on l’a arraché de sa réclusion l temps de l’exhiber devant les caméras de la télévision pour balbutier des paroles favorables à l’homme qui l’a renversé le matin du 7 novembre 1987.
Nous appelons tous les Destouriens fidèles au Zaïm tous les démocrates tunisiens et français et tous les amis de Bourguiba, à déjouer et dénoncer cette odieuse manipulation d’un homme diminué et qui a plus que jamais besoin de notre solidarité.
Notre devoir aujourd’hui est de réclamer pour le président Bourguiba une visite en France pour retrouver peut-être pour la dernière fois, ses amis de longue date, comme Madame Mendès France, M. Jean Daniel et des hommes politiques auxquels il est particulièrement attaché, comme les Présidents François Mitterrand et Jacques Chirac. La France ne pourrait refuser cet ultime hommage à l’homme qui a fait d’elle le modèle et le point de passage obligé pour l’ouverture culturelle et économique du Tunisien sur le monde.
Toulouse le 15 Mai 1993
Comité de Libération du Président Bourguiba
In Horizon 94- La Voix de la Tunisie Libre
Archives de l’Institut tunisien des relations internationales
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Comité de Libération du Président Bourguiba:
Communiqué du 03 Août 1993

Nous avions souhaité que les amis français du Président Bourguiba fassent un geste  en hommage à l’homme qui est resté fidèle à la France après l’indépendance comme durant la lutte nationale. En vain nous ne pouvons que le regretter.

En ce jour où le Zaïm fête son 90 ème anniversaire dans la solitude et dans sa réclusion monastirienne, nous sommes indignés de voir son geôlier Ben Ali continuer à se moquer du monde en offrant à son prisonnier des fleurs  et « un immense gâteau » » pour mieux continuer à le séquestrer  et à le bâillonner.

Mais Bourguiba n’est pas le seul à être victime de cette impudente oppression, c’est le peuple tunisien entier qui est reclus et bâillonné, à qui Ben Ali offre quotidiennement « d’immenses gâteaux » de mensonges démocratiques et de respect de droits de l’homme. »

Si nous luttons aujourd’hui pour la libération de Bourguiba c’est aussi parce que cette lutte  fait partie intégrante de celle pour la dignité du peuple tunisien qui continue à supporter sans  broncher le sort que lui a réservé le régime de l »ère nouvelle ».

Mais jusqu’à quand?

Comité de Libération du Président Bourguiba:
Toulouse le 03 Août 1993

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Le Comité tunisien d’appel à la démission du Président Ben Ali,  fondé en Janvier 1993, par le docteur Mondher Sfar, militant bien connu et Ahmed Manai, a été très actif aussi sur le cas de l’ancien président. Il avait publié de nombreux communiqués et appels à sa libération et à son transfert à l’étranger pour se faire soigner.(Horizon 94).

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Puis, cette lettre ouverte à Jean Daniel et ses amis.

Coordination pour la Défense des libertés en Tunisie….

Paris le 26 Janvier 1993

A l’Attention de Messieurs Jean Daniel, Jean Lacouture, Serge Adda, Frédéric Mitterrand et Madame Mendès France, cosignataires de la pétition « justice pour un pays ami ».

Monsieur Jean Daniel

Le Nouvel Observateur.

Paris

Cher Monsieur,

Il y a longtemps que j’ai cessé d’être le fidèle lecteur du Nouvel Observateur que je fus durant de nombreuses années et il serait fastidieux de vous en expliquer les multiples raisons.

Je me permets néanmoins de vous en donner une, celle qui tient à votre indifférence et au silence de votre hebdomadaire face à l’injustice faite depuis plus de cinq ans, au plus illustre des Tunisiens contemporains, apôtre de l’amitié avec la France et pionnier incontesté de la francophonie et qu’à plusieurs occasions et tant qu’il était au faîte de sa gloire, vous n’avez pas dédaigné participer à son apologie.
Mais j’ai gardé cependant le contact et c’est épisodiquement, quand surtout une de ses livraisons traite de la Tunisie, que je m’autorise à acquérir votre hebdomadaire.

Le cas s’est présenté récemment quand vous avez publié dans le n° 1469, la lettre, dont les signataires, plus illustres les uns que les autres, venus d’horizons divers mais tous unis dans la revendication de leur vieille et profonde amitié pour la Tunisie, réclamaient à coups de statistiques sur la croissance, de chiffres sur les flux touristiques et autres indicateurs sur l’ouverture de la Tunisie au monde et à la modernité, « justice pour un pays ami ».

Je dois avouer que quoique profondément touché, en tant que patriote tunisien, par la bienveillance manifestée à l’égard de mon pays par d’aussi illustres personnages, je ne vois guère, ailleurs que dans le comportement criminel de ce citoyen très spécial et de ceux qui le protègent en haut lieu, l’injure faite à mon pays. Et si dans certains comptes- rendus de ce procès, des journalistes auraient associé imprudemment le nom de la Tunisie aux frasques d’un trafiquant et de paraître ainsi aux yeux de certains, ternir son image, les lecteurs, qui ne sont pas tous et toujours dupes, auront rectifié par eux-mêmes et dispensé ces grands amis de la Tunisie de se dépenser en plaidoiries inutiles.

Il y a par contre une injustice, d’autant plus flagrante que rien ne justifie, contre laquelle ces éminentes personnalités et vous- même, auraient pu intervenir utilement. C’est celle faite depuis cinq ans, aux tunisiens, à leurs droits les plus élémentaires de citoyens et d’hommes, à leurs aspirations à la liberté et à la démocratie, par un régime anachronique.

Je m’en voudrais de vous faire l’offense, à vous tous qui êtes au centre de l’événement et en tout cas si proches des faits et de l’actualité, de vous croire ignorants des graves atteintes aux droits de l’homme en Tunisie, de la torture avilissante qui y est pratiquée à grande échelle, de l’iniquité de la justice, de la lente et sûre déliquescence de l’Etat de droit et de l’instauration insidieuse d’un Etat de non droit et d’un pouvoir personnel sans commune mesure avec ce que la Tunisie a connu au cours des heures les plus sombres de son histoire.
Il est bien sûr loisible de justifier tout cela et même le silence complice, des grandes consciences qui l’entoure, par la menace sur les institutions et les acquis modernes de la Tunisie, que font peser des islamistes prêts à tout.

De nombreuses forfaitures, du Goulag Soviétique, à la purification ethnique en passant par les apartheids en tout genre, ont eu à travers l’histoire des justifications semblables et leurs auteurs ont toujours pu compter sur la connivence des faiseurs d’opinion et parfois même sur le zèle d’avocats talentueux.

Et si je ne m’attendais guère à ce que l’un des signataires de cette lettre, ni vous-même, dénonce ces pratiques dans un pays ami, j’aurai espéré néanmoins que Madame Mendès France, Monsieur Jean Lacouture et vous-même, par gratitude envers l’homme qui revendiquera votre amitié jusqu’au dernier souffle, sortiez de votre mutisme et protestiez du bout des lèvres, contre « l’estrapade » que subit Bourguiba depuis cinq ans.

J’aurai espéré aussi que le militant des droits de l’homme que fut monsieur Serge Adda, surmonte sa rancune contre le vieux et en fasse autant, faute de pouvoir protester contre le sort fait à la LTDH dont il fut l’un des fondateurs et, que monsieur Frédéric Mitterrand enfin, par fidélité au culte des grands de ce monde que son grand talent de conteur a su transmettre à ses nombreux admirateurs, dont je suis, ait un clin d’œil pour ce grand tunisien enterré vivant.

C’est ainsi cher monsieur, que je conçois l’amitié à un pays. Dans mon esprit, elle doit s’adresser avant tout aux femmes et aux hommes qui le peuplent et le font chaque jour et particulièrement à celles et à ceux qui y subissent l’injustice et font les frais de la folie de leurs semblables. A moins que vous ne soyez, vous-même et les illustres pétitionnaires, partisans de Socrate quand il dit que « ceux qui subissent les injustices sont moins à plaindre que ceux qui les leur infligent » auquel cas et, ne pouvant me hisser à ce niveau de conscience, je dois reconnaître que mes propos et ma démarche sont tout simplement superflus et je vous en demande par avance pardon.

Veuillez agréer cher monsieur, l’expression de mon profond respect.

Ahmed Manaï

Coordination pour la Défense des Libertés en Tunisie (CDLT) -Paris

Le Directeur

Paris le 1er févier 1993

M.Ahmed MANAI

25, rue des Rossays- E 5

91600 Savigny/ Orge

Monsieur,

M. Jean Daniel a pris connaissance de la lettre que vous avez bien voulu lui adresser. Mais il n’a pu aller au- delà des premiers paragraphes, qui révèlent une injurieuse ignorance des liens qui ont existé, et qui existent, entre le président Bourguiba et lui. Si vous l’aviez lu, et surtout si vous aviez lu son dernier livre, vous n’écririez pas que M. Jean Daniel a été indifférent au sort « du plus illustre tunisien contemporain ».
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Signé : B. illisible

Le secrétariat de Jean Daniel

 

Lire aussi:

https://tunisitri.wordpress.com/2010/05/10/bourguiba-bizerte-adel-zitouni-%D8%B9%D8%A7%D8%AF%D9%84-%D8%A7%D9%84%D8%B2%D9%8A%D8%AA%D9%88%D9%86%D9%8A//

 

3 commentaires sur “Anniversaire de la mort du Président Bourguiba!

  1. Et le sort de milliers de familles tunisiennes oppressées et piétinées par le dictateur Bourguiba non Jean Daniel aimait bien son ami tortionnaire!Cet anniversaire est une atteinte à la mémoire des victimes du régime dictatorial de Bourguiba et de sa créature Ben Ali!!!

  2. SVP Candide n’interprétez pas faussement ce qui est écris! Ce n’est pas de la haine c’est à rappel de l’histoire douloureuse vécue par des familles tunisiennes.Seul les fascistes ont de la haine pour un peuple désarmé qui n’a toujours cherché qu’à vivre heureux et se développer pour atteindre une vie digne. Bourguiba et son clan (qui continue à berner le peuple sous d’autre slogans et appellations) ont poussé à l’exil et tué notre matière grise et tout opposant qui a eu le courage de le contrer!

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