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Les Frères musulmans et le plan de protection d’Israël


Les Frères musulmans et le plan de protection d’Israël
Ce n’est plus un secret, les événements qui secouent la Moyen-Orient ont pour but de protéger Israël des graves répercussions de la défaite du projet états-unien en Irak. Et tout ce que fait l’alliance occidentale, conduite par les Washington, dans le contexte dudit « Printemps arabe », s’inscrit dans ce cadre.

Pierre Khalaf
Mardi 13 Décembre 2011

Les Frères musulmans et le plan de protection d’Israël

Pierre Khalaf
Mardi 13 Décembre 2011

Ce n’est plus un secret, les événements qui secouent la Moyen-Orient ont pour but de protéger Israël des graves répercussions de la défaite du projet états-unien en Irak. Et tout ce que fait l’alliance occidentale, conduite par les Washington, dans le contexte dudit « Printemps arabe », s’inscrit dans ce cadre.

Le deal conclu entre les États-Unis et la Confrérie des Frères musulmans a été dévoilé au Caire par le secrétaire d’État adjoint pour les Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, qui n’a fait que confirmer ce que les observateurs avaient déjà deviné en analysant les déclarations des chefs du mouvement islamiste dans plusieurs pays arabes et musulmans. Sont venus ensuite s’inscrire dans ce même cadre les déclarations du président du Conseil national syrien d’Istanbul, Burhan Ghalioun, qui a fait tomber le masque en affirmant que l’opposition s’emploierait, si elle accède au pouvoir, à rompre les liens avec l’Iran et les mouvements de résistance libanais et palestinien. M. Ghalioun a rejeté la lutte armée pour libérer le Golan occupé, qui doit se faire, selon lui, à travers la négociation. Mais il y a plus grave encore : les dirigeants des Frères musulmans syriens ont révélé leurs vraies intentions en affirmant que s’ils prenaient le pouvoir, ils enverraient l’armée syrienne au Liban pour combattre le Hezbollah. C’est-à-dire qu’ils se porteraient volontaires pour la mission qu’Israël avait échoué à accomplir en 2006, malgré le soutien d’une trentaine de pays arabes et occidentaux.

Ces prises de positions de mouvements et de personnalités qui prétendent représenter « la légitimité populaire » s’inscrivent parfaitement dans le cadre des politiques US dont le but principal est de protéger l’État hébreu. Et ce n’est pas un hasard. Cela confirme ce que nous écrivons dans ce bulletin depuis plus de sept mois. D’ailleurs, les centres de recherches occidentaux sont de plus en plus nombreux à le signaler et l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, l’a clairement dit lors d’une conférence donnée à Beyrouth la semaine dernière : « Les États-Unis soutiennent les Frères musulmans », avait-il dit. Cela explique en grande partie la méfiance du patriarche maronite Mgr Béchara Raï à l’égard du « Printemps arabe », qui risque de se solder, selon lui, par un morcellement du Proche-Orient en entités confessionnelles, ce qui servirait les intérêts d’Israël, et fait planer de sérieuses menaces sur la présence des chrétiens et des autres minorités religieuses dans cette région.

Le blanc seing à l’arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie, en Libye et, maintenant, en Égypte, devrait convaincre ceux qui doutent encore des réelles intentions de l’Occident, mené par les États-Unis. La tentative de détruire l’État national syrien et de morceler le pays constitue l’une des principales pièces de ce puzzle que l’Occident tente de rassembler. C’est pour cela qu’il ferme les yeux sur les crimes commis en Syrie par les groupes armés extrémistes, auxquels il accole maintenant l’étiquette de « déserteurs », moins répugnante aux yeux de l’opinion publiques occidentale que salafistes ou extrémistes musulmans.
Dominée par les États-Unis, inconsciente des répercussions qu’elle risque de subir, l’Europe déroule le tapis rouge à cette mouvance islamiste, considérée il y a peu comme un grave danger.

La tendance en Syrie

Le pouvoir sûr de lui, l’opposition dans la confusion
L’évolution des événements en Syrie ne peut être dissociée du contexte régional et international. Le pouvoir a accepté de signer le protocole élaboré par la Ligue arabe sur l’envoi d’observateurs, en totale coopération avec la Russie. D’ailleurs, des sources diplomatiques russes au Liban affirment que la Russie ne compte pas lâcher le régime syrien, et cet appui est pour Moscou une question stratégique. Ces assurances sont contraires aux prévisions de responsables de la coalition pro-occidentale du 14-Mars.

Face à l’appui russe à la Syrie, il devient difficile de renverser le régime militairement, en dépit des préparatifs effectués dans ce but en Turquie, au Liban et, dans une moindre mesure, en Jordanie. Par contre, les pressions sur la Syrie vont se poursuivre, surtout à l’approche de la fin du retrait US d’Irak. Les États-uniens voudraient provoquer des troubles pour détourner l’attention générale de ce retrait et de l’atmosphère de défaite qui l’entoure. De plus, les troubles en Syrie sont destinés à remplacer l’attaque militaire contre l’Iran qui devient de plus en plus difficile dans ce climat de crise et avec les problèmes financiers qui agitent l’Europe et les USA.
La situation en Syrie est donc appelée à rester instable, et même si le régime a finalement décidé de signer le protocole de la Ligue arabe, celle-ci trouvera sans doute d’autres angles pour maintenir les pressions. Toutefois, les sanctions de la Ligue arabe auraient renforcé le sentiment patriotique chez les Syriens, ce peuple ayant beaucoup de fierté nationale. De plus, les Frères musulmans ayant été pratiquement éradiqués du pays dans les années 80, ils n’ont pas eu le temps d’acquérir une grande assise populaire et ils se voient contraints à porter les armes et à commettre de véritables massacres pour marquer leur présence.

En parallèle, les déclarations du chef du Conseil national syrien d’Istanbul, Bourhan Ghalioun, contre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, ont choqué une grande partie de la population syrienne. Des rumeurs sur une rencontre qui se serait tenue en octobre à Washington entre des responsables de l’administration Obama, un représentant du CNS et un responsable israélien ont commencé à circuler. Selon ces rumeurs, le représentant du CNS aurait réclamé de l’aide financière, une reconnaissance diplomatique de la part de la communauté internationale et une intervention militaire contre son propre pays.
Sur le terrain, les actes de violence se poursuivent, ainsi que les manifestations contre et en faveur du régime. Mais celui-ci a réussi à embarrasser la Ligue arabe en se déclarant prêt à signer le protocole pour l’envoi d’observateurs. Le processus devrait prendre quelques jours, voire des semaines, alors que les développements dans l’ensemble de la région restent plus ou moins incontrôlables et que la situation demeure instable en Égypte, à Bahreïn et au Yémen.
Les États-Unis auraient discrètement sollicité l’ouverture d’un dialogue avec l’Iran, mais la République islamique aurait opposé un refus sans nuance à cette demande. Par contre, Téhéran aurait demandé l’ouverture d’un dialogue avec l’Arabie saoudite, laquelle a aussi rejeté la suggestion. C’est dire que pour l’instant, les canaux de négociations restent bloqués sur le double plan régional et international.
La situation interne en Syrie est solide, alors que le plan de créer une zone tampon à la frontière avec la Turquie bat de l’aile. Sans parler du fait que la Russie exerce à son tour des pressions sur la Turquie qui a, elle aussi, un tissu social fragilisé. Le Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan lève le ton à l’égard de la Syrie car il cherche à cacher son incapacité à agir sur le terrain.

http://www.voltairenet.org/Les-Freres-musulmans-et-le-plan-de

Un commentaire sur “Les Frères musulmans et le plan de protection d’Israël

  1. Au delà de toute analyse basée sur des préjugés historiques ou simplement d’appartenance « idéologique », la révélation « labsus » de la conseillère US, éclaire de mille feux les entreprises de déstabilisation du Liban, puis de la Palestine, et ensuite de la Syrie, qui empêchent la « normalisation » et la résurrection du Grand Moyen Orient de SHARON-BUSH-CONDOLEEZA RICE, sur les décombres de l’Irak, de la Syrie, de l’Iran, et enfin, du Liban et de la Palestine qui sera « gommée »…
    Mais, pour arriver à ces fins, il aurait fallu « gommer » aussi Hizbollah, Hamas, et les exemples réussis de « Républiques islamiques » comme celui de l’Iran, qui malgré la peur des « Mollah », présents dans l’inconscient euro-US, comme hier le « Grand turc », semblent avec la Turquie, montrer qu’un autre islam, sans dictateurs, sans monarchies bédouines est effectivement possible,
    Malgré ses « défauts » hérités du Baas, révolutionnaire, mais dictatorial, la Syrie de Bechar Al Assad, est somme toute, plus dangereuse comme contre exemple aux monarchies soumises, que les « libéraux » comme Hariri, et son gentlemen « look », au service des « puissants » et des « pouvoirs de l’argent sans frontières »..
    La Syrie, pourrait certainement faire mieux, mais certainement pas sous la tutelle US, ni française, et encore moins « Péninsule arabique-sionisme », dans un Moyen Orient que l’on refuse de DÉNUCLÉARISER en commençant d’abord par DÉMILITARISER, Israël, pour SAUVER l’Humanité d’une nouvelle conflagration mondiale, surtout lorsque l’on se rappelle, que SHARON avait averti les Européens qu’Israël, « pointe désormais ses têtes nucléaires » sur CHACUNE des capitales européennes », … la virtuelle et hypothétique bombinette iranienne étant encore dans les chimères de ceux qui se nourrissent de fantasmes, comme ce Chirac, qui en a dit « PSHIIITTT » avant qu’elle ne fut lancée, car, sachant de quoi il parle, comme Président, alors de la RF, il savait que même si nul n’oserait recourir, à cet expédient extrême, les sionistes, eux n’hésiteraient pas l’espace d’un seul instant, pour déclencher L’HOLOCAUSTE à la mode Armaggeddon.
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    Lettre ouverte d’un prêtre arabe à Alain Juppé…

    Père Elias Zahlaoui, prêtre arabe de Syrie.Père Elias Zahlaoui, prêtre arabe de Syrie.
    Lettre ouverte d’un prêtre arabe de Syrie à Alain Juppé, ministre français des Affaires Étrangères…

    Monsieur le Ministre,

    Prêtre arabe de Syrie, je viens d’apprendre, à l’instant, votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. Professeur d’Université, vous n’êtes pas censé ignorer que la légitimité d’un Président de République dépend du consensus de son peuple uniquement, et non de l’arbitraire d’une puissance quelconque. Ministre des Affaires Étrangères d’un pays comme la France, vous êtes censé savoir que la Syrie est un État souverain, membre fondateur des Nations-Unies. Mais, porte-parole grisé de certains maîtres du monde actuel, vous croyez pouvoir décider, à volonté, du sort des autres pays, dont la Syrie. Laissez-moi vous dire, au nom des millions de victimes que l’Occident a écrasés depuis des siècles, qu’il est grand temps de cesser de jouer les monstres à face humaine, et de piétiner tous les droits des autres peuples, au point de détruire leur existence même, comme vous vous êtes plu à le refaire depuis des décennies, en Irak, en Iran, en Afghanistan, au Pakistan, dans toute l’Afrique, notamment en Lybie.

    Monsieur le Ministre, Pour en revenir à la Syrie, oubliez-vous que le but dernier de toutes les manœuvres politiques, diplomatiques et séditieuses, menées contre la Syrie, depuis plus de deux mois, a été insolemment dévoilé par la conseillère au Pentagone, Mme Michèle Flournoy ? D’ailleurs, elle était tellement assurée de la réussite prochaine du complot mené contre la Syrie, qu’elle avait publiquement déclaré que la Syrie retrouverait tout son calme, le jour où elle romprait avec l’Iran et le Hezbollah, et signerait un traité de paix avec Israël ! Ne seriez-vous donc, célèbres diplomates et politiciens occidentaux, que les porte-paroles mesquins de la volonté israélienne ? Auriez-vous déjà oublié, en France et en Europe, le grand honneur que vous a valu la Résistance à l’occupation nazie ? Votre mémoire historique, écourtée ou effacée, devrait vous le rappeler ! Fallait-il que les nazis prolongent leur occupation de la France et de l’Europe, pour que vous ressentiez jusqu’à ce jour l’injustice que subissent les autres ? Mais si, en tant que Ministre de cette France du Général De Gaulle, vous pouvez tourner allègrement le dos, et pour des raisons piteuses, à cet honneur historique. Laissez-moi vous dire, en tant que simple citoyen syrien, que la Syrie n’acceptera jamais de tourner le dos au devoir vital de défendre son existence propre, d’abord contre l’occupation israélienne, ensuite contre le danger mortel que constitue le Sionisme, pour toute la nation arabe.

    Cependant, il semble que l’Occident tient à rester l’Occident, alors qu’il ne l’est plus. Je m’explique : hypothéqué par un passé colonial, lourd, très lourd même d’occupations sanglantes, de guerres criminelles, de transferts inhumains de populations entières, de vols systématiques des pays dominés, du Proche à l’Extrême-Orient, d’Afrique et d’Australie, de découpages arbitraires et piégés à long terme, de populations et de pays, d’exterminations en règle des populations autochtones, notamment sur tout le continent américain, ainsi qu’en Océanie, l’Occident s’est toujours laissé emporter par un appétit de domination, sans frein… C’est pourquoi, tout en piétinant tous les droits, comme vous cherchez à le faire en Syrie, vous n’avez jamais éprouvé la moindre honte à prétendre toujours être dans votre droit. Car le fort ne se trompe jamais ! Mais, Messieurs les Européens, il se trouve qu’effectivement, vous êtes passés du rôle de maîtres à celui de valets. En effet, prétendez-vous ignorer que toute l’Europe se traîne désormais à la remorque des États-Unis? Cela n’est plus un secret pour personne. Et vous n’ignorez certainement pas les nombreux penseurs européens, qui ne cessent de crier à l’urgence de libérer l’Europe du « piège américain ». Mais il se trouve aussi que les États-Unis sont, à leur tour, victimes d’un autre piège, celui du tout-puissant lobby israélien. Qu’il me suffise de vous rappeler ce qu’ont écrit Noam Chomsky, Paul Findley, Stephen Walt et John Mearsheimer, pour vous éviter d’essayer d’échapper à cette amère conclusion :ne seriez-vous donc, en Europe, que les valets des valets du Sionisme ?

    Monsieur le Ministre, avouez que l’Occident, si puissant soit-il, a perdu tout crédit… En effet, en haut-lieu, c’est-à-dire, aux Nations-Unies, au Conseil de Sécurité, ainsi que dans les autres institutions soi-disant internationales, il s’est avéré que dès qu’il s’agit de pays non-occidentaux, les représentants de l’Occident, surtout ceux des États-Unis, se pavanent comme des lions. Ils se permettent toutes sortes d’ingérences, allant jusqu’à détruire des pays entiers, de fond en comble. Rappelez-vous au moins l’Afghanistan, l’Irak et maintenant la Lybie. Et tout cela au nom « de la Démocratie, de la Dignité et des Droits de l’Homme ». Mais dès qu’il s’agit d’Israël, tous les pays occidentaux, sans exception, des plus « grands » aux plus « petits », les États-Unis en tête, deviennent rien de moins que des néants, des néants aveugles, sourds et muets! Et pourtant, même les sondages faits en Europe reconnaissent qu’Israël est l’État terroriste par excellence. Bien plus, il constitue la plus grande menace pour la paix du monde. Terroriste, Israël l’a été bien avant sa création, en 1948. Et si vous en avez le moindre doute, je vous réfère au livre terrible d’un historien français, juif et sioniste, du nom de Charles Enderlin. Son titre dévoile bien son contenu : « Par le feu et par le sang » ( Paris, 2008). Et Israël est resté fidèle à lui-même : tueur, voleur, guerrier, féroce, arrogant, raciste, expansionniste et exterminateur. Pourtant, les Juifs ont toujours été bien traités en pays arabes et musulmans. Leurs historiens sont assez honnêtes pour le reconnaître. Mais ils ont trouvé moyen de faire payer la terrible facture de l’antisémitisme occidental et de l’holocauste nazie à tous les peuples arabes et musulmans dont ils avaient, depuis Ben Gourion, calculé la destruction, tout en imposant un holocauste de 60 ans déjà, aux Arabes, chrétiens et musulmans, de Palestine.

    Monsieur le Ministre, je me dois de vous poser une dernière question. Ministre des Affaires Étrangères d’un pays comme la France, qui se prétend farouchement attachée à sa laïcité, comment justifiez-vous le support inconditionnel qu’elle apporte à un pays qui se veut uniquement juif ? Pour finir, laissez-moi en prêtre catholique, vous présenter mes condoléances pour l’Église de France, qui me semble bel et bien morte, pour avoir gardé si longtemps un silence criminel, face aux désastres incessants que ne cesse de commettre l’Occident, aux niveaux du monde arabe et musulman, et en conséquence, aux dépens de l’existence de leurs chrétiens autochtones, dans le seul but de permettre à Israël de vivre ! Comme le Pape Jean-Paul II avait raison, quand il avait un jour, en visite en France, commencé son discours par cette interrogation : « France… France, où est ton baptême ?! ».

    De grâce, Monsieur le ministre, un peu plus d’honnêteté et de dignité !

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