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Dr Amer SABAILEH: Damas 2 « et bains de sang à venir »


Il se pourrait que les prochains jours voient une augmentation horrible de l’effusion du sang en Syrie dans le but d’en finir avec l’image du régime. Cette augmentation du degré de violence a pour but en vérité d’influer sur les pourparlers politiques en cours et qui précédent l’étape de la formation du gouvernement de transition, où toutes les parties essaient d’améliorer leurs positions politiques avant de commencer la formation de ce gouvernement de transition.

Damas

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La Russie a refusé de parler de tout consensus hors du cadre du sommet de Genève, subit elle aussi a une tentative de changement de la situation sur le terrain. Les Etats Unis ont commence à former un camp de l’opposition et celle-ci a déclaré qu’elle apportera son soutien à ce qu’elle a nommé « l’opposition syrienne unie » et qui a été le produit de l’accord conclu a Doha entre plusieurs fractions de l’opposition syrienne. De son côté, le vice porte parole du Département d’Etat Mark Toner dans un communiqué à déclaré « Nous sommes pressés de soutenir un Collectif National qui permettra la fin du régime sanguinaire d’Al-Assad et l’avenir de paix, de justice et de démocratie que mérite le peuple syrien en entier ». Et il a ajouté « Nous travaillerons avec le Collectif National à faire parvenir nos aides humanitaires et pacifiques conformément aux besoins du peuple syrien ». Washington essaie donc de redéfinir la résolution politique en Syrie en créant un nouveau corps d’opposition et en le présentant comme étant le représentant unique du peuple syrien, de changer l’équation du sommet de Genève et de conformer le gouvernement à venir pour son intérêt politique.

La Russie a pour sa part compris le danger de la production d’une opposition américaine et sa présentation comme étant le représentant unique du peuple syrien. C’est pour ca que la Russie a accueilli des groupes de l’opposition nationale syrienne afin de présenter une vision réaliste qui a pour but d’arrêter la violence, achever le processus de transition politique et la sauvegarde de l’état syrien. La vision russe a été résumée par le président du Comité de Coordination Nationale des Forces du Changement Démocratique a l’Etranger, Haythem Mannaa, lorsqu’il a appelé à renforcer l’idée de recourir à un sommet « Genève 2 » et qu’il a considéré comme essentielle pour former une position commune des cinq forces permanentes du Conseil de Sécurité, et surtout les Etats Unis et la Russie. Le président du Comité d’organisation du sommet « Pour Sauver la Syrie » Raja Nasser, a assuré quant à lui lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de l’agence Novosti à Moscou le 29 novembre, sur la nécessité d’arrêter la violence et de la recherche d’une issue politique à la crise. Nasser avait dit: « Nous avons dit depuis le début qu’il fallait une solution politique. Il est vrai que le régime va chuter (…) mais notre question est : la chute du régime est-elle un but ou une entrée vers un changement démocratique ? ». Et il a ajoute : » Oui ! Le régime s’écroulera, mais il n’y aura pas de démocratie avec la méthode employée aujourd’hui. Avec la violence, nous aurons des extrémistes, nous vivrons un autre combat, nous assisterons à la « somalisation » de la Syrie ». Nasser voit que « l’alliance occidentale ne veut pas de transition démocratique en Syrie, et ne veut même pas d’une intervention militaire rapide. Le but a été la destruction de la société syrienne ».

Accompagnant les efforts russes a Moscou, le représentant de la Russie aux Nations Unies Vitaly Churokin a assuré qu’il était temps de tenir une nouvelle réunion du groupe de travail autour de la Syrie. Le diplomate russe a déclaré après la réunion du Conseil de Sécurité le 29 novembre : « La poursuite de l’escalade ne fera que plus de dégâts ». et il a assuré : »Nous essayons de faire pression sur le gouvernement en Syrie pour le convaincre qu’il ne peut y avoir une solution militaire à la crise et de la nécessité de s’asseoir à la table des négociations avec l’opposition ».Sur le plan de la diplomatie internationale, Lakhdhar Al-Ibrahimi, émissaire onusien pour la Syrie, a insiste sur la nécessité « que toutes les parties en Syrie soient convaincues de la solution pacifique », assurant que « tous les camps en Syrie travaillaient à un triomphe militaire ». C’est pour ca que Al-Ibrahimi a insiste sur la nécessité que le Conseil de Sécurité adopte une résolution concernant la Syrie qui trace une route pour cesser la confrontation qui s’y déroule.

L’émissaire onusien a de nouveau mis l’accent sur le fait que tout processus de règlement ne doit pas annuler les accords conclus lors du sommet de Genève du Groupe de Travail autour de la Syrie le 30 janvier dernier, et c’est un message caché au camp occidental (les Etats Unis et la France). Et il a déclaré que tout processus de ce genre « devait commencer par la création d’une institution transitionnelle qui bénéficie des prérogatives du gouvernement et devrait s’achever par la tenue d’élections générales ».

Donc, la bataille en cours à Damas, et qu’on pourrait nommer « Damas 2 » pourrait être la dernière bataille avant l’entame du cessez-le-feu. D’après des informations sûres, les groupes armés auraient reçu des équipements de communication, d’écoute et de brouillage très développés et comprenant une technologie très compliquée, ce qui a permis aux combattants de réaliser une avancée significative sur le terrain et ce qui a causé des pertes dans les rangs de l’armée syrienne. Le grand nombre de ces combattants confirme aussi les informations disant qu’une frange des forces de sécurité intérieure avait une complicité avec ces derniers et facilitait leur passage et celui des armes. Prendre l’aéroport international de Damas pour cible est un message clair pour dire que la bataille de Damas sera rude, symboliquement, entrer et sortir de la Syrie n’est plus facile. Les événements actuels à Damas pourraient donc renverser l’équation à venir. Le coût du maintien du régime politique en Syrie ou son départ pourrait être très élevé aujourd’hui, que ce soit pour les alliés à l’étranger ou pour l’armée à l’intérieur. C’est pour ça que le passage vers la transition politique à venir pourrait être le premier pas pour arrêter la violence en Syrie.

Dr Amer SABAILEH
(Par Amin Os, samedi 1 décembre 2012)

Un commentaire sur “Dr Amer SABAILEH: Damas 2 « et bains de sang à venir »

  1. Une fois encore les américains se mêlent d’affaires internes….toujours pour imposer leur vision de la « démocratie » qui, si elle convient à Paul, ne conviendra pas forcément à son voisin…..Le Général de Gaulle se méfiait de ces gens-là et une fois de plus il ne se trompait pas dans ses jugements.

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