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Syrie : les médias ont leur propre peuple


attentat à DamasSyrie : les médias ont leur propre peuple

Le peuple syrien a peur pour son pays, pour lui-même et pour ses enfants. Il a d’autant plus peur qu’il voit ce que sont devenus l’Irak et la Libye, après qu’ils aient subi le même vacarme médiatique. Il est donc sorti, par centaines de milliers, à travers toute la Syrie pour dire, comme il faut le dire, qu’il refuse ce que les «amis de la Syrie» lui réservent.

Par Ahmed Halfaoui: 18-03-2012


Syrie : les médias ont leur propre peuple

Le peuple syrien a peur pour son pays, pour lui-même et pour ses enfants. Il a d’autant plus peur qu’il  voit ce que sont devenus l’Irak et la Libye, après qu’ils aient subi le même vacarme médiatique. Il est donc sorti, par centaines de milliers, à travers toute la Syrie pour dire, comme il faut le dire, qu’il refuse ce que les «amis de la Syrie» lui réservent. Hommes, femmes, jeunes, vieilles et vieillards, se sont rassemblés dans une explosion de couleurs, dans l’espoir qu’enfin on cesse de faire croire qu’ils veulent que l’OTAN vienne les bombarder. Ils ont aussi dit qu’ils se défendraient  contre toute agression. Mais le comité de rédaction international unifié ne les a pas vus, ne voulait pas les voir. Il a juste vu, comme il est prévu dans son lexique, une «démonstration de force du régime au premier anniversaire de la révolte». Parce que, selon lui, «le régime de Bachar al Assad a fait défiler… des milliers de personnes… dans les grandes villes du pays, à l’occasion d’une démonstration de force coïncidant avec le premier anniversaire du début du soulèvement contre le pouvoir». Le même, qui a écrit cela, pourra dire plus tard, si les choses tournent mal, que ses sources l’avaient trompé ou fera mine de ne jamais rien avoir écrit de tel. A l’instar de ceux qui dénoncent, après coup, les «nouveaux maîtres» de la Libye, omettant le soutien qu’ils leur ont apporté, il y a quelques mois. Ainsi un peuple, surtout dit arabe, ne peut pas décider pour lui-même, même pour faire une révolution. Il lui faut se mettre derrière un CNT labélisé à Paris,  à Londres ou ailleurs, sinon il n’existe pas, en lui-même, et se confond avec le «régime» qui le dirige. Il ressemblera à ce genre de description : «Dans une ambiance quasi festive, les pro-régime  agitaient des drapeaux syriens et russes pour ‘’remercier Moscou de son soutien à Damas’’». Beaucoup portaient des portraits du président sur lesquels était écrit «On t’aime». Des «pro-régime», rien de plus méprisant comme qualificatif, quand on n’obéit pas au programme établi. Ce programme que portent les «défenseurs des droits de l’Homme», qui savent mieux que l’Homme où se trouve son salut. Pour la Libye les ONG se dénombraient à 70, pour la Syrie elles sont deux cents à hurler ceci : «Unissez-vous pour la Syrie : mettez fin à une année d’effusion de sang». Aucune ne s’est autant mobilisée ailleurs et surtout pas pour «mettre fin» à soixante-quatre années d’effusion de sang en Palestine. Pourtant, on peut penser que le peuple syrien est en train de gagner. Les décideurs de la «démocratisation aéroportée», nonobstant l’obstacle russo-chinois, sont moins chauds que d’habitude à aller ouvrir des autoroutes devant leurs supplétifs, vers la «victoire». Le Potus Barak Obama vient de le confirmer en déclarant que «l’idée selon laquelle la manière de résoudre chacun de ces problèmes est de déployer notre armée, cela n’a pas été vrai dans le passé et cela ne le sera pas plus maintenant». Ce n’est évidemment pas de la sagesse, c’est du pragmatisme coulé dans l’implacable réalité d’un contexte international qui a remis en cause l’unipolarité.         

Par Ahmed Halfaoui 

 
http://www.lesdebats.com/editions/170312/les%20debats.htm 

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Le syndrome de l’indigène

Jeudi dernier, sur TV5 se produisait un individu qui parlait de l’Algérie et de démocratie. Il parlait de haut et disait que les candidats aux prochaines législatives étaient triés sur le volet, pour expliquer en quoi consistera la fraude. TV5 ne dit pas pourquoi l’opinion du monsieur pourrait constituer une information ou représenter un intérêt quelconque et il paraît qu’il commence à être couru des médias. On apprend qu’il s’agit d’un ex-ministre algérien délégué du Trésor en 1990, qui vient, entre autres,  de s’apercevoir que l’interruption du processus électoral  «était une erreur». Aujourd’hui, il est homme d’affaires réussi en Suisse, qui prévoit un «printemps» très prochain pour le pays qui l’a fait ministre. Résumons-nous. Un bonhomme, bien à l’aise, où il se trouve, qui ne risque pas de venir souffrir des déficits du sous-développement, devenu Suisse, il vit beaucoup mieux que la majorité des Suisses, chez eux, a certainement un intérêt à fustiger son ex-employeur, l’Etat algérien.  Mais quel est l’intérêt ? Comme il parle de «printemps» à des médias férus de «printemps», on peut estimer avoir trouvé une piste. La seule plausible, en dehors de celle qu’il représenterait un quelconque parti politique identifié, ce qui n’est pas le cas. La piste CNTiste, probablement, jusqu’à preuve du contraire. Car on a, désormais, l’habitude de voir ce type d’individu faire florès ex nihilo, comme on a pu le constater pour l’Irak, la Libye ou la Syrie. Le moment venu, il aura le curriculum vitae  qu’il faut. Car c’est la nouvelle procédure pour faire de la politique chez les ex-indigènes. Ceux qui luttent à l’intérieur de leur pays, au sein de leur peuple, ne comptent plus. Il faut désormais passer par un «agrément» et une «certification» en «exil», porté par les chaînes et organes de presse du comité de rédaction international unifié et obtenir une «représentativité» qui n’aura nul besoin de passer par une légitimation populaire. La preuve est déjà faite. TV5 ne travaille pas dans l’inopiné et obéit, comme on le sait maintenant, à une grille très rigoureuse qui ne laisse rien passer qui ne puisse servir. Mais peut-être allons-nous trop vite en besogne et que le monsieur a d’autres intentions et qu’il s’est seulement laissé griser par la perspective d’une notoriété inespérée. Car, à sa décharge, le syndrome de l’indigène, étant très dur à exorciser pour certains, il n’a pas pu résister à cette soudaine reconnaissance et au fait de ne plus être un indigène comme les autres. Pour cela on ne peut pas lui reprocher, outre mesure, de se «mettre au service», de façon inconsciente, de la propagande contre son pays. Même si l’on sait qu’il sait qu’il n’aurait pas eu les mêmes égards, s’il n’avait pas que des attaques en règle calibrées sur le tempo de l’air du temps. Cela, fut-il l’opposant le plus radical. Même si l’on sait qu’il sait qu’il ne doit d’être sollicité qu’à ce profil  de «bon Arabe», d’Arabe «pas comme les autres», d’Arabe «assimilable», d’Arabe qui «parle comme il faut». Il a d’ailleurs un physique qui lui permet de ne pas détonner, comme ses compatriotes, dans le paysage. Il doit en être fort aise.

Badis Guettaf

http://www.lejourdalgerie.com/Editions/170312/une/Lejour.htm 


Un commentaire sur “Syrie : les médias ont leur propre peuple

  1. Message reçu ! Merci pour la leçon

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