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La campagne américaine contre les institutions caritatives musulmanes


Au lendemain du 11 septembre et parallèlement à leur guerre contre le terrorisme, les Etats Unis ont engagé une campagne pour lutter contre les organisations caritatives musulmanes. Cette campagne continue encore de plus belle avec notamment, une propagande déchaînée tendant à présenter ces organisations comme le soutien au terrorisme.
Les médias Etasuniens n’ont pas lésiné sur les moyens et les procédés, faisant usage d’un cynisme inégalé pour semer le doute et la confusion autour de ces organisations.

Ce rapport …..est toujours d’actualité. Vérifiez par vous-même!!

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.


La campagne médiatique américaine contre les institutions caritatives musulmanes*


Mohamed ESSOULAMI
Professeur à l’Université de MEKKA Al- MOUKARRAMA
Khyr2002@yahoo.fr

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai (tunisitri.net/)


Introduction

Au lendemain du 11 septembre et parallèlement à leur guerre contre le terrorisme, les Etats Unis ont engagé une campagne pour lutter contre les organisations caritatives musulmanes. Cette campagne continue encore de plus belle avec notamment, une propagande déchaînée tendant à présenter ces organisations comme le soutien au terrorisme.
Les médias Etasuniens n’ont pas lésiné sur les moyens et les procédés, faisant usage d’un cynisme inégalé pour semer le doute et la confusion autour de ces organisations.
L’administration Etasunienne, pour sa part, a pris de nombreuses mesures pratiques, administratives et judiciaires, contre ces organisations, ce qui pose de nombreuses interrogations sur les véritables motifs de cette campagne, le bien-fondé des justifications et des preuves avancées et aussi sur ses objectifs. Vise-t-elle vraiment à l’éradication de ce qu’il est convenu d’appeler le terrorisme, en le privant de ses prétendues sources de financement, alors qu’en fait il ne revient pas très cher, comme l’a démontré le plus grand acte terroriste de tous les temps ?
Ces organisations sont- elles vraiment impliquées dans le soutien au terrorisme comme on le prétend, ou bien cette campagne vise-t-elle plutôt des objectifs non déclarés qu’on essaie d’atteindre à travers cette lutte contre le terrorisme ?
L’étude du phénomène et l’analyse des faits nous conduisent à déduire que les objectifs réels de cette campagne ne peuvent coïncider avec ceux déclarés officiellement dans ce scénario.
C’est ce que nous allons essayer d’expliquer dans ce papier, à travers de nombreux exemples, des déclarations de responsables américains, de chercheurs, d’intellectuels ainsi que de l’analyse de quelques séquences de cette campagne médiatique de diffamation.
Les investigations et la recherche de preuves à même de faire inculper et condamner une organisation, n’ont pas besoin d’être criées sur tous les toits et encore moins de l’orchestration d’une campagne de propagande. Il suffit tout simplement de présenter les dites preuves devant les tribunaux, en Amérique ou ailleurs, ou encore aux gouvernements concernés. Or on ne fait rien de tel et l’on se contente de dénigrer et de lancer des accusations intempestives et injustes, suivies aussitôt de mesures pratiques contre ces organisations.
Ces mesures iniques et arbitraires vont de la fermeture des sièges et locaux, au gel des comptes bancaires et à la confiscation des biens. Parfois, quand les motifs officiellement invoqués de soutien au terrorisme, sont trop gros et qu’ils ne peuvent passer pour faire interdire une organisation, on fait appel à d’autres, encore plus insoutenables, tels que le recrutement et l’emploi d’étrangers sans autorisation préalable (2). Cela s’est fait tout particulièrement dans le cas de l’organisation Al- Haramein en Bosnie. Il s’est passé quelque chose de semblable en Egypte, au mois de Ramadan 2002, quand près de quinze mois après les attentats du 11 septembre, l’ambassadeur Américain a demandé aux autorités Egyptiennes, l’interdiction de vingt cinq organisations locales d’un seul coup, au motif qu’elles soutenaient le terrorisme et qu’elles étaient en relation avec Al Qaida . En fait la raison principale était que ces organisations étaient très actives dans le boycott des produits américains ( 3).
On peut déjà supposer, à partir de ces quelques exemples, que l’objectif principal de cette campagne n’est pas celui que l’on annonce officiellement. Sinon que signifient ces généralisations hâtives et ces allégations infondées et l’exigence faite par les américains que les suspects fassent la preuve de leur innocence ? Est-ce à dire que l’extrême droite américaine et le sionisme, si puissants dans l’administration, ont réussi à imposer leur vision raciste des choses, conforme à leurs propres intérêts et sans aucune considération pour les autres et leurs intérêts ?
Il y a de nombreux indices qui le confirment et qui prouvent que cette campagne vise autre chose que les objectifs déclarés.

1) Absence de preuves et difficulté d’inculpation :

La mobilisation sans précédent des moyens inouïs des médias, pose de sérieuses interrogations sur l’objectif réel d’une telle campagne. On peut se demander légitimement si elle n’est pas faite pour pallier l’absence de preuves juridiques tangibles, pour désinformer et conditionner les esprits ou au moins semer le doute et la suspicion sur les opérations financières des organisations caritatives musulmanes.
On a constaté en effet:
* Une absence totale de pièces susceptibles d’étayer les allégations et de donner crédit aux informations débitées par les médias. A ce propos, le président de l’association des juristes Britanniques, a déclaré au cours d’une émission à Al Jazira, en date du 21/ 11/ 2002, « que les accusations avancées ne peuvent tenir devant un tribunal »( 3). De son côté, le congrès international de Bahrein a conclu en date du 27/ 11/ 2002, qu’ « Il n’y a pas de blanchiment d’argent dans les banques islamiques ».
Roberts Hess, ancien chef du service des investigations financières au Département d’Etat Américain, a déclaré pour sa part, que « personne ne peut connaître exactement les flux monétaires échangés en dehors du système bancaire commercial traditionnel » et confirma par la même occasion « la difficulté de suivre les divers investissements et les opérations financières, à l’ère de la poste électronique et du téléphone portable »(4).
Est- ce l’ignorance de choses aussi simples qui a conduit à lancer des accusations aussi infondées ?
Ronald Durkan a déclaré de son côté, que « Il serait difficile d’obtenir des preuves précises étayant les accusations de financement du terrorisme » (5). Il donna à cet effet, l’exemple des livres comptables relatifs aux loyers, à la construction des écoles et dont les montants peuvent être transférés d’une manière ou d’une autre à des organisations considérées par Washington comme terroristes. Ces difficultés relevées par Durkan, justifient-elles que les Usa substituent à l’absence de preuves, une campagne médiatique.
Certains banquiers affirment que «les systèmes bancaires dans la région et l’importance des flux monétaires échangés à l’extérieur de ce dernier, rendent impossibles le contrôle de ces flux ».
Un banquier Omanais déclare à ce sujet que « les Usa ne peuvent jamais s’assurer que ces montants vont à des œuvres humanitaires ou à des terroristes »(6).
Faudrait-il conclure par là, que ce sont les difficultés insurmontables de réunir les preuves, qui expliquent que les Usa se soient livrés à cette campagne médiatique et aient lancé ce flot d’accusations ?
• La campagne a été caractérisée par les généralisations, l’exagération, l’opacité, les lectures hâtives et incorrectes, l’absence de précision, la désinformation et même souvent le black-out sur certains aspects du problème. C’est ce qui a conduit le ministre de l’intérieur Saoudien à répliquer aux accusations, lancées contre les organisations caritatives musulmanes en Arabie Saoudite, que « personne ne peut prétendre que ces actions n’allaient pas à leurs destinataires naturels et qu’il n’y avait aucune preuve à ces allégations ». L’ONU, partie prenante dans cette guerre contre le terrorisme, a qualifié pour sa part cette campagne « de bruyante et tonitruante » (7).
• L’absence de preuves et la difficulté d’étayer les accusations ont conduit l’administration américaine à recourir à des lois faisant état de preuves secrètes et ce dans le but d’empêcher les tribunaux d’exiger des preuves. C’est une situation qui justifie tout simplement l’absence de preuves pour asseoir les inculpations.
Les questionnaires présentés par les Usa aux gouvernements des pays musulmans et aux organisations caritatives musulmanes et telles que formulées dans la demande au gouvernement Koweïtien, sont de nature à vider de substance, toute accusation de soutien au terrorisme. L’opinion publique internationale prise à témoin, aurait ridiculisé ses auteurs.
Ce sont en fait des questionnaires qui visent à obtenir des aveux et une auto- inculpation. Les réponses requièrent le travail conjoint d’un groupe d’experts internationaux dans les domaines juridique, administratif, comptable et financier.
Les Usa ne peuvent appliquer de telles lois sur leur territoire et ne peuvent en faire la demande aux gouvernements des pays Européens, sous peine de dresser la justice de ces pays et la réaction violente des puissantes organisations de la société civile de toute spécialité( voir annexe).

2) Un dérivatif aux problèmes internes :

La guerre contre ce qu’on appelle le terrorisme, engagée par le président américain, est un bon moyen pour faire oublier à son peuple, les graves problèmes d’ordre politique et économique que connaît le pays sous l’administration républicaine. Georges W. Busch est arrivé au pouvoir à la suite d’un combat acharné contre son rival démocrate Al Gore. Les scandales de cette élection sont toujours présents à l’esprit et l’élection elle-même n’a connu son épilogue qu’avec le retrait de ce dernier. Les problèmes économiques et financiers, nés des faillites et des pertes sans précédent des entreprises américaines géantes, ont totalement perturbé les marchés financiers internationaux et déstabilisé l’économie mondiale. Ce qui est plus grave encore, c’est que ces faillites sont le produit direct de malversations, de trucages, de faux en écriture, de délits d’initiés et, le résultat des comportements criminels et à grande échelle, de grands délinquants financiers. Le manque de confiance qui en est résulté, continue d’ébranler tout le système capitaliste( 8).
A ces pertes, s’ajoutent celles qui ont résulté directement ou indirectement, des événements du 11 septembre et qui ont été évaluées, jusqu’en 2002, à 639 Milliards de dollars en plus de la perte de 2 millions d’emplois (9).
Les marchés financiers américains ont connu la plus grave crise au milieu de 2002 et leurs pertes ont été estimées à 8,8 Trillions de dollars. Le président américain lui-même déclare après les scandales que « leur étendue, leur gravité et leur caractère exceptionnel engagent le gouvernement à entreprendre une action sérieuse »( 10).
Mais la guerre contre le terrorisme a tout balayé et occulté, même l’échec en Afghanistan. Parce qu’il s’agit véritablement d’un échec dans ce cas précis, si l’on évalue le résultat en fonction des buts assignés à cette campagne. Les conséquences de tout cela se font sentir sur la politique du gouvernement, l’économie et la vie de l’ensemble des américains. Cela justifie quelque part aussi la doctrine de la guerre permanente si indispensable à la survie de l’Amérique.
Cette guerre médiatique menée contre les organisations caritatives musulmanes permet aussi de faire oublier les carences des services de sécurité américains avant les événements du 11 septembre et leur échec à découvrir à temps, certaines connivences ou complicités de certains services de l’administration, comme le signalent de nombreux rapports.
D’autre part, de nombreuses analyses ont démontré que le président américain et son gouvernement ont réussi à travers cette guerre contre le terrorisme, à occuper leur opinion publique et à occulter les problèmes internes de l’Amérique. C’est le fond du problème de la guerre contre le terrorisme, celle que l’on mène contre les organisations caritatives musulmanes et celle que l’on prépare contre l’Irak.

3) Les positions américaines à travers l’histoire :

Il n’y a aucun doute, que des personnes en relation avec des organisations caritatives musulmanes avaient soutenu dans le passé, directement ou indirectement, certains groupes de Moujahidines Afghans. Des gouvernements arabes aussi, surtout des pays du golfe, l’avaient fait. Ils ont aidé financièrement et fourni des armes américaines. Cela n’était guère du domaine du mystère ou du secret et beaucoup de gouvernements, d’institutions et d’individus, en tiraient une grande fierté.
L’Amérique fut le plus grand fournisseur d’armes et d’argent aux Moujahidines, directement ou indirectement. Elle entreprît même de trouver la terminologie adéquate pour désigner la résistance Afghane au plan de l’information et des médias. Zbigniew Brzezinski, le conseiller à la sécurité nationale américain, avait visité l’Afghanistan en guerre contre les Russes et rencontré le leader Afghan, Younès Khalès. Les deux hommes se sont entendus pour que les médias américains et les autres à leur suite, utilisent le terme Moujahidines pour désigner les combattants Afghans. Ni rebelles, ni combattants, mais Moujahidines, avec tout ce qu’il
Il est certain aussi que certaines organisations caritatives musulmanes avaient tissé des relations étroites avec la résistance Afghane, parce que leurs membres ne sont pas seulement des fonctionnaires, mais entendaient participaient au combat par leur argent ou les armes à la main. Tout cela était bien connu de tous les services de sécurité du monde et notamment des américains, de leurs chefs et du moindre agent sur le terrain.
Cependant les organisations caritatives musulmanes ont toujours pâti des agissements des autorités américaines, de l’iniquité de leurs normes et de la règle : deux poids, deux mesures.
Bien avant le 11 septembre l’auteur américain, Arthur Lorry, avait indiqué que : « les positions des Usa vis à vis de l’islam ont changé de fond en comble. Tout au long de la guerre froide, l’islam était considéré comme un allié de l’occident et les états musulmans, des ennemis du communisme athée. Les Usa avaient fourni pas moins de trois Milliards de dollars aux Moujahidines Afghans par l’intermédiaire des services de sécurité et ce pour combattre l’Union Soviétique et lui faire évacuer l’Afghanistan. Les Moujahidines étaient considérés à l’époque comme des héros par les médias et le peuple américains » (11).
De ce qui précède, on peut en déduire qu’il y a des relents de vengeance, dans la campagne actuelle contre les organisations caritatives musulmanes. Il s’agirait peut être d’un règlement de vieux comptes, mais en tout cas de fautes impardonnables à l’encontre de ces organisations, ce qui devrait mériter une juste compensation du préjudice subi.

4) Le règlement des comptes politiques :

La campagne américaine actuelle vise aussi de régler des comptes d’ordre politique et religieux par une vaste mobilisation, au profit de certaines forces politiques et religieuses extrémistes. Les organisations caritatives musulmanes avaient subi des pressions, quelques années avant les événements de septembre 2001, à l’intérieur même de leurs pays. Des gouvernements arabes avaient pris l’initiative de contraindre certaines organisations à limiter leurs activités et d’autres à les cesser totalement et cela sans qu’aucune accusation ne leur soit adressée. En fait, les accusations de terrorisme sont devenues le moyen le plus sûr pour un gouvernement ou un parti politique de liquider, sans coup férir, un ennemi, un rival, un simple opposant ou encore…quelqu’un qui revendique simplement un droit légitime. Rien ne vaut mieux, maintenant, pour se débarrasser d’un rival ou se venger d’un ennemi, un individu ou un groupe, que de l’accuser de terrorisme ! Qui veut tuer son chien…. !
Ainsi en Palestine, les israéliens commettent les pires actes terroristes et de destruction, contre les personnes, les institutions et les biens et trouvent cependant les faveurs des autorités américaines et de leurs médias.
Un peu partout, du Pakistan à la Russie, en passant par le Cachemire, les Philippines, l’Indonésie et les Balkans, les événements du 11 septembre ont été une aubaine pour de nombreux gouvernements. Chacun les instrumentalise à fond sans la moindre réserve, ce qui n’a pas manqué d’alerter les organisations des droits humains qui ont commencé à crier au scandale.
La campagne américaine contre les organisations caritatives musulmanes avait précédé les événements du 11 septembre. Depuis, elle s’est accentuée et ces organisations occupent actuellement le devant de la scène médiatique. C’est une valeur sûre sur un marché politique où il y a de moins en moins de valeurs sûres !
En fait, et si le but de cette campagne était justement de parvenir à ce résultat ? Mais peut-on espérer que cela puisse s’arrêter un jour ?

5) Une alliance anti- musulmane :

Les motifs de cette campagne d’hostilité peu naturelle, sont à rechercher dans ce que le journal Al Wasat, appelle l’axe du mal selon Washington. Ce journal Londonien avait révélé en effet, certains éléments des campagnes médiatiques orchestrées contre le monde arabo- musulman ainsi que les dessous de certaines positions politiques. Les organisations caritatives musulmanes ne sont qu’un élément d’un grand ensemble, une partie d’un tout, couverte par cette vision d’ensemble. Voici ce qu’écrit ce journal en substance « Les fondamentalistes américains, les juifs et les extrémistes républicains font le siège de la maison blanche. Depuis le 11 septembre 2001, deux groupes interviennent avec force sur la scène moyen- orientale. Ce sont la droite chrétienne américaine ou fondamentalistes protestants et la droite conservatrice républicaine. Les deux groupes se sont alliés autour du soutien absolu à Israël, pour des raisons morales et stratégiques à la fois. Le premier groupe qui correspond à une certaine école de pensée, considère que le soutien à Israël constitue une nécessité morale au plan religieux, puisque l’Etat hébreux est la consécration des prophéties de la Bible sur le retour de Jésus sur terre. Le second groupe voit en Israël un allié d’une importance stratégique absolue dans la guerre mondiale contre le terrorisme. Un troisième groupe s’est rallié aux deux premiers. Il s’agit des fondamentalistes juifs américains qui se positionnent même à la droite d’Ariel Sharon, par rapport aux Palestiniens et aux arabes ». Cette triple alliance est dirigée conjointement par l’intégriste protestant et ancien candidat à la présidence américaine, Gary POOR, l’intégriste juif, William CHRISTOL et les faucons du parti républicain au pentagone et au congrès.
Leur stratégie commune a été résumée par l’auteur Roole Mark, dans un article publié par Weekly Standard, de la façon suivante :

a) Les guerres d’Israël contre les Palestiniens et les Arabes ne sont pas de nature à affaiblir les positions de l’Amérique au Moyen Orient, mais au contraire les consolident puisqu’elles lui préparent la voie à mener sa guerre contre l’Irak et les forces du fondamentalisme musulman.

b) L’alliance entre Israël et l’Amérique qui repose sur une supériorité militaire et sur les victoires israéliennes sur les Palestiniens et les pays de la confrontation, va raffermir l’hégémonie américaine au Moyen Orient, du Maroc en Iran et rappeler aux arabes qu’il n’est pas possible de vaincre la puissance américaine.

C’est pour réaliser ces objectifs que l’on a fabriqué au cours de la dernière décennie, un conflit avec l’Islam, ses fondements et ses institutions. Depuis les événements du 11 septembre, cette orientation a été consolidée à des niveaux jamais égalés. Cela se voit entre autres avec les pasteurs PATT Robertson, Franklin Graham et JIRI FALWEEL, qui ont hissé le conflit avec l’Islam au sommet de la folie. Dans leurs prêches et leur propagande télévisée, ils ne s’attaquent pas à des institutions particulières, telles des organisations caritatives, mais à l’islam et à l’ensemble des musulmans, diffamant leur Prophète et tous leurs symboles religieux.
Il n’est pas exagéré, dans ces conditions, de penser que la campagne contre le terrorisme, totale et multidimensionnelle, vise en réalité l’islam en tant que religion. Ce sont ses sources qu’on entend assécher, comme l’a noté l’auteur Américain Paul Fendley dans son livre « Plus de silence à partir d’aujourd’hui ». Il dit en substance « que l’islam est dorénavant considéré comme le nouvel ennemi qui surgit de derrière l’horizon pour remplacer la défunte Union Soviétique et qui garde une capacité comparable à se répandre et s’infiltrer ». Et d’ajouter, en citant Edouard Saïd, le militant palestinien et professeur à l’Université Columbia « Qu’est-ce qui intéresse des experts comme Judith Miller, Samuel Huntington, Martin Kreimer, Bernard Lewis, Daniel Yabes, Stephen Emerson et Barry Robin, et une flopée d’académiciens israéliens, sinon de s’assurer que le danger islamique reste à la une des préoccupations du public. Le mieux est de dénoncer ses actes terroristes, sa violence et son despotisme ce qui leur garantit des consultations fort bien rémunérées, une présence sur les plateaux des télévisions et des contrats juteux pour écrire des livres. Le péril islamiste apparaît ainsi sans précédent et incomparable » (12).
Le journaliste britannique, Robert Fisk a lui aussi noté que « Israël a tout fait pour que l’image de l’islam coïncide dans tous les esprits avec celle du terrorisme et ce par l’association des deux termes dans le discours public de ses leaders » (13).
C’est ainsi que les organisations caritatives musulmanes ont été à leur tour intégrées à ce discours, sans aucune distinction de nature ou de domaine d’activité. Toutes ont été dénoncées comme des soutiens au terrorisme, alors que nombre d’entre elles avaient des activités d’enseignement et d’éducation, d’autres d’assistance et de bienfaisance aux pauvres, aux déshérités et aux victimes des cataclysmes naturels. Certaines banques islamiques et des entreprises économiques n’ont pas échappé à cette guerre.
On s’est attaqué aussi aux contenus des programmes et aux méthodes de l’enseignement religieux dans les pays arabes et musulmans, ce qui ne laisse aucun doute sur les véritables objectifs de la campagne en cours. Il s’agit, ni plus ni moins, que d’éradiquer les sources de l’islam, de les assécher et de le neutraliser par rapport au conflit israélo-arabe . Cela correspond à une doctrine bien en vogue depuis de nombreuses années qui sert les intérêts des juifs et répond aux pressions des Lobbys sionistes et notamment de l’influente organisation juive- américaine, B’Nei Birth.

6) La consécration de l’image négative de l’islam et des musulmans :

Il existe en Amérique, à la base de cette campagne de propagande contre l’islam et ses institutions, une panoplie d’organisations, de groupes d’intérêt, des hommes politiques, des religieux, des intellectuels et des militaires tous spécialisés dans la diffamation et qui trouvent leur compte dans la désinformation et la consécration de l’image négative de l’islam et des musulmans. Ces gens disposent de moyens incroyables et d’une grande influence dans les milieux des médias. Certains religieux sont à la tête d’empires médiatiques et sont capables d’influer durablement sur l’opinion publique.
Il est important de rappeler que cette campagne contre les organisations caritatives musulmanes a débuté près d’un an et demi avant les événements du 11 septembre, sous forme d’articles de journaux, de reportages et d’entrevues télévisées. On peut citer les noms de quelques précurseurs, tels que Stephen Emmerson, Judith Miller, Daniel Baynez, Carl Thomas et Sthith Macoungel.
Les extrémistes juifs et chrétiens considèrent que l’islam est un véritable défi historique et ils le font savoir et expliquer à leur public. Après des années de matraquage médiatique, l’objectif est atteint. C’est ce que note l’auteur américain Paul Fendly, dans son livre « Plus de silence à partir d’aujourd’hui », où il écrit « La diffusion de fausses informations et d’accusations gratuites, sous le coup de la haine et souvent des ambitions démesurées selon Shakespeare, peut servir les intérêts étroits des extrémistes » et ajoute « il y a de nombreux hypocrites parmi les chefs religieux chrétiens, mais parmi toutes les autres religions, seul l’islam est constamment associé à la violence, dans les informations de tout genre. Il est rare que l’on mentionne dans les informations, la religion d’un criminel coupable des pires horreurs. Mais quand l’auteur est un musulman, il est fait mention systématiquement de son appartenance religieuse. Les informations sur les massacres des Albanais du Kosovo, n’ont jamais mentionné que leurs auteurs étaient des Serbes Orthodoxes. Il n’est pas fait mention non plus que les Birmans fussent assassinés par des Bouddhistes, que les Palestiniens l’étaient par des juifs. En général, les auteurs de crimes sont identifiés par leur nationalité et non par leur appartenance religieuse, sauf dans le cas de musulmans. Le crime commis par un chrétien n’est jamais perçu comme pouvant porter atteinte à l’image du Christianisme, mais dans le cas où c’est un musulman qui le commet, l’information le présente comme tel, pour consacrer l’image d’un islam violent, présentant un péril pour l’Amérique. C’est cette qualification de violence réservée au seul islam, parmi toutes les autres religions, qui consolide son lien organique et quasi automatique au terrorisme » (14).

7) La Palestine : Un des objectifs de la campagne :

L’analyse des données de cette campagne américaine, démontre clairement que la Palestine et l’Intifada constituent son objectif principal. En effet, ce sont les organisations caritatives musulmanes, américaines et non américaines, spécialisées dans l’aide aux hôpitaux, aux écoles, aux familles des martyrs, aux orphelins et aux nécessiteux en Palestine qui ont été visées en premier. C’est le résultat de l’action coordonnée des organisations juives. Ces dernières ont tout fait pour les discréditer et créer autour d’elles un climat de suspicion généralisée. Citant Emmerson, Paul Fendly note que « Presque toutes les organisations musulmanes aux Etats Unis, qui se considèrent islamiques, sont entre les mains d’éléments radicaux qui coopèrent entre eux à travers le monde, dans une chaîne ininterrompue du Caire et Khartoum à Brooklyn, et de Gaza à Washington »(15).
Les événements du 11 septembre sont venus aggraver la situation et donner libre cours à l’action des organisations juives et aux autorités américaines. Ainsi, on a interdit et fermé les locaux de Holy Land Foundation à Richardson, au Texas, et de ses sections en Californie, New Jersey et Illinois. Cette organisation était spécialisée dans l’action de secours d’urgence et le développement.
Le journal américain Ezzeitouna rapporte que « c’est le président américain, en dehors de toute décision de justice et par une initiative d’ordre strictement politique, qui a pris la décision d’interdire l’organisation et de geler ses biens en date du 4/ 12/ 2001, faisant ainsi un cadeau au gouvernement israélien(16).
Ainsi, on a interdit, par une décision illégale, la plus grande organisation musulmane américaine, pour son travail de soutien aux nécessiteux palestiniens. Pour les mêmes motifs, la même décision a été prise contre Global Relief Foundation.
Le phénomène s’est étendu aux territoires Palestiniens où l’on a interdit deux groupes d’investissement : la banque Al AKSA International et le groupe Beit El Mel Investissement.(17)
La série continua avec l’interdiction en Europe et ailleurs, de quelques organisations de soutien aux palestiniens, telle que l’organisation Al Aksa de bienfaisance à Aix la chapelle.
Le résultat de cette guerre contre les organisations de soutien à la Palestine est que près de 60% de la population palestinienne vit actuellement en dessous du seuil de la pauvreté, à cause entre autres, du boycott international des organisations caritatives en aide au peuple palestinien, comme le soulignent de nombreux rapports émanant d’organismes officiels et associatifs (18).
Paul Fendly nous rappelle dans son livre, que des forces occultes se tiennent derrière ces campagnes de diffamation et de discrédit des organisations musulmanes caritatives. Il en reste toujours deux choses, une mauvaise réputation de tout ce qui a rapport avec l’islam et de plus grands atouts pour ceux qui revendiquent l’aide illimitée de l’Amérique à Israël.
Il est bien sûr que le terrorisme, prétendument soutenu par les musulmans est le thème récurrent de cette campagne. Il sert à justifier l’occupation militaire israélienne des territoires palestiniens et les actions répétées contre le territoire Libanais, qui sont l’un et l’autre, à population majoritairement musulmane. Il sert surtout à faire pression sur l’administration américaine pour une aide accrue et régulière à Israël qui serait menacée par une attaque des fusées, de la part de la Syrie, de l’Irak et de l’Iran, pays à majorité musulmane(19).
Fahmi Houwaidi nous explique les rapports étroits entre cette campagne de dénigrement et la question palestinienne, dans ces termes :
• « Le gouvernement israélien a réussi à convaincre la direction américaine que la répression de la résistance palestinienne est partie intégrante de la campagne contre le terrorisme. Les conséquences de cet accord sont désastreuses puisque les américains laissent une totale liberté aux israéliens pour liquider définitivement la résistance islamique en Palestine, condition d’une victoire définitive sur les palestiniens ». Et de citer les manifestations sur le terrain de cet accord : libre cours au premier ministre israélien pour liquider l’autorité palestinienne et ses symboles, détruire les immeubles et les habitations, arracher les cultures et les plantations, enlèvement et assassinat des activistes palestiniens, ce qui a fait capoter toutes les tentatives pour parvenir à un accord politique au cours des huit dernières années.
• Les déclarations officielles américaines considèrent que l’action d’Israël, correspond à une sorte d’autodéfense. On a ainsi introduit un nouveau concept politique, qui est le droit de l’occupant à défendre le maintien de son occupation. Ce qui est en contradiction avec toutes les législations, les conventions et les accords internationaux, qui tous, reconnaissent aux peuples des territoires occupés, le droit de se défendre par tous les moyens.
• La déclaration par Washington comme terroristes des deux organisations de résistance, le Hamas et le Jihad, ce qui a été suivi immédiatement par le gel de leurs avoirs et la chasse de leurs militants. D’autre part, toutes les personnes, physiques et morales, convaincues d’avoir aidé ces deux organisations ou accueilli leurs militants, sont considérées terroristes. C’est la première fois qu’une organisation de résistance islamique est fichée terroriste et qu’on planifie sa liquidation dans les détails.
L’administration américaine a fait pression sur les pays de l’union européenne pour qu’ils adoptent à leur tour la même position, alors qu’auparavant, leur position était plus objective. C’est ainsi qu’ils ont demandé au chef de l’autorité palestinienne, Yasser Arafat, de procéder au démantèlement des structures des deux organisations (20).

8) La vérité sur les accusations proférées contre les organisations caritatives musulmanes :

A l’origine de certaines accusations contre les organisations caritatives musulmanes, il y a certains procédés et modalités, en usage dans les opérations financières, des organismes publics et privés. C’est le rare recours au paiement par chèque ou par virement bancaire, en dehors des gros montants. C’est une situation très courante dan tous les pays d’Afrique, d’Asie et du monde arabe où l’on ne peut imaginer qu’une organisation puisse donner à une famille, une aide de vingt ou trente dollars par exemple, sous forme de chèque ou par virement bancaire. Or c’est dans ces régions du monde que les organisations caritatives musulmanes travaillent et apportent leurs aides aux plus démunis. Il semblerait que les choses ne sont pas différentes pour d’autres organisations internationales qui travaillent dans ces régions. Evidemment tout cela est quelque peu anormal dans un système capitaliste où, pratiquement, toutes les opérations de paiement se font par carte de crédit ou par chèque.
Mais comment expliquer que l’Amérique elle-même, utilise ces procédés de paiement. En effet, au début de la guerre contre l’Afghanistan, l’aviation américaine a procédé au lâchage de quelques 70 millions de dollars en billets de banque.
Mais en fait, pourquoi, préalablement aux mesures de fermeture, d’interdiction et de gel des avoirs de ces organisations, les autorités américaines n’ont pas cherché à contrôler la réalité des pièces comptables et des livres de comptes et procéder aux mesures de rétorsion, en cas de nécessité ?
D’autre part, très peu de gens en Amérique, parmi les responsables et encore plus dans le peuple, connaissent les traditions et les usages dans le monde arabe en matière de solidarité et d’entraide. Un musulman ne demande pas l’identité d’un démuni qui a besoin de son aide et de son assistance. C’est cet aspect positif, de générosité et de service à autrui, caractéristique de l’esprit musulman, qui pose problème à tous ceux qui l’ignorent et qui y trouvent matière à suspicion. Ainsi, il suffit que l’une de ces organisations ait une relation avec une personne suspecte, pour qu’elle soit elle-même accusée et condamnée. Inversement, il suffit que quelques personnes aient des relations fonctionnelles avec une organisation suspectée pour qu’elles subissent le sort de cette dernière. Ce qui pose un véritable problème et perturbe gravement les relations sociales normales. Rien ne peut justifier en tout cas que de simples relations avec des organismes suspectés, puissent attirer des conséquences désastreuses pour les gens, leurs proches et tout leur tissu social.
L’Amérique devrait s’attendre à ce que les crimes commis à l’encontre des personnes et qu’elle qualifie de pertes collatérales, soient un jour pris en compte. Au cours de la guerre en Afghanistan, les bombardements aériens ont touché des mosquées, des hôpitaux, des maisons, des populations en fête et ont fait pas moins de 4000 morts innocents (21) . D’autre part, on ne l’a jamais vu appliquer à ses propres organisations caritatives et humanitaires, les normes financières et comptables qu’elle exige de nos organisations. C’est toujours et dans tous les domaines, la règle de deux poids, deux mesures, même en matière de comptabilité et de chiffres !

9) La destruction d’éléments symboliques de l’islam :

La manière dont est menée, la campagne de diffamation et de discrédit contre les organisations caritatives musulmanes, prouve qu’il s’agit, ni plus ni moins, que de démanteler et de détruire le symbole de la vivacité et de la solidarité dans nos sociétés. Nos organisations caritatives constituent la première et la plus importante ligne de défense de nos sociétés et de nos gouvernements. Elles symbolisent l’unité nationale et islamique, l’esprit de solidarité et d’entraide qui anime nos sociétés au delà des frontières géographiques et des clivages politiques. C’est pour ces raisons qu’elles subissent l’attaque en règle dont elles sont victimes depuis longtemps. Les forces occultes en Amérique se sont rendues bien compte, que ces organisations constituent un facteur important dans la renaissance des pays et des Etats et qu’elles constituent une force importante dans la lutte contre la globalisation et l’acculturation. Elles participent d’une manière éclatante à l’affirmation des facteurs de notre identité et réalisent, en matière de rapprochement entre nos peuples, ce que de nombreux Etats n’ont pu concrétiser.
L’élimination des organisations de la société civile et tout particulièrement celles qui s’occupent d’aider les plus démunis et les tentatives pour les empêcher de faire légitimement leur travail, dans nos pays et ailleurs, conduisent à servir tout particulièrement les intérêts étroits des racistes américains.
Il faudrait rappeler que cette campagne a visé des organisations de pensée et de recherche scientifique tel que l’Institut de la pensée islamique en Virginie et d’autres comme le CAR qui travaille et agit dans le domaine des droits civils.
Beaucoup de gens pensent que les événements du 11 septembre ne sont en fait que le début de cette guerre totale à laquelle le chef du département d’Etat a fait allusion en disant « La guerre consiste parfois en des actions militaires et d’autres fois en des actions économiques, diplomatiques et financières » (21).
Cette déclaration est reprise par le célèbre analyste américain, Thomas Freedman, qui écrit dans un article du New York Times « Si la date du 9/ 11, constitue le début de la troisième guerre mondiale, il nous faut comprendre ce que nous voulons exactement de cette guerre. Nous ne devons pas combattre seulement pour éradiquer le terrorisme. Le terrorisme n’est qu’un moyen. Nous combattons pour vaincre idéologiquement la dictature religieuse. La deuxième guerre mondiale et la guerre froide étaient des guerres pour vaincre le parti laïque dictatorial- le nazisme et le communisme- , mais la troisième guerre mondiale, l’actuelle, est une guerre contre le parti religieux extrémiste qui impose au monde un pouvoir de conviction qui dénie les autres. C’est le Benladisme. Mais à la différence du nazisme, le parti religieux ne peut être combattu seulement par les armées. Il doit être combattu dans les écoles, les mosquées, les églises et les synagogues. Mais il ne peut être vaincu qu’avec l’aide des Imams, des prêtres et des Rabbins »(22).
A ce niveau, on est tenté de se poser cette question : ces déclarations ne sont-elles pas suffisantes pour révéler la vérité sur cette campagne !

Quelques enseignements préliminaires :

* La puissance des campagnes médiatiques :

Tout le monde est convaincu, à la suite de ces campagnes de matraquage médiatique insensé, que les médias américains sont capables de transformer les constantes en variables, la vérité en mensonge, le juste en faux et le bien en mal, particulièrement dans l’esprit des gens simples. Ceux-ci sont très nombreux dans le monde musulman et arabe. C’est ce qui a justifié la création par les Usa, sous les auspices du ministère de la défense, d’un bureau de désinformation. Cela s’est fait juste après les événements du 11 septembre. Le but en est de fournir aux agences de presse et aux chaînes télévisées, de fausses informations. Il s’agit par la suite d’étudier et d’analyser les effets et les réactions, positives ou négatives, qu’elles suscitent dans les sphères officielles monde arabe et musulman. Cette campagne a conduit certains gouvernements à répondre automatiquement aux accusations et aux informations suspectes distillées par ce bureau et ce, en prenant des mesures contre leurs propres organisations caritatives. Pourtant, aucune demande officielle ne le leur avait faite. Juste de la manipulation et de l’intox.
D’où la nécessité pour tous de méditer sur la confiance à donner à une information biaisée à la base.
Le matraquage médiatique contre ces organisations caritatives n’est pas prêt de s’arrêter. Il se renforce chaque jour bien que les événements qui semblent l’avoir justifié sont vieux d’un an et demi. Le terrorisme décrié est aujourd’hui surtout un problème médiatique. L’Amérique le pose et en convainc beaucoup de monde par la puissance de ses médias, dans le but de réaliser ses propres objectifs, politiques, militaires et économiques, actuels et futurs. La version américaine trouve des échos favorables dans les médias arabes qui vulgarisent aussi la notion du bien et du mal, telles que conçue par les américains. Les informations sur le terrorisme sont toujours à la une des journaux télévisés, de la presse quotidienne et hebdomadaire et même des revues. L’objectif principal des américains, consistant à exporter leurs propres problèmes et à faire de leurs priorités celles du monde entier, se trouve ainsi atteint. Tous les autres problèmes de l’humanité et les problèmes spécifiques à chaque peuple, sont ainsi enterrés et oubliés.

• Réduction de l’action caritative musulmane à son strict minimum :

La campagne de dénigrement a eu pour effet direct, la réduction de l’action caritative à son strict minimum. Ainsi, il y avait quinze organisations caritatives musulmanes en Azerbaïdjan avant les événements du 11 septembre. Depuis, leur nombre a été réduit à trois. Un autre exemple très significatif et sur un autre plan. L’Université Islamique Mondiale à Karachi accueillait cinq mille étudiants, garçons et filles. Son rôle est très important dans la renaissance musulmane de l’Asie centrale. Depuis les événements du 11 septembre et suite à la peur des financiers de continuer leur œuvre, dix huit de ses professeurs ne reçoivent plus leurs traitements.

• Déficit de justice et de crédit :

Cette campagne a néanmoins des aspects positifs. Elle a révélé au monde le double langage, l’absence de crédit et le déficit de justice et ce en oubliant de réserver un égal traitement aux organisations et aux milices réellement terroristes, qui pratiquent et encouragent publiquement le terrorisme aux Etats Unis, en Israël et en dehors de ces deux pays.
Ce double langage a été très bien démontré par une étude du Centre du Golfe pour les Etudes stratégiques. On y lit « La manière dont ont été traitées les organisations caritatives musulmanes est caractérisée par une scandaleuse duplicité, comme c’est le cas dans tous les aspects de la politique occidentale. Alors que ces pays mènent contre ces organisations caritatives musulmanes des campagnes de dénigrement et de diffamation, les accusant notamment de soutenir et de financer le terrorisme, ils ferment les yeux sur les agissements de nombre d’organisations occidentales. Ces dernières ont une longue histoire de soutien au terrorisme, d’appui et de soutien financier, public et secret, aux bandes armées et aux mouvements séparatistes. A titre d’exemple, nous pouvons citer l’article publié par le journal Libanais, D.Star qui rapporte que « Le Conseil Mondial des Eglises a joué un rôle de premier plan dans le soutien des rebelles du sud Soudan, comme il l’avait fait auparavant dans le financement de la sécession du Biafra au Nigeria, pays à majorité musulmane. Bien que son aide constituait une aide directe à la sécession, le Conseil n’a jamais été critiqué ou dénoncé pour son soutien au terrorisme. Les organisations qui soutiennent la résistance des palestiniens ont été par contre interdites et accusées de soutien au terrorisme. La résistance palestinienne est, faut-il le rappeler, une résistance contre l’occupant, reconnue légitime par les conventions internationales (23).
Ce comportement scandaleux est encore illustré par le silence officiel, sur le fait que de nombreuses organisations occidentales et notamment américaines, collectent en permanence de l’argent pour Israël et ce dans le cadre d’une stratégie bien établie. Cet argent est le plus souvent utilisé pour consolider l’occupation, construire des colonies et financer la répression du peuple palestinien. Une répression que tout le monde s’accorde à qualifier de terrorisme d’Etat, tombant sous le coup de la condamnation par la justice internationale.
La campagne contre les organisations caritatives musulmanes, quant à elle, repose sur un tissu de mensonges, de suspicions douteuses, d’actes imaginaires et a conduit à prononcer des condamnations iniques. Tel fut le cas notamment, quand les autorités américaines ont procédé à la confiscation d’un montant de 135 millions de dollars, sans apporter la moindre preuve à leurs allégations contre les organisations incriminées. Ce n’est pas tant le montant qui importe, mais plutôt la procédure illégale utilisée pour geler l’action des organisations.

• L’alternative aux organisations musulmanes :

Il est curieux de constater, qu’à peine les organisations caritatives musulmanes écartées du terrain, d’autres, toutes prêtes, les ont remplacées, discrètement sous le couvert de cette campagne médiatique. Le penseur musulman, Fethi Houwaidi nous rappelle ainsi : « L’action des organisations musulmanes caritatives à peine stoppée, voilà que le milliardaire juif américain d’origine Hongroise, Georges Sorres ( une fortune de 100 milliards de dollars) occupe le terrain laissé vacant. Il a crée une institution, la société ouverte, et lui a ouvert 33 centre dans les pays du tiers monde, dont dix dans les Balkans, 18 dans les républiques de l’Asie centrale et du Caucase, 3 en Afrique et 3 autres en Amérique du sud. Ce sont donc pas moins de 28 centres qui dépendent de son institution, qui s’activent dans les régions qui étaient couvertes par les organisations musulmanes.. En 1995, Georges Sorres a dépensé dans les Balkans un montant de 350 millions de dollars et accorde une aide annuelle de 50 millions de dollars à la Bosnie »(24).

• Les campagnes de matraquage médiatique ont créé parfois un climat de peur et même de haine vis à vis des organisations caritatives musulmanes. Les gens qui les finançaient ont de plus en plus peur de le faire, surtout quand ils découvrent, médusés, que cela peut occasionner un préjudice terrible à leurs affaires. Certains n’arrivent pas à comprendre comment l’aide aux orphelins et familles démunies d’Afghanistan, peut conduire les gens à être détenus à la base de Guantanamo, sans statut légal et dans un pays qui n’existe pas juridiquement…ou prisonnier en Afghanistan et échangé contre quelques dollars.

• Le journal Achark Al Awsat a cité un article de Allen Kwirman dans le Washington Post, selon lequel « la zakat et autres aumônes obligatoires chez les musulmans ne sont plus versées directement aux centres caritatifs musulmans en Amérique. Les croyants préfèrent verser leurs oboles directement aux individus nécessiteux, par peur de se tromper de destinataire ou de se retrouver sur une liste de donateurs officiels. La peur des autorités est aussi très présente (25). Cette situation a profondément perturbé l’équilibre financier de ces centres.

*Ce papier a fait l’objet d’une communication à la Conférence des ONG humanitaires, organisée par la Commission arabe des droits humains( CADH) et tenue à Paris, les 8 et 9 Janvier 2003. Il est tiré du livre : «Le secteur humanitaire et les allégations de terrorisme», édité par : AL-Bayane en novembre 2003.
Pour de plus amples informations ou des suggestions: visitez le site : www.thamarat.com/

et contactez l’auteur à cette adresse :

khyr2002@yahoo.com

 

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Références :
1) Ach-Chark Al Awsat du 23/11/2002.
2) Site Internet : Moufekkirat Al Islam : 18/11/2002
3) Pour plus de précisions, voir le livre « Le secteur humanitaire et les allégations de terrorisme ».
4) Al Jazira « Al Jamiet Al Khairia../21/10/2002. Voir site internet.
5) Ach-Chark Al Awsat du 18/ 10/2002.
6) Al Jazira : La première guerre du siècle :18/10/2002
7) Al Kuds Al Arabi :24/4/2002
8) Ach Chark Al Awsat :26/10/2002
9) Al Hayat :6/9/2002.
10) Al Moujtamâa :9/2/2002.
11) Voir : travaux conférence : les institutions caritatives.. :Le Caire28/10/2002.
12) Voir Ahmed Youssef : Majellat Assirat..Washington : 10/1999.
13) Al Wasat, citant Christian Monitor
14) Paul Fendly : Plus de silence…p.88.
15) Etude de Dr Ahmed Youssef : Assirat du10/1999.
16) Voir Paul Fendly : citant Los Angelos Herald Examiner du 26/2/1989.
17) Paul Fendly : op. cité, p.93.
18) Journal Américain Ezzeitouna :16/7/2002.
19) Voir article sur « la guerre contre les organisations caritatives.. »du 21/9/2002, sur Al Asr. Koweit.
20) Journal Arriadh du 18/12/2002, citant Reuters
21) Paul fendly,op.cité pages 109 et 110.
22) Al-Majellat : 19/4/2002.
23) Al jazirat Assaoudia du 22/7/2002, citant Le New York Times du 21/7/2002.
24) Ach-Chark Al Awsat : 17/9/2002.
25) Islam On Line, citant le New York Times du 27/11/2001
26) Al-Majellat du 24/8/2002.
27) Le journal Libanais D.Star :27/7/2002.
28) Ach-Chark Al Awsat : 11/12/2002.
Annexes :

Les exigences américaines pour contrôler plus strictement les organisations caritatives au Koweït : Soucieuses de parfaire « l’assèchement des sources de financement des organisations terroristes », les autorités américaines ont présenté une demande officielle à certaines organisations caritatives et des entreprises commerciales au Koweït, afin d’obtenir des documents comptables, des informations financières et autres, susceptibles d’infirmer ou de confirmer les suspicions qui les entourent, de financer des organisations terroristes et notamment Al- Qaeda.. Cette demande a été présentée par l’intermédiaire du ministère Koweïtien des affaires étrangères. Selon cette demande, les documents devraient être mis à la disposition d’un groupe d’experts américains, dont certains se trouvent déjà sur place. La demande a soulevé les réserves de nombreux responsables d’organisations caritatives musulmanes, qui se considèrent responsables devant la seule loi du pays.
Nous donnons ci-après la traduction de la demande américaine.
Demande de documentation des organisations caritatives et des entreprises commerciales :
Dans le dessein d’aider le groupe d’experts à mieux comprendre l’action des organisations caritatives et des entreprises commerciales au Koweït, nous vous serons reconnaissants de mettre à sa disposition, dès son arrivée au Koweït, le plus grand nombre de documents relatifs à chaque organisation, couvrant les trois dernières années et tel que précisé ci- après.
• Organisations caritatives et entreprises commerciales :

A) Tous les comptes de l’organisation et ses registres financiers. Ils doivent comprendre- sans s’y limiter- les registres et les comptes généraux, les registres et comptes sectoriels, les factures et documents de recettes, les montants des dépenses et des recettes, les livres des ventes et des achats, les montants des créances, les coûts des produits vendus, les documents relatifs aux crédits et aux créances, ceux des revenus, les plans budgétaires et tous les chèques des dépenses, y compris les factures correspondant aux montants réglés comptant. Les registres doivent comporter tous les documents concernant le budget de l’organisation et déterminer l’origine de ses ressources ainsi que ses dépenses. Vu l’importance, il est aussi demandé de présenter tous les documents nécessaires concernant des dépenses qui se seraient faites par des intermédiaires.

B) Informations sur les objectifs de l’organisation, ses buts, ses programmes d’action, les services rendus, ses structures dirigeantes, son organigramme, aussi bien au plan national, international que dans les différentes régions du pays s’il y en a. Donner aussi les adresses des agences régionales- s’il y a lieu-, les téléphones, la liste des employés ainsi que leurs adresses et toutes les informations sur leur identité.
C) Tous les tableaux financiers, les registres de consignation, les brouillons des comptes utilisés pour préparer les engagements de l’organisation, les impôts remboursés, les comptes de toutes les redevances fiscales remboursées à l’étranger et en Amérique et toutes autres informations y afférentes.
D) L’identité détaillée, les papiers et pièces d’identité accompagnant les commandes, les engagements de paiement et tous autres documents relatifs aux bénéficiaires des dons, crédits, dépenses, bourses d’études, rémunérations et autres dépenses. Ces registres doivent comporter des dossiers sur toutes les aides accordées aux individus et aux organisations au Koweït et dans les pays étrangers, tels l’Afghanistan, La Chéchénie, la Somalie, Les Philippines et le Pakistan.
E) Les identités détaillées, les pièces accompagnant les dépenses et rémunérations et bonifications accordées aux responsables, aux directeurs, aux secrétaires, employés et conseillers et toute personne au service de l’organisation.
F) Les identités détaillées et pièces concernant toutes les personnes physiques ou morales qui ont fait des cadeaux, des donations, des participations ou des legs, financiers ou autres, à l’organisation. Ces éléments doivent comporter toutes les informations concernant des activités ou autres, faites sous le patronage de l’organisation.
G) Les documents concernant des comptes avec des institutions financières, telles que banques, intermédiaires financiers, bureaux de change. Ces documents doivent comporter les relevés bancaires, les chèques de versement, les chèques annulés, les souches de chèques, les ordres de retrait et de versement, l’inventaire détaillé et chronologique des versements et retraits et les chèques correspondants, les achats des chèques bancaires, les transferts par téléphone, les ordres et les demandes de transferts téléphoniques.
En plus de ce qui a été précisé plus haut, les membres du groupe seront heureux de rencontrer les personnes susceptibles de leur fournir des informations concernant les points suivants :

• Les fondements des choix de l’organisation en matière de projets et de personnes et les procédés utilisés en matière de paiement:
• L’origine et la nature des dons reçus par l’organisation durant les trois dernières années.
• Les bénéficiaires des aides, au cours des trois dernières années.
• Les responsables gouvernementaux à charge de contrôler les activités des organisations.

• Documents demandés des institutions financières :
En cas de nécessité et pour demander des documents intéressant une personne ou une organisation, auprès des banques ou d’autres institutions financières au Koweït, il est recommandé de suivre la procédure suivante :
1) Les comptes d’épargne doivent comporter les fiches de signatures, les registres d’enregistrement ou ceux qui précisent les dates et les montants des versements et des retraits, les intérêts, les ordres de versement et de retrait, les chèques versés, les reçus des retraits et des versements et les retraits de chèques.
2) Les comptes courants doivent comporter les fiches des signatures et les relevés bancaires, les coupons de versement, les chèques versés et retirés du compte et tous document concernant les ordres de paiement et de versement.
3) Les comptes- crédit comprennent les demandes, les situations financières, la garantie du crédit, l’enquête bancaire concernant les ressources, les contrats de crédit, les garanties, les relevés de paiement, les contrats, les chèques émis et les attestations de paiement. Y compris les dates, les montants et le mode de paiement( comptant ou par chèque), les chèques utilisés pour régler le crédit, l’inventaire précis des agios annuels et tout autre document, registre et correspondance interne de la banque, concernant le crédit.
4) Les dépôts privés, y compris les contrats, les coûts de location donnant les dates, valeur et moyen de paiement (comptant ou chèque).
5) Les certificats de dépôt et de la bourse des valeurs, y compris les commandes et les moyens d’achat, les relevés des achats et de remboursement, les chèques émis pour les régler et payer les certificats, toute correspondance pouvant révéler les intérêts annuels reçus ou accumulés, les dates de paiement et de retrait des intérêts, les chèques émis pour payer tout intérêt.
6) Les cartes d’assurance, y compris les demandes des clients et leurs signatures, l’enquête sur ses ressources et son environnement, les correspondances, les relevés des factures mensuelles et autres, les avis de paiement et qui comportent les dates, la valeur et le moyen de paiement (Comptant ou par chèque), la photocopie recto- verso des chèques utilisés pour le paiement.
7) Achat des chèques bancaires de toute nature, y compris les chèques de voyage (travellers chèques), ordres de paiement y compris le carnet de chèques, les photocopies des chèques et ordres de règlement financiers. Relevé donnant la date, l’origine du règlement du montant du chèque ou de l’ordre de paiement.
8) Autres documents, registre des chèques garantis, des transferts par téléphone, les lettres de change, les chèques et valeurs acquis par l’intermédiaire de la banque, transfert de chèques d’épargne et comptes d’épargne et tout autre document attestant de la date, valeur et mode de transfert, ainsi que son origine…

Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï (ITRI)

tunisielibre@yahoo.fr

https://tunisitri.wordpress.com/2010/04/22/guerre-financiere-contre-le-terrorise-ou-contre-l%E2%80%99islam-entretien-avec-ibrahim-ward/

http://www.tunisitri.net/

 

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