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Les salafistes tunisiens imposent leur ordre moral


Les salafistes tunisiens imposent

leur ordre moral

Ils ne sont pas les plus nombreux de la mouvance islamiste mais leurs agissements les rendent très vi­sibles. Les salafistes tunisiens ont choisi l’action pour imposer leur ordre moral. Trois soirs d’affilée, ils ont, par l’intimidation ou la force, fait annuler ou interrompu des manifestations publiques dans trois villes différentes de Tunisie.
Par Thibaut Cavaillès Publié le 19/08/2012

Les salafistes tunisiens imposent leur ordre moral

Par Thibaut Cavaillès Publié le 19/08/2012
En mars dernier, de nombreux salafistes s’étaient réunis sur l’avenue Bourguiba, à Tunis, pour exiger l’application de la loi islamique dans la nouvelle Constitution. Crédits photo : FETHI BELAID/AFP

Mus par un sentiment d’impunité, les islamistes radicaux ont perturbé plusieurs manifestations culturelles.

Ils ne sont pas les plus nombreux de la mouvance islamiste mais leurs agissements les rendent très vi­sibles. Les salafistes tunisiens ont choisi l’action pour imposer leur ordre moral. Trois soirs d’affilée, ils ont, par l’intimidation ou la force, fait annuler ou interrompu des manifestations publiques dans trois villes différentes de Tunisie.
Mardi dernier, à Menzel-Bourguiba (Nord), le comique Lotfi Abdelli a préféré ne pas présenter son one-man-show, «100 % Halal»,après une scène digne d’un spectacle humoristique. Dans la journée, plusieurs de ces supposés salafistes sont venus déplier leur tapis et s’adonner à la prière dans la salle où il devait se produire. Le comique a préféré renoncer.
Le lendemain, à Kairouan (Est), c’est le chanteur tunisien Lotfi Bouchnak qui a fait les frais de l’activisme salafiste. Au dernier soir d’un festival de musique soufie, le chanteur doit être accompagné de musiciens iraniens. Donc chiites. Et le chiisme ne fait pas bon ménage avec le sunnisme des salafistes, qui ont vu dans ce concert une atteinte au sacré, dans une ville considérée comme la quatrième ville sainte de l’Islam. Intimidation au pied du bus, les musiciens iraniens préféreront rester à l’hôtel.
Des menaces – comme ce fut le cas dans plusieurs festivals durant l’été -, mais pas de violence. Jusqu’à jeudi soir à Bizerte (Nord), où les fondamentalistes sont montés d’un cran, 200 d’entre eux s’attaquant, selon les témoins, à un rassemblement en marge de la Journée al-Qods (Jérusalem en arabe). Armés de bâtons et de sabres, ils ont envoyé plusieurs personnes à l’hôpital. La présence parmi les invités de Samer Kuntar, ancien prisonnier en Israël, aurait déclenché l’ire des salafistes, ce Libanais ayant défendu la veille le régime de Bachar el-Assad.
À ces événements s’ajoutent des affrontements vendredi à Gabès (Centre-Est) entre salafistes et chiites, cette fois séparés par les forces de l’ordre.

Questions sur le rôle d’Ennahda

Pour chacune des trois soirées culturelles, l’absence d’intervention des autorités fait dire à beaucoup en Tunisie que l’État est complice de ces agissements. Comme en juin dernier, après l’attaque d’une galerie d’art contemporain et des nuits de trouble dans le pays, que le ­gouvernement n’avait que mollement condamnées. La thèse même d’une manipulation par Ennahda, le parti au pouvoir, est souvent brandie. Le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité commenter ces accusations.
Le politologue Ahmed Manaï, ancien proche du mouvement et de son leader, Rached Ghannouchi, ne l’exclut pourtant pas. «Les rapports d’Ennahda avec les chefs salafistes sont au beau fixe, dit-il. Quand il arrive qu’Ennahda condamne une action des salafistes, elle condamne rarement, sinon jamais, les auteurs et cherche même à leur trouver une justification. En fait, Ennahda a toujours cherché à avoir un mouvement plus extrémiste qu’elle pour prouver sa modération et son pacifisme aux yeux de l’opinion.»
Pour les commentateurs tunisiens, Ennahda tenterait par cette manœuvre de détourner l’attention des problèmes économiques et sociaux que traverse le pays. «Nous avons vu ces agissements, poursuit Ahmed Manaï, dans d’autres mouvements islamistes parvenus au pouvoir par les urnes, mais sans aucun projet de société ou programme politique, et qui ont très rapidement prouvé leur incapacité à diriger un pays, comme le Hamas en Palestine.» Le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, s’était défendu en juillet dernier, disant privilégier le dialogue avec les salafistes «pour ne pas radicaliser leur engagement».
Le manque de réaction du pouvoir peut aussi s’expliquer par des idées communes avec les salafistes. Le 1er août dernier, le parti majoritaire a déposé un projet de loi criminalisant l’atteinte au sacré et prévoyant deux ans de prison ferme pour tout contrevenant.
http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/19/01003-20120819ARTFIG00189-les-salafistes-tunisiens-imposent-leur-ordre-moral.php/

3 commentaires sur “Les salafistes tunisiens imposent leur ordre moral

  1. Un acte irréfléchi.
    **********************

    Là vous ne faites que reprendre un article du Figaro ( merci pour le lien au bas du texte) qui est connu et reconnu comme étant un journal très violent contre l’Arabo-Islamisme.
    Ceci est une erreur monumentale de votre part , si vous le permettez, parce que vous vous mettez en position de relais pour faire écho de ce qui se passe chez nos frères de Tunisie ( que je salue au passage) .
    Il aurait été plus prudent et plus sage , d’adjoindre plusieurs passages de différents journaux qui traitent du sujet parce que là, par amour au monde auquel j’appartiens , vous donnez nos dos pour nous faire battre.

    Avez-vous au moins lu les commentaires du texte pour avoir une idée ?

    Le parti de la blonde marine et son borgne père , sans oublier l’homme à la chemise blanche entrouverte , de même que celui qui vient d’ acheter un palais à Marakech …tout ce beau monde doivent jubiler de plaisir parce que vous leur donnez du blé à moudre.

    La démocratie, la libre expression est quelque chose de bien mais , il y a des limites que toute sage personne ne saurait franchir.

    Sans rancune et saha 3aidkom par ce jour de canicule.

    • Saha 3aidkom aussi,
      En effet j’ai repris cet article du Figaro que je connais bien depuis un bon demi-siècle, désolé de donner du blé à moudre à tous ceux que vous avez cités mais il est important de savoir que Ahmed Manai cité dans l’article est votre serviteur et que ce qui lui importe le plus est de dire la vérité. Je vais voir les commentaires et merci!
      Ahmed Manai

  2. L’extrémisme musulman ignore la liberté, l’égalité des droits. Il entend répandre sa fol et oppressive hégémonie partout.
    Le monde libre, tous les peuples et individus attachés aux droits de l’Homme et à la démocratie, doivent s’opposer à cette idéologie rétrograde, avec la plus grande vigilance et fermeté.
    Celui qui pratique l’oppression ne peut être combattu que par la force. On ne peut laisser se répandre le mal. On ne peut oublier que l’aveuglement par confort, par lâcheté, ou la permissivité, ont mis Hitler au pouvoir et le monde à feu et à sang. Il n’y a pas de différence entre l’abjecte prétention de suprématie par la race ou par une idéologie quelconque. Vouloir supprimer un enfant parce qu’il est juif ou parce qu’il a brûlé des pages du Coran ne fait aucune différence. Cette volonté n’est que le fruit d’une attitude diabolique.En France, par exemple, tout comportement, toute preuve d’attachement à l’islamisme intolérant et conquérant, devraient être sanctionnés efficacement, car il met en danger les valeurs et relations auxquelles les Français, et les démocrates de tout pays, sont définitivement attachés. http://www.transrealisme.org

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